Par   -  Publié le 13 juillet 2010
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Le retour de la femme traditionnelle

Aux fourneaux

Aux fourneaux © Stockbyte/ Getty Images

Fini la « corvée de cuisine ». Jouer au grand chef cuistot est désormais une pratique épanouissante et créative voire même déstressante. A peine sortie du bureau, on se précipite dans nos cuisines pour mitonner de bons petits plats maison, sains et économiques. Exit les plats tout faits et la junk food : aujourd’hui 94% des Français considèrent la cuisine faite-maison comme source de plaisir et d’épanouissement (étude TNS Sofres 2010) !

Hachoirs, yaourtières, sorbetières, centrifugeuses, robots… Aujourd’hui, dans les magasins, ces petits électroménagers partent de nouveau comme des petits pains.

Le pain justement… Un Français sur cinq en ferait chez lui, en moyenne deux fois par mois. Et ce chiffre passe à un Français sur trois pour les familles avec enfants. Alors Mesdames, prêtes à plonger vos mains dans la farine et travailler vos biceps ? Et bien pas vraiment. De plus en plus facile d'utilisation, les machines à pain s'occupent de tout : il suffit d'y déposer les ingrédients et d'appuyer sur un bouton. Et les hommes s’y mettent également. Jean-François, 45 ans, se dit « pro » du pain fait-maison. « Les enfants adorent et pour ma femme, ça prouve que je mets la main à la pâte !».

Les confitures, smoothies, soupes et purées, toutes ces madeleines de Proust que Mamie nous préparait avec amour… Nous aussi voulons savoir les préparer et les partager ; retrouver leur goût rassurant et délicieux que les géants de l’agro-alimentaire ont aseptisé. « J’aime faire mes confitures avec les fruits de mon jardin. Niveau goût, il n’y a pas à dire, cela n’a rien à voir ! », se réjouit Armelle, 30 ans. En cuisine, on cherche d’abord à consommer mieux, à retrouver le plaisir des vraies saveurs comme autrefois et à partager avec ceux que l’on aime. Que l’on aime, ou que l’on veut épater ! Car la cuisine « home made » est aussi une activité valorisante.

Le « C’est moi qui l’ai fait ! » a ce côté jubilatoire et irrésistible qui n’échappe à personne. De toute évidence, on se vante rarement d’être une véritable quiche en cuisine. Au travail, lorsqu’on amène un gâteau confectionné par ses soins, on cherche moins à faire plaisir et partager qu’à se faire plaisir en suscitant les compliments de ses collègues. C’est en quelque sorte une manière de prouver que l’on sait « gérer » ! A  la maison, on cuisine pour s’assurer non seulement de l’amour de son mari mais aussi de celui de ses enfants. Mais est-on réellement une « meilleure » mère lorsque l’on prépare des purées à ses chères têtes blondes comparé à toutes celles, « ignobles », qui se ruent sur les petits pots au supermarché ?

Le phénomène  « home made » a même envahi Internet, où des forums d'échange de recettes inondent la toile. Et les émissions de télévision ne sont pas en reste. D’ « un diner presque parfait ! » aux programmes présentés par Cyril Lignac, c’est à croire que tous les Français passent leur vie dans leur cuisine.

Demain, c’est décidé, je m’équipe, je vais au marché et je délaisse les surgelés pour des produits frais !

Au tricot

Au tricot © Stockbyte/ Getty Images

Souvenez-vous. On avait jeté à la poubelle ou au fond d’une armoire pelotes, bobines, aiguilles et compagnie. En un mot, tout ce que nos mères et grand-mères adoraient et qui nous rappelait à quel point la femme au foyer avait des passe-temps peu excitants. Nous les avions catalogués de « ringard » , « vieillot » ou « has been »…à tort ! «Toute une génération de femmes a jeté les aiguilles avec les soutien-gorge ou les livres de cuisine », explique Nadine Lefebvre, attachée de presse de Phildar, société spécialisée dans le fil à tricoter. Les voici qui font leur « come back » dans le quotidien féminin.

Scrapbooking, crochet, broderies, les arts créatifs redeviennent un hobby prisé et sont désormais « in » voire même peut-être « it ». Pourquoi ? Parce que confectionner soi-même ses vêtements ou des petits objets permet de porter et d’avoir ce que les autres n’ont pas, de se singulariser et de sortir du « rang » !

Un Français sur deux tricote, et la tendance est encore plus marquée chez les femmes de 25 à 35 ans. Relayée par certaines stars américaines (Julia Roberts, Sarah Jessica Parker, Liv Tyler, Madonna), la pratique du tricot a aussi fait son apparition dans les coulisses des podiums des défilés de mode, où certains tops jouent des aiguilles pendant leurs pauses… Par ailleurs, le tricot trouve une nouvelle source de créativité auprès de jeunes artistes, stylistes, issus d'univers urbains, arty et branchés. Halte aux idées reçues : le tricot ne se fait plus au coin du feu sur le rythme du ronronnement de votre bon vieux matou mais en groupe. Evidemment on parle chiffons (comme autrefois) mais aussi garçons et capitons… ! A tout juste 21 ans, Christelle est déjà une tricoteuse hors-pair : « Ma mère ne tricote pas, c’est ma grand-mère qui m’a appris. Cela surprend beaucoup de monde, notamment lorsque je sors mes aiguilles et ma pelote dans le métro le matin pour aller à la fac».

Des apéros-tricots et des « trico'thés »... ont même vu le jour, notamment dans les grandes villes où le lien social est parfois difficile à créer. Samedi 12 juin, la journée internationale du tricot a rassemblé mains expertes et novices dans des cafés, parcs, boutiques… pour parler tricot. Nouveauté cette année : cette journée ouvrait sur une semaine entièrement dédiée à ce loisir devenu un « sport » populaire. Si pour Sacha Guitry : « Le tricot permet à une femme de penser à autre chose pendant que son mari parle », aujourd’hui il est l’apanage de femmes actives qui s’y adonnent pour vaincre leur stress … Une thérapie qui occupe les mains... et l’esprit. Les urbains trouveraient là de quoi se déstresser après le travail, exprimer une créativité que leur vie professionnelle ne leur permet pas de mettre en valeur, utiliser leur adresse manuelle quand la pratique de leur métier fait surtout appel à des qualités intellectuelles.

Si Internet s’est bien évidemment emparé du phénomène, ce n’est plus le seul à surfer sur la vague. Les publications dédiées aux loisirs créatifs se multiplient, les émissions « déco » cartonnent, et les magasins de bricolage ne désemplissent pas. Car aujourd’hui l’engouement pour le « fait main » ne se cantonne plus seulement à la broderie, couture et autre tricot, mais également à la décoration intérieure.

Trois questions à Joël Zaffran, sociologue

Trois questions à Joël Zaffran, sociologue © Stockbyte/ Getty Images

Terrafemina : Depuis les années 60, les innovations technologiques et la société de consommation nous simplifient les tâches de la vie quotidienne. Comment expliquer un tel engouement autour du fait-maison ?

Joël Zaffran : Attention, aujourd’hui les hommes, eux aussi, sont portés par ces aspirations. Il faut dépasser les stéréotypes du genre : les femmes font du tricot et les hommes du bricolage, car le schéma traditionnel n’est plus de mise. Cette tendance s’inscrit plus largement dans une tendance sociétale. Il y a le sentiment que l’on réalise soi-même une griffe d’authenticité, c’est comme si l’on retrouvait à travers l’objet ou le produit un prolongement de soi. Prolongement qui s’inscrit dans le domaine du partage et de la reconnaissance de soi dans la cellule familiale et dans les petits réseaux sociaux. Cela répond donc plus largement à un réel besoin d’expression.

TF : D’où vient ce besoin et pourquoi passe-t-il par le fait maison ?

J.Z. : Le travail n’est plus le temps de réalisation de soi. Le modèle de la femme cadre dont l’épanouissement passe uniquement par son travail est révolu. Le modèle est supplanté par d’autres références qui sont des formes de réalisations concrètes, d’où le fait-main. Par ailleurs, les 35 heures et le changement de rapport au temps libre favorisent ce renouveau. Pour certains la logique économique joue notamment dans les catégories sociales les plus basses mais c’est plus le plaisir de faire qui rentre en ligne de compte.

TF : Le fait-maison  requiert de la technique et un apprentissage. Pourtant, on parle de phénomène…

J.Z. : Le bricolage est aujourd’hui à portée de main puisque l’expertise n’est plus aux mains des experts. La technicité s’est banalisée si bien que la pratique est rendue plus accessible et s’est peu à peu immiscée dans notre quotidien. Et les nouvelles technologies de l’information et des communications ont joué un rôle majeur. Les grandes enseignes mettent à disposition des fiches pratiques, des guides simplifiés et sur leur site internet, des vidéos qui retracent pas à pas « comment faire ». Je parle de bricolage parce que c’est a priori le plus technique mais c’est aussi valable en cuisine que dans les arts créatifs.

 


 

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Voir aussi :  cuisine    femmes    traditions   
 

21 commentaires

salyana - 09/08/10 01:00
au foruneaux j y suis deja et tricot presque lol
radounette - 11/10/10 10:21
je suis cette femme et ça ne me gêne pas
omaha - 11/10/10 10:24
pour moi la femme "traditionnelle" dans notre cas est une femme qui ne travaille pas et qui fait toutes ces activités aujourd'hui, non seulement, la femme travaille, assument les taches du quotidiens et parviennent à avoir des loisirs
diva08 - 06/11/10 17:45
Le tricot est de retour
fleurs06 - 11/11/10 13:55
Ah, la femme d'aujourd'hui est complétement différente d'il y a des années, car c'est une femme, elle assume, elle travaille ...
seaseb - 12/11/10 11:19
J'ai toujours rêvé d'une femme comme ca mais malheureusement les femmes sont beaucoup plus emmancipées de nos jours!
Eve La Fée - 12/11/10 16:20
Comme je le disais sur twitter, je trouve que le retour du fait-maison est interessant sociologiquement, mais le traiter uniquement sous l'angle de la valorisation de la "femme traditionnelle" c'est retrograde. Beaucoup de femmes n'ont pas le choix pour la cuisine, c'est souvent plus une corvée qu'un plaisir, l'exigence du fait-maison est alors une pression supplémentaire. Pour le tricot par contre, c'est effectivement un loisir puisque qu'un pull fait main revient plus cher qu'un pull industriel. Dans les progres notables, on peut noter que quelques hommes s'y mettent sans honte (ex: http://asticotbidouille.canalblog.com/ ), mais surtout qu'on commence à reconnaitre la technicité de la chose. Surtout, je suis assez choquée par la dernière phrase du sociologue : "Je parle de bricolage parce que c’est a priori le plus technique..". En voilà un qui n'a pas lu beaucoup sur les questions de genre ! Le tricot, la couture ou le tissage ne sont en réalité pas moins technique que le bricolage ou la mécanique, mais ont été historiquement considérés comme tels parce que ce sont des occupations de femme ! Ces mêmes occupations réalisées par des hommes "deviennent" de vrais artisanat (exemple : les tailleurs ou bien les cordonniers). Ça serait bien de prendre un peu de recul avant d'écrire ce type d'articles pour ne pas entretenir les stéréotypes :/
Luna - 14/11/10 14:20
Le retour du tout-fait maison est, sous couvert d'être valorisant, dangereux pour les femmes : il l'est remet directement sous la domination économique de leur mari. Parlons plutôt de femmes économiquement indépendantes, rentières - pourquoi pas - qui veulent s'adonner à cette activité, mais surtout pas de femmes dépendantes d'un revenu substantiel! La décroissance sous-entend également ce retour au tout-fait maison, pour faire des économies! Chaque fois qu'il est question de femmes au foyer, de tout-fait maison, ... il est primordial de se poser la question essentielle de l'indépendance économique des femmes...
country33 - 14/11/10 17:22
Et bien moi j'avais beau travailler mais pas de soucis la cuisine reste une passion .Pas de soucis , je ne suis pas frustrée de rester en cuisine .
izabelamagdalen - 15/12/10 20:47
Je crois que on a besoin de la femme traditionelle, et encore, de la mère traditionelle.
ally1500 - 14/02/11 02:40
je pense que c'est important pour la famille
Pipinousse - 10/10/11 20:48
Les femmes sont plus actifs professionnellement que dans le temps car les femmes restaient a la maison pour s'occuper de leur famille
roxia57290 - 10/10/11 20:52
je ne conceois pas ma vie a la maison il faut que ca swing dans ma vie j ai un job a mi temps une bonne cariere te je prend le temps de m occuper de mes enfants
jeant - 16/12/11 18:13
Pour l'équilibre du cercle familial, il faut une mère traditionnelle, c'est certain...
paulhan2night - 05/01/12 00:54
Le fait maison est bien sûr gratifiant, on est toujours contente de faire gouter un bon petit plat à sa famille. Je vois ça plutot comme un retour vers des valeurs sures, à l'inverse de la consommation à tout va ou l'on n'apprécie plus grand chose à sa juste valeur
jeanne-flo - 01/02/12 14:27
Quelle horreur ce titre , la femme traditionnelle ... Il n'y a rien de plus différent dans la vie que les femmes , pas une qui ressemble à l'autre , c'est ce qui fait que les hommes ne comprennent rien aux femmes , il n'y a rien a comprendre ...
country33 - 12/04/12 10:19
c'est vraiment bien de faire un tas de choses comme ça , car non seulement on en retire aussi une satisfaction personnelle mais on fait beaucoup d'économies, avec en prime la possibilité de manger sain. Mais pour ce qui est du tricot, je recommence c'est par période et là j'en ai assez de mettre les pulls fait main que j'ai fait il y a quelques années, de temps en temsp je renouvelle et comme ils ne sont pas usés mes petites filles adorent piocher dans le tas.
linelu7 - 04/07/12 22:24
"femme traditionnelle", si on veut. on se penche de nouveau sur des occupations qui sont devenues à la mode mais on n'a pas renoncé à notre indépendance .
Fleurdesmontagn - 12/08/12 23:05
La femme traditionnelle avait une vie meilleure que celle d'aujourd'hui! Elle avait certes moins de moyens, mais le moral en tous les cas était bon!.
rosemary - 12/08/12 23:20
quand on peut c'est vrai que d'être la maman et femme traditionnel c'est le mieux.. personnellement je préfère faire des petits plats maison...
Fleurdesmontagn - 23/03/13 05:33
La femme traditionnelle n'a pas quitté notre région! Elle est encore là avec tous ces travaux pénibles et les charges qu'elle ne supporte pas toujours!

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