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- Publié le 1 juillet 2008
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Menie Grégoire a été l'un des pionnières dans la lutte pour l'émancipation des femmes. Terrafemina l'a accueillie pour un chat, durant lequel des femmes de toutes générations lui ont posé leurs questions. "Allô, Menie Grégoire ?". Voici le transcript.
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Terrafemina : Bonsoir à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Menie Grégoire.
Menie : Bonsoir, c'est un grand bonheur pour moi de rencontrer les femmes de votre nouvelle génération. J'espère que l'on se comprendra.
Véro : Avez-vous le sentiment que la situation des femmes s'est améliorée aujourd'hui ?
Menie : Il y a un point essentiel d'où dépend la condition nouvelle des femmes : c'est la contraception.
Toute la libération des femmes, et aussi des hommes, bien qu'ils peuvent faire l'amour sans risque.
pitchoune32 : Le mariage a-t-il encore une signification ?
Menie : Oui, pour les enfants. Avoir un père et une mère, si possible ensemble, c'est indispensable.
Jeanne : Après toutes ces années, comment voyez-vous le couple évoluer ? En quoi est-il différent aujourd'hui ?
Menie : Je ne vois que les grosses différences, évidentes. Les hommes et les femmes sont libres, à égalité. La liberté, cela peut être le meilleur ou le pire ! C'est vous qui répondrez. C'est trop tôt pour le savoir.
Mounette : Pourquoi les hommes ont-ils peur de s'engager ?
Menie : Je pense que les hommes ont de la femme une image qui est celle de leur mère ou de leur grand-mère. Celles de leur époque n'ont plus rien à voir. On comprend qu'ils soient perdus !
Aicha : Vous avez rencontré la nouvelle génération des femmes au gouvernement, qu'en pensez-vous ?
Menie : Je ne peux pas juger encore de ce qu'elles apporteront de nouveau et de particulier.
Puce : Que pensez-vous de la charge actuelle pesant sur les femmes entre travail, enfants, maison et parents âgés ?
Menie : Je crois que parents âgés n'existe plus, ils sont dans des maisons de retraite quand ils ne sont pas impotents. Mais le reste suffit comme poids sur les épaules d'une femme. Si l'homme ne participe pas.
Moea : Avez vous le sentiment d'avoir fait beaucoup pour la liberté de la femme, de sa parole au moins, à la radio ?
Menie : J'ai au moins essayé ! A propos de la radio, j'ai au moins essayé et je crois les avoir mis debout ou au moins soutenu. Croyez bien que je ne le regrette pas.
Moea : Vous avez des filles ou petites filles ?
Menie : Oui, j'ai 3 filles et 3 petites filles. J'ai même deux arrières petites filles. Avec bonheur !
MARTINE : Qu'est-ce qui, d'après vous, depuis les années soixante, a le plus changé dans les mentalités en France en ce qui concerne la condition féminine ?
Menie : L'acceptation de la contraception par les hommes et par les femmes. Donc l'avènement de la liberté.
minette75 : Donnez-nous 2 ou 3 principes d'éducation infaillibles.
Menie : Il n'y a aucun principe pour réussir l'éducation. En revanche, il y a une condition nécessaire : il faut aimer ses enfants.
Patou : Pour ou contre la famille monoparentale ? Bisous bisous
Menie : Je pense qu'une femme n'accepte pas de mourir sans enfant. Pour les hommes, c'est différent.
Ce n'est pas eux qui les portent et dont ils sortent.
Elise : Faut-il éduquer nos hommes ? Et comment ?
Menie : On n’éduque que les enfants. Après c'est trop tard et il n'y a rien à faire qu'accepter ou fuir !
Nicolas S : Après avoir travaillé dans un environnement presque exclusivement masculin, je travaille en ce moment avec des femmes. C'est très déstabilisant, quels conseils pouvez-vous me donner pour que je me sente à l'aise dans mon travail ?
Menie : Cela mérite une longue réflexion ;-) Il faudrait savoir pourquoi ce monde féminin vous déstabilise. Avez-vous peur ? Et de quoi ? Que l'on vous écrase ou que l'on vous enlève ?
Valérie : Pourquoi avoir choisi ce pseudo ?
Menie : Ce n'est pas un pseudonyme : Menie est mon prénom. Je n'ai pas donné mon nom de famille pour ne pas gêner mon mari et mes enfants.
Cécile : Vous en pensez quoi des radios libres d'aujourd'hui ?
Menie : Je ne les écoute jamais.
Abeille : Quels sont vos futurs projets ? Livre, émission, chat... ?
Menie : Je suis en train d'écrire mon 21ème livre. C'est l'aventure d'une femme qui a fait toute la guerre de Vendée. Et moi, je suis vendéenne. Cela me touche donc beaucoup.
Devona : Menie, que pensez vous des émissions de télé réalité, ou encore de "psychologie" populaire comme celle de J.L Delarue ou de Mireille Dumas?
Menie : Si je ne les regarde pas, c'est parce que je pense que l'on ne peut pas dire sa vérité devant 3 millions de téléspectateurs.
Sabine : Mon mari est anglais, nous avons 3 filles. Il ne leur parle qu'en anglais, mais elles lui répondent toujours en français. Tout le monde nous dit qu'il s'agit d'un bilinguisme passif. Qu'en pensez-vous ?
Menie : Elles répondent donc elles entendent le véritable accent. Cet accent qui n'est pas forcément celui de l'école. Y êtes-vous pour quelque chose dans votre comportement ?
Odile : Bonjour Menie, que devenez-vous ? Et que pensez-vous des techniques actuelles de dialogue en direct ?
Menie : Ce n'est pas la même chose du tout ! Je pense que rien ne remplace la présence. La chaleur et la vérité de cette présence.
Josynette : Comment réussir une famille recomposée ?
Menie : Ce n'est pas moi qui peut répondre, c'est vous. Autant l'homme que la femme.
MARTINE : Menie pourquoi les couples ne tiennent plus comme avant tout le monde fait n’importe quoi ?
Menie : Ils ne marchaient pas tellement mieux avant. Si vous saviez ce que j'ai entendu sur l'antenne de RTL ! Les conditions actuelles sont meilleures pour réussir. On a le droit de parler et de se parler, on n'a plus le devoir de tout accepter.
Aline23 : C'est plus dur aujourd'hui de s'épanouir pour un couple à votre avis ?
Menie : C'est strictement individuel. Il y a dans le passé des couples réussis alors que les conditions étaient épouvantables. Il semble que ce devrait être plus facile aujourd'hui. Puisque l'on est libre de tout dire.
Yolande : Sur quelles valeurs pouvons nous nous appuyer de nos jours ?
Menie : D'abord sur soi plutôt que sur les autres. Le travail réussi, l'amour, devraient vous aider.
Purple : Bonjour, j’ai 20 ans et des fois j’ai l’impression que j’aurais préféré vivre il y a 40 ou 50 ans... je trouve que l'image de la femme est un peu négligée aujourd'hui, notamment dans les clips. Qu'en pensez-vous? Est ce plus simple d’être une femme aujourd’hui ?
Menie : Je crois que ce n'est plus la même façon d'être une femme. La femme d'autrefois, seconde et pas libre, ne me paraît pas un modèle. On voit que vous avez bien oublié le passé.
Orianneg : Chère Menie, beaucoup de mes amies me disent avoir eu du mal à dialoguer avec leur chéri et retrouver leur couple comme avant après la naissance de leur 1er bébé. Est-ce normal ?
Menie : C'est étrange. Pour comprendre, il faudrait connaître tous les éléments de la vie commune.
A vous de chercher. Je pense que vous pourrez trouver la réponse.
Anne : Gardez-vous un souvenir plus particulier de vos émissions sur RTL ?
Menie : Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les drames cachés qui ne pouvaient être dit à personne : l'inceste, le viol.
Lena : Dans le couple faut il tout dire? Une part de la séduction ne repose t elle pas sur le secret ?
Menie : Bien sûr que l'on a le droit de garder des secrets pour soi, mais s'ils sont trop lourds et trop graves, ils nuisent à la compréhension et la vie en commun. On ne peut livrer un secret qu'à quelqu'un qui est capable de l'accepter. A vous de savoir.
Véro : Quels sont les principaux freins à la présence des femmes dans les instances de Direction des entreprises ? Et dans la politique ?
Menie : D'abord, je trouve qu'en si peu de temps, les femmes ont beaucoup gagné dans ces deux domaines. Il ne faut pas rêver, toutes les femmes ne sont pas capables de courir ces risques intellectuels (les hommes non plus).
Laurette : Menie Grégoire, pensez-vous que vous auriez le même succès aujourd'hui auprès des femmes. Le besoin de se confier sur les ondes sans pudeur est-il toujours aussi prégnant ?
Menie : Je crois que tout le monde a besoin de se confier. Quand on a de graves secrets. Aujourd'hui, ces secrets ne sont pas les mêmes qu'hier. Et on a pas mal débroussaillé le terrain !
Orianneg : Menie vous êtes extraordinaire ! Je suis heureuse de pouvoir vous retrouver sur le net car trop jeune (un peu) pour écouter vos émissions révolutionnaires à la radio. Merci ! Reviendrez-vous ?
Menie : Merci ! Je ne reviendrais pas à la radio, je suis trop vieille et j'appartiens à une génération dépassée, même si j'étais en avance, je ne comprends pas ce que je ne peux pas vivre. C'est votre génération qui doit le faire pour moi.
Isabelle : Les femmes ont changé au cours de ces 30 dernières années, plus libres, plus épanouies, plus professionnelles. Mais les hommes ont-ils suivi le même chemin ?
Lena : Merci Menie
Menie : Ils étaient déjà à l'arrivée de votre chemin. Pour eux, rien n'a changé. Sauf le fait qu'ils ne sont plus les seuls maîtres. C'est sans doute cela qu'il faut que les femmes comprennent.
Denis : Il parait très simple de se séparer aujourd'hui, pourquoi les couples ne se battent plus ??
Menie : Tout dépend des conditions et des problèmes du couple. Il n'y a pas de généralités mais toujours des affaires privées, à deux... Et quelque fois plus ! Aujourd'hui, on peut se séparer.
C'était presque impossible hier.
Elise : Merci Menie !
Elisa : Vous êtes en excellente santé et très dynamique. Un secret ?
Menie : La passion de comprendre, de vivre, le besoin des autres. Et également des grand-mères qui ont vécues très vieilles. Et puis... la chance.
Leslie : Chère Menie, je vais bientôt me marier. Je suis très heureuse et très confiante mais en même temps lucide sur la difficulté à faire durer mon couple. Quels conseils pourriez-vous me donner ? Merci beaucoup de votre aide
Menie : On ne peut jamais donner de vrais conseils parce que l'on ne sait pas tout des autres. La durée dépend autant de vous que de l'autre, mais vous n'avez de pouvoir que sur vous-même.
Bon courage !
Julie : Bonjour Menie. Comment construire une relation de confiance dans ce monde de tentations dans lequel même les hommes y perdent leur "latin" tant les femmes acquièrent de "pouvoir" et tant il y a de "fabriques de l'amour"(sites Internet entre autre…)
Menie : Y a t'il vraiment plus de tentations ? (Sauf dans le domaine matériel). Rien n'a changé dans la vie intérieure et les passions des hommes.
Terrafemina : Merci beaucoup, le mot de la fin ?
Menie : Merci de ne pas m'avoir oublié. Croyez bien que je ne vous ai pas oublié non plus. Vous et vos parents. Vos parents qui m'on fait confiance et qui m'ont parlé comme à une amie.
A bientôt !







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Commentaires les plus récents
bertrand - le 15 août 2010 à 17h59 - Recommandé par 0 lecteur
bonjour : je souhaite adresser un message à ménie Grégoire de de la part de ma mère,M.DUCY Gisèle elle a été une fervente admiratrice de ses émissions sur RTL. Elle est aujourd'hui âgée et malade, ma maman aurait aimé la recontacter pour la remercier de l'aide que ménie Grégoire lui avait apportée dans les années 71. À mon sujet car j'ai été dyslexiqueet et lui avait donné à ce sujet toutes les adresses utiles pour pouvoir me sortir de ce problème. Et aurait actuellement avant de disparaître envie de la remercier personnellement je vous donne son numéro de téléphone de domicile au cas ou Mme ménie Grégoire pourrait la contacter cela lui fera énormement plaisir de pouvoir lui parler.En espérant que mon petit message lui parviendra je tiens à vous remercier car je ne vois pas d'autres moyens de pouvoir rentrer en contact avec cette grande dame.Pour ma maman Cordialement M.DUCY Bertrand.
joelasaucisse - le 1 avril 2010 à 19h42 - Recommandé par 0 lecteur
margotine622 - le 1 avril 2010 à 19h41 - Recommandé par 0 lecteur