Jusqu’où ira le jumeau boom ?
un « jumeau boom »
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Leslie n’a pas été très étonnée lorsque son médecin lui a annoncé qu’elle était enceinte de jumeaux : « Nous savions que c’était une possibilité, nous avions même signé une décharge pour le cas où il faudrait supprimer un embryon. » Leslie a eu recours à une aide médicale à la procréation –traitement hormonal, fécondation in vitro ou insémination- et a accouché de jumeaux. Les techniques de procréation médicalement assistée seraient ainsi responsables aux deux tiers de la très forte augmentation des naissances de jumeaux en France et dans tous les pays développés.
Depuis 1970, le nombre de grossesses gémellaires a en effet bondi de 80% en France. «Le monde développé a connu un « jumeau boom » sans précédent, selon Gilles Pison, chercheur à l’Institut national d’études démographiques. En 1970, 9 grossesses pour mille donnaient naissance à des jumeaux, et depuis 2005 le taux s’est stabilisé à 16 pour mille. »*
A l’origine de cette augmentation spectaculaire, les traitements contre la stérilité, mais aussi le recul de l’âge de la maternité. « L’hormone FSH, responsable de la stimulation ovarienne, voit son taux augmenter dans le sang avec l’âge», explique Gilles Pison. Or, depuis 1977 les femmes ont leurs enfants de plus en plus tard, l’âge moyen des mères passant de 26, 5 ans à 30 ans en 2009*. Une évolution sociétale qui s’ajoute donc à la diffusion des techniques d’assistance médicale à la procréation, et notamment de la fécondation in vitro, qui, lorsqu’elle réussit, aboutit dans un quart des cas à la naissance de jumeaux, contre 1% lors d’une grossesse naturelle. « Là aussi la courbe tend à se stabiliser, les équipes médicales se sont auto-disciplinées pour ne plus implanter aussi souvent qu’au début trois ou quatre embryons, ce qui avait entraîné une multiplication des grossesses de triplés voire plus», nous dit Gilles Pison.
Il n’empêche qu’il n’y a pas que les triplés ou quadruplés qui soient en danger avant et après leur naissance. Pour le professeur Yves Villes, expert en diagnostic prénatal : « les jumeaux peuvent être encore considérés comme des grossesses à risques, parce qu’ils concentrent un certain nombre de facteurs de complications », et le démographe Gilles Pison de rappeler que dans la première année, la mortalité des enfants jumeaux est quatre à cinq fois plus élevée que celle des singletons.
*Source Gilles Pison – « France 2009 : l’âge moyen à la maternité atteint 30 ans ». Population et Sociétés, mars 2010, 465: 1-4.
Des grossesses à suivre de plus près
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Delphine a fait deux bébés toute seule, et n’avait jamais passé autant de temps dans les hôpitaux. Célibataire de 29 ans, elle a traversé les Pyrénées pour se faire inséminer- en France les célibataires n’y sont pas autorisés- en faisant appel à une banque de sperme. «J’espérais avoir des jumeaux, et j’ai eu de la chance, deux ovules ont été fécondés. » De retour en France elle vit sa grossesse normalement. De son propre aveu, elle ne se sent pas très suivie : trois échographies et un rendez-vous avec l’obstétricien au bout du 5ème mois. « Une semaine après j’accouchais de deux grands prématurés. Charly avait rompu sa poche et Alexandre avait le cordon enroulé autour du cou, il a fallu me faire une césarienne. » Heureusement, les bébés vont bien, ils pèsent plus d’un kilo, mais passeront encore deux mois à l’hôpital avant de découvrir leur maison. Jusqu’à leurs 8 ans ils seront suivis par un kiné, un othorino, un ophtalmo, et un pédiatre.
L’accouchement de Carole, 44 ans n’a pas été de tout repos non plus. Déterminée à avoir des enfants, avec le recul elle réalise la lourdeur des épreuves et le chemin parcouru : célibataire inséminée grâce à un don de sperme à 42 ans, elle connaissait les risques. Ses jumelles pointent le bout de leur nez à sept mois, et l’accouchement déclenche une crise d’éclampsie chez la maman qui passera 4 jours en réanimation avant de faire connaissance avec Cassandra et Carla. L’une doit se faire opérer du crâne et l’autre est en couveuse.
Pour le professeur Yves Villes les grossesses multiples doivent être suivies de très près car « le risque premier c’est la prématurité ». Le taux de naissances prématurées – naissance avant 37 semaines, 8 mois de grossesse- chez les jumeaux s’élève à 44,9% au lieu de 5,8% pour les enfants uniques*. Et les accouchements par césarienne, plus dangereux pour la mère, sont trois fois plus fréquents que dans les grossesses simples. Or, seul un suivi très rapproché permet d’alerter et de prendre les précautions nécessaires pour prévenir un accouchement précoce. «Le suivi de ces grossesses pâtit aujourd’hui d’un manque d’information des femmes concernées et de leur médecin. Les connaissances sur la gémellité ont évolué ces dernières années notamment sur le diagnostic de « chorionicité », qui détermine s’il y a un ou deux placentas pour nourrir les jumeaux (voir Interview vidéo du professeur Yves Villes). Un grand nombre de praticiens n’est pas encore informé de ces particularités», explique le professeur Yves Villes. Ce dernier recommande notamment de subir une échographie tous les mois pendant la grossesse ; en 2003, seules 20% des femmes enceintes de jumeaux se sont pliées à cette règle.
Aujourd'hui tout va beaucoup mieux pour Carole et ses filles : « Elles ont 22 mois et sont en pleine forme -moi un peu moins, chaque sourire est une victoire mais je ressens toujours une fatigue chronique pour assumer le boulot, la logistique et ces demoiselles. »
Le double combat des parents de jumeaux
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On s’étonnerait presque du nombre d’associations de soutien aux parents de multiples – elles sont 83 qui maillent tout le territoire et comptent 15 000 familles adhérentes. Regroupées au sein de la Fédération nationale Jumeaux et plus, elles s’efforcent de défendre les droits des parents de jumeaux et de leur venir en aide, matériellement et psychologiquement. Près de 17% des mères de jumeaux ont souffert d’une dépression post-natale, un taux deux fois supérieur à celui des autres mamans.
Sandrine, 36 ans, est mère de trois enfants : un fils de 4 ans et des jumeaux, Romane et Bastien, âgés de 14 mois : « La première année, on peut dire que c’est l’enfer. Beaucoup de réveils la nuit, 16 biberons ou tétées par jour, pas de sieste en simultané en journée. Nous sommes sur les rotules, sur les nerfs et on gère l'urgence au quotidien : pneumonie pour l'un, bronchite pour l'autre … Quand les jumeaux ont eu 3 mois, j'ai sacrifié le budget et décidé de trouver une assistante maternelle pour me soulager et souffler un peu. Certaines mamans ont fait comme moi car il en était de nos survies "psychiques".
Certaines Caisses d’allocations familiales – la gestion des CAF est privée et toutes n’offrent pas les mêmes prestations- offrent 200 heures d’aide à domicile aux jeunes mamans de jumeaux, mais pour la plupart, il faut se contenter des 80 heures allouées par la loi. Encore la mère, pour bénéficier de cette aide, doit-elle justifier qu’elle n’a pas de parents, voisins ou amis pour l’assister.
Les allocations ? Celles qui y ont droit ricanent quand on leur en parle. Elles sont pourtant doublées pour une naissance de jumeaux : « les aides sont insuffisantes parce qu’elles ne prennent pas en compte la simultanéité des charges : rien ne peut être récupéré comme lorsque les deux enfants sont nés à deux ans d’intervalle. Il faut deux lits, deux paires de chaussures, deux fois plus de frais de médecins à avancer, de compresses à la pharmacie, de couches et de lait », précise Paul Jabert vice-président de la Fédération jumeaux et plus.
La gestion du budget est devenue un troisième job à plein temps pour Carole, maman de Cassandra et Carla : « Je n’ai pas voulu prendre de congé parental à la fin de mon congé maternité, car une collègue qui l’avait fait s’était retrouvée au placard à son retour dans l’entreprise. » Aucune facilité pour intégrer une crèche, obtenir deux places relève du pur fantasme : « Obtenir deux places chez une nourrice est tout aussi rare et coûte évidemment deux fois plus cher, si bien que la plupart de ces femmes sont forcées de prendre un congé parental », explique Paul Jabert.
Pour Carole, qui n’a pas voulu renoncer à son job, la garde de Cassandra et Carla est assurée par deux nounous afin de couvrir la plage horaire 8h-19h, et qui lui coûtent – aides déduites- 2000 euros par mois, « C’est une logistique très compliquée car je suis employeur de ces assistantes maternelles, je dois avancer les charges. »
Et tout au fond des pensées de ces parents débordés, pointe l’inquiétude de ne pas savoir assumer les adultes que deviendront leurs adorables duos. Paul Jabert en a fait un de ses chevaux de bataille : « A 20 ans, les allocations s’arrêtent, mais ce sont tout de même deux permis de conduire, deux inscriptions en Fac ou grandes écoles qu’il faudra pouvoir payer. » La Fédération jumeaux et plus réclame aux pouvoirs publics des bourses pour les jumeaux et une facilité d’accès aux logements universitaires. Carole, elle, ne fait plus les soldes, « si les jumelles veulent toutes les deux faire une école de commerce, il vaut mieux que je mette de côté tout de suite. »
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C'est également la méthode qui m'a permise d'avoir mes jumeaux
je pense que vous vous étes trompés on fait plutot appel a une aide familiale quand on a des jumeaux ou beaucoup d'enfants c'est jusqu'aux deux ans des enfants ça soulage le jeune maman
En ce qui concene les grossesses tardivent ,sans compter les risques et les complications, je pense que c'est de l'inconscience. Avoir des jumeaux demandent une telle énergie qu'il me semble que ce soient les enfants qui en pâtissent lorsque l'on a du mal à assurer
plus il y aura d'aide à la procréation et plus il y aura de naissances multiples.
plus il y aura d'aide à la procréation et plus il y aura de naissances multiples.
Je ne savais pas que les jumeaux avait plus de chance de mourir après la naissance qu'un enfant seul. Je suis assez surprise. En tout cas plus le monde avance et plus j'ai l'impression que rien n'est naturel.
moi j'aurais bien aimer avoir des jumelles !!!
Comme une voisine deux petits turbulents
J'ai deux grandes filles de 9 ans et demi ( grossesse naturelle)et je confirme que les aides lorsque l'on a des jumeaux sont inexistantes et surtout lorsque l'on travaille un peu on a droit à rien.Lorsque j'entends j'aurai aimer avoir des jumeaux cela me fait rire car ça releve plus du fantasme mais les jumeaux ne sont pas des betes de foires.
C'est déplorable de voir ça , j'ai une amie qui vient d'accoucher de jumeaux et pas d'aide alors Tinou c'est bien vrai , en plus malgré l'échographie personne n'avait vu ...
Je n'aimerai pas etre a leur place en tout cas moi!! :(
http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-fiv-1-embryon-agrave-la-fois-est-aussi-efficace-et-plus-sucircr_4684.htm Arrêtons de fabriquer des bébés prématurés, des soucis graves pour leur santé, qui parfois compromettent leur avenir et celui de la famille !!!
C'est vrai qu'en ce moment on entend que ça, on voit de plus en plus de maman enceinte de jumeaux ou de jumelles
J'ai remarqué cet effet aussi autour de moi, plusieurs grossesses sont des jumeaux, c'est une hausse considérable de ce genre des naissances.
c'est tout de même une grossesse particuière il faut vraiment un suivi sérieux pour éviter d'accoucher prématurément
Si la nature l'a décidé et que l'échographie le révèle au début de la grossesse, on a le temps de s'y préparer. C'est tout de même un travail énorme qui demande une sacrée organisation!
Les jumeaux naissent certes prématurés, mais ils vivent en bonne santé! Ils sont même plus costaux que les autres!
j'ai toujours eu peur d 'avoir des jumeaux , je préfèrais avoir mes enfants chacuns leurs tours .