Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 6 septembre 2010
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Etre un papa aujourd’hui, c’est pas si facile…
Des pères qui s’impliquent de plus en plus
Les pères sont bien décidés à rattraper le temps perdu et à s’impliquer coûte que coûte dans l’éducation de leurs petits rejetons et ce, dès leur plus jeune âge. « Pendant la grossesse, les papas sont de plus en plus nombreux à assister aux différentes phases de préparation », observe Benoit Le Goedec, sage femme. Cela leur permet de prendre conscience de cette future paternité et de réaliser que pour eux aussi « quelque chose va changer et qu’ils doivent s’y préparer ». Surgissent alors les questionnements : sur la place que va prendre cet enfant, sur les chamboulements que la naissance va engendrer. Après la naissance aussi, les pères continuent de s’occuper de leur bébé : biberons, bains, changements de couches, nuits blanches…, c’est le marathon qui débute, à deux.
La figure paternelle autoritaire et rigide disparaît peu à peu, au profit d’un père à l’écoute et prévenant. « Il y a une présence symbolique forte du père dans les premières années. La relation qu’il entretient avec son jeune enfant est très affectueuse, presque charnelle, c’est très nouveau », souligne Damien Lorton, ex-père au foyer et auteur du livre Le père est une mère comme les autres. Papas impliqués mais aussi papas inquiets : « ils posent beaucoup de questions et écoutent nos réponses religieusement, contrairement aux mamans souvent pressées », raconte Stéphanie Benoit éducatrice en crèche, qui se dit surprise de voir autant de pères venir chercher leur enfant.
Un phénomène qui s’amplifie avec la multiplication des gardes alternées : « énormément de pères la demandent et s’impliquent pleinement dedans. Cela leur donne une place qu’ils ne prenaient pas forcément lorsqu’ils étaient en couple », constate la psychologue Béatrice Copper Royer. Ainsi Kamza Bounaia, papa de 2 filles en bas âge, a déménagé à une rue de son ex-femme, et ne travaille plus le mercredi. « Quand j’ai mes filles, c’est sacré. Je veux pouvoir profiter d’elles au maximum, alors je m’organise. ». Dans les lieux de l’enfance, les pères affirment ce qu’ils sont, et non pas ce qu’on leur demandait, il y encore peu, d’être. « Quand une nounou me lance, vous direz à la maman que…, ça m’exaspère », s’indigne Jérome Olivieri. Oui, ils s’approprient ce rôle délicat. Pourtant ce n’était pas gagné.
Pourquoi les pères sont-ils plus présents ?
Le travail des femmes, la lutte pour l’égalité, toute cette histoire commune aux pays développés, explique en grande partie l’évolution du rôle du père. Le modèle du père autoritaire et distant, redouté tant par ses enfants que par sa femme, emblème de la société patriarcale sexiste d’autrefois, ne fait plus rêver les papas modernes. D’autant qu’ils n’ont plus vraiment le choix, avec l’intensification du travail des femmes, la multiplication des divorces et les nouveaux modes de garde qui en découlent. Le congé paternité a aussi joué un rôle de catalyseur dans cette évolution : « Le père peut prendre maintenant le temps de s’occuper de son enfant, d’établir une vraie relation avec lui, dès la naissance », affirme Marie-Ange Benoit, sage femme. Ce lien affectif fort, cet amour indicible, va sceller leur future complicité.
Le père est-il une mère comme les autres ?
Chacun s’accorde à dire que dans ce modèle familial redessiné, le père dévoile désormais plus facilement sa part de féminité. Pour la psychologue Béatrice Copper-Royer, « s’occuper de ses enfants, cela autorise une certaine douceur, une régression, qui nous fait du bien. » Plus sensible et plus à l’écoute, le père deviendrait-il une deuxième mère ?
L’historien et conférencier Jean Gabard a étudié la question. Dans son livre « Le féminisme et ses dérives, du mâle dominant au père contesté », il dénonce la tyrannie des féministes, qui a contribué à écraser la fonction symbolique du père et nier sa différence fondamentale avec la mère. « La fonction du père est d’être le tiers entre la mère et l’enfant. C’est à lui de le séparer de cette mère toute puissante, fantasmatique, pour l’aider à grandir, explique-t-il. La mère doit faire exister ce père aux yeux de l’enfant, en le mettant en valeur, en montrant qu’elle l’écoute ».
Or aujourd’hui selon lui, c’est le contraire qui se produit : « les pères abandonnent cette fonction symbolique, ils sont uniquement dans le rôle du papa câlin, affectueux, sans autorité. Et les conséquences sur l’éducation sont dramatiques ». Ces réflexions pourraient faire bondir les défenseurs de la cause des femmes, pourtant Jean Gabard nie avoir une attitude sexiste ou bien contester l’égalité hommes-femmes.
Qu’en pensent les papas ? Damien Lorton ne croit pas qu’il faille que le père et la mère aient des rôles spécifiques. Pour lui, « on se dirige vers une indifférenciation du rôle des pères et des mères, mais ce qui bloque encore ce sont les normes sociales ». Papa de cinq enfants en plus d’être sage femme, Benoit Le Goedec pense au contraire que les pères affirment leur masculinité dans l’éducation de leurs enfants.
Papa modèle, ou pas ?
L’ancien modèle n’est pas encore révolu, loin de là. Les pères s’investissent plus, « mais le partage des taches ménagères est loin d’être respecté, toutes les études le prouvent », souligne la psychologue Béatrice Copper Royer. « C’est vrai poursuit l’ex-père au foyer Damien Lorton. Le soin quotidien de l’enfant, ce qui est le plus difficile du reste, repose encore majoritairement sur les femmes. »
Des papas impliqués dans les activités, affirmés dans l’éducation, mais absents quand il faut aller en urgence chez le pédiatre. Ultra présents pendant la grossesse, durant les toutes premières années de l’enfance, puis moins disponibles quand l’enfant grandit. Benoit le Goedec constate ce phénomène : « certains pères reprennent de la distance après la grossesse. Ils sont présents dans l’éducation, dans les démonstrations d’affection, mais pas dans le temps. »
La faute à une société où, malgré des progrès incontestables, les rôles des hommes et des femmes sont encore bien ancrés. « Les hommes ont du mal à affirmer leur paternité dans le travail, à dire : je suis un père et je vais m’organiser en fonction. », continue notre interlocuteur. Effectivement, même si c’est bien vu de montrer qu’on s’occupe de ses enfants, quand il s’agit de partir plus tôt le soir, le patron est aussitôt moins aimable. En définitive, à quand les « nouvelles » mamans ?
Le site de la psychologue et psychothérapeute Béatrice Copper-Royer
Benoit Le Goëdec, a publié La préparation à l'accouchement et Papa déutant mode d'emploi aux éditions First.
Damien Lorton a publié Le père est une mère comme les autres aux editions La Découverte
Jean Gabard est l'auteur du livre Le Féminisme et ses dérives : du Mâle dominant au père contesté, aux éditions de Paris. Voir son site.
VOIR AUSSI :
Père-fille : une histoire de regard

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merci pour ce sujet. C'est vrai qu'en 10 ans de temps, on voit bien que les nouveaux peres sont plus impliqués. Et je trouve cela normal. Beaucoup de femmes travaillent, donc il est logique que les hommes aident à la tache
Que le modèle du père autoritaire et distant s'efface, c'est très bien, mais j'ai vu beaucoup de jeunes pères qui n'osent plus faire preuve d'autorité, et ça c'est regrettable, car les enfants ont besoin de limites, et s'ils n'en trouvent pas ce sont eux qui prennent le pouvoir à la maison.
merci pour ce très bon article, certains pères se reconnaîtront et d'autres pas du tout...
Si vous voulez savoir : Pourquoi certains féministes font-ils « fausse route » ? Pourquoi leur idéologie perturbe-t-elle les hommes, les femmes et surtout l’éducation des enfants ? Pourquoi est-il possible de critiquer leurs propos sans être ni « macho » ni « réactionnaire » ! Je vous invite à visiter mon blog et mon site Merci de votre écoute
c'est un article interessant à découvrir ! bravo à tous les papas qui s'investissent pour leurs enfants comme le fait le mien
Profitez en ils ne sont pas tous pareils ces messieurs.
Aujourd'hui, il est difficile d'avoir un enfant et de s'en sortir financièrement; alors être un bon père...
c'sest bien que les pères s'impliquent plus, les relations avec leur enfant est plus profonde aussi ils ont tout à y gagner
et etre une maman aujourd'hui c 'est facile ? pourquoi ne participerait-il pas a toutes les taches , c 'est leur enfant aussi !!
C'est pas facile et puis quoi encore ! C'est facile peut être d'être une maman !non pas facile non plus !
le pere sont de plus en plus impliqués les mentalités changent heuresement;l education n est plus reservée qu aux mamans