La communauté  :  
Accueil > Vie privée > Nutrition > L’enfant et la nutrition : L’avis de Catherine Grangeard, psychanalyste.

Par   -  Publié le 13 septembre 2010
 9      4

L’enfant et la nutrition : L’avis de Catherine Grangeard, psychanalyste.

Elle reçoit chaque jour des enfants et des adultes qui souffrent de leur poids, et se bat pour que soit reconnue l’importance du psychisme dans les habitudes alimentaires. Catherine Grangeard, psychanalyste auteur du livre "Obésités, les maux du poids, le poids des mots", propose de revenir à la source des réflexes alimentaires.

Comment fait-on les enfants ?

Comment fait-on les enfants ? © DR

Par reproduction, non ? Alors le modèle que l’on propose à son enfant sera celui vis à vis duquel il se prononcera, d’une manière ou d’une autre. Sans doute, le plus souvent par imitation, par identification. Mais aussi pour transgresser, éprouver sa puissance, contre ce modèle selon les rapports familiaux, selon l’âge aussi. Un adolescent - et ça vient vite ! – tout naturellement remet en question les normes familiales, donc aussi les règles nutritionnelles.

De ces grandes pistes, il en découle qu’il vaut mieux regarder la poutre dans son œil que la paille dans celui de son enfant. Oui, ils auraient tendance à suivre leurs pairs et aimer la « malbouffe ». Mais, essayons de ne pas donner le mauvais exemple ! Comme « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais »… Si l’on prône l’équilibre alimentaire, le repas dans le calme, pas « deux choses en même temps », etc… rien que des choses saines et vraies, alors, on les suit, même les jours et les soirs où l’on est à bout de nerfs, même si on est « au régime », même si passe à la télé une émission que l’on a tellement envie de voir, même si la meilleure amie téléphone au milieu du repas,…

Quelque chose à quoi les enfants sont très sensibles : la cohérence.

Il est difficile, voire pire, de faire respecter ce que l’on ne respecte pas soi-même, car « si c’est bon pour moi, c’est aussi bon pour toi »…

Pourquoi on mange, comment on mange, qu’est-ce qu’on mange ?

Pourquoi on mange, comment on mange, qu’est-ce qu’on mange ? © DR

On mange pour vivre, parce que c’est vital. C’est donc bon, en soi. Ensuite, ça fait plaisir, parce que la satisfaction fait partie du programme. Bon pour la santé + bon au goût, voilà les règles essentielles. Bon pour soi, ça veut dire que ça va faire grandir, que ça va nourrir. Les adultes devraient apprendre à leurs enfants cette bienveillance. Ainsi, les bonnes choses sont repérées et, naturellement, recherchées.

Il ne s’agit pas de priver mais d’éduquer. Il s’agit de faire apprécier ce qui est bon pour soi, bon pour ce qu’on a. Si l’enfant a beaucoup bougé dans la journée, un goûter pain-fromage est peut-être plus indiqué qu’une brioche. Si c’est un jour de pluie devant un écran, peut-être le fruit de saison ? Voilà quelques exemples d’une politique familiale assez simple. On part de l’enfant, de ses activités pour définir les besoins du jour. On part de la saison pour acheter et proposer dans les placards, le frigo.

L’enfant est dépendant. Tout d’abord, complètement. Le nourrisson est immature. Puis il commence à prendre petit à petit de l’autonomie. Mais, il en faudra des années avant qu’il ne fasse son marché !

Ça commence donc par les courses. On mange ce qu’on a. On aime ce qu’on connaît. Pour faire apprécier la variété, la diversité, il faut commencer par proposer, prendre des initiatives, créer du jeu culinaire… Il n’est pas question d’interdire des aliments, mais de donner des habitudes correctes. On aime ce qu’on reconnaît. C’est un ancrage culturel. Aussi, personne n’oblige personne à aller dans les fast-foods. Personne n’oblige à associer de bons moments à de mauvaises habitudes alimentaires. Les enfants ont la mémoire du ventre !

Revenir à ce que l’on sait

Revenir à ce que l’on sait © DR

La nutrition de l’enfant dépend donc de son milieu. On sait que 70% des enfants en surpoids ou en obésité ont au moins un des parents concernés par cette problématique. La reproduction dont on a déjà parlé. Il est évident que dans une famille où la table tient une part très importante, où il ne règne pas un équilibre alimentaire satisfaisant, il est difficile pour un enfant d’avoir une alimentation diététiquement correcte.

Par ailleurs, je rencontre parfois des filles qui se rebellent par leur assiette contre leur mère. Je dis « fille », car c’est effectivement plus souvent un affrontement « mère-fille » qui se règle ainsi. L’anorexie mentale ou son excès inverse à l’adolescence utilisent le corps comme messager. Le message est alors à décrypter pour tenter d’introduire un rapport sain à la nutrition.

Pour conclure, psyché et soma sont liés. Aborder la nutrition comme but en soi est une erreur. On se traite bien quand on s’aime bien. A l’inverse, si des dysfonctionnements se manifestent, pour les résoudre, il est bénéfique de lever le nez du guidon et s’interroger sur le sens. Tout le monde, de nos jours, ici, connaît les règles élémentaires de nutrition. Tout le monde a vu les dégâts d’une malbouffe. Alors ? Pour mettre en application ce que l’on sait au fond de soi, il faut retourner à ce fond.

Catherine Grangeard, psychanalyste, auteur du livre Obésités, les maux du poids, le poids des mots, Calmann-Lévy. Le blog de Catherine Grangeard.

 

ALLER PLUS LOIN :

Obésité infantile : une question de mode de vie

Nos enfants, tous obèses dans 10 ans

L'obésité se jouerait dès la grossesse

 

 

 

Voir aussi :  nutrition    alimentation     poids    enfants   
A quoi attribuez-vous l'obésité?
           
 

9 commentaires

Bretagne - 14/09/10 14:18
Enseignante depuis 15 ans, je vois de plus en plus d'enfants en surpoids et même franchement obèses qui souffrent énormément des remarques dures des autres enfants et du regard moqueur de certains de mes collègues. Mais ce qui m'a frappé, c'est l'espèce d'indifférence de certains de leurs parents, comme si ils ne se rendaient pas compte ou peut être se sentent ils impuissants? Merci pour votre éclairage et pour le blog que je vais faire lire!
Iris - 15/09/10 17:28
Ah ! Pour une fois que quelqu'un reconnait qu'il ne s'agit pas seulement de régime et de sport ! En tant qu'animatrice dans un centre aéré je constate avec effarement de plus en plus de mamans se plaignant du poids de leurs enfants qui leur donnent néanmoins plein de sucreries pour le gouter, et le soir des plats à emporter. Il me semble essentiel que les parents apprennent à leurs enfants à bien manger et surtout... à aimer ça ! Comme vous le dites si bien, du pain et du fromage après le sport, une pomme sinon. Merci pour votre avis, et votre blog !!
winnie - 15/09/10 17:38
quelle évidence ! pourquoi on ne parle jamais de tout ça , pourquoi ne pas s'occuper toujours de ces aspects pourtant présents dans toutes nos vies ? Jamais, toujours !!! comme j'y vais ! c'est vrai que ça m'intéresse ce qu'elle dit de la reproduction ou à l'inverse, je suis 100% d'accord. Comment en sortir ? je vais lire son bouquin. Merci, en tous les cas...
poridje - 15/09/10 17:52
En tant que professeur je remarque que dans l'esprit des jeunes la bonne bouffe rime souvent avec la mal bouffe . il faut faire changer ça ! Trop de personnes croient que manger des végétaux consiste à mal manger .En plus on dirait qu'ils n'ont qu'un ventre et pas de tête .
bibiche - 15/09/10 18:06
Je suis moi tout simplement concernée. J'ai toujours été ronde, ou plus ! Dans ma famille, on mangeait pour le plaisir. ça n'aide pas à rester maigrichone ! on mangeait parce que c'était comme ça, les placards plein de tout. Pour fêtes et parce qu'on n'avait pas la pêche... enfin, vous voyez le genre. J'aurai aimé rencontré un prof, une psy ou j'sais pas qui pour discuter, voir autre chose. Mieux vaut tard que jamais, voilà...
isa - 16/09/10 07:23
Je crois avoir enfin compris pourquoi? Pourquoi ma mére est ronde ,je suis ronde et mon fils aussi.Je croyais à la fatalité, à mes gànes ou peut-etre à la maladie ; mais non , nos habitudes allimentaires étaient mauvaises. Cet article est fort interressant car je découvre une autre facon d'aborder notre "problème". Que faire ? Merci .
country33 - 18/12/10 09:51
C'est certain qu'il faut vraiment faire attention à notrre nourriture et comment on la prend ...
omaha - 07/03/11 17:19
mon fils a tendance a grossir s'il ne fait pas un minimum d'activité et si on ne surveille pas ce qu'il mange donc c'est une attention de tous les jours
lolavie - 04/06/11 16:16
l'industrie agroalimentaire avec plus de sucres et de sels dans beaucoup de choses, le marketing sur les produits pour enfants pour les attirer, le mode de vie, la passivité de certains parents, je ne suis pas étonnée, d'ailleurs quand j'étais petite j'ai souvenir qu'il y avait bien moins d'enfants en surpoids dans les classes, c'est désolant et inquiétant si on ne fait rien

PUBLICITE

La communauté
   nadrem31  a fait le test « Quelle Beauty Mum êtes-vous ? Découvrez-le avec Nuhanciam !  » - Il y a 12 s
   oli81290  a joué au quiz « Gagnez "La première fois de Sarah" de Marie Gray ! » avec un score de 3 - Il y a 1 min
   linelu7  a commenté « Quand les médias boudent la parole féminine !  » - Il y a 2 min

Rejoindre le Groupe

Entreprises partenaires

Lors de vos achats de parfums, produits de beauté et cosmétiques, est-ce que vous vous rendez en parfumerie :

Fermer  
Envoyer à un ami
Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Fermer  

Inscription à l'association

Bonjour,
Merci de répondre au questionnaire d'inscription ci-dessous. Pour votre information, toutes les informations transmises resteront strictement confidentielles et seront utilisées uniquement dans le cadre de l'Association Terrafemina.
 Je souhaite recevoir par email des informations relatives à l'actualité du site Terrafemina.com (newsletter)
Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Fermer