Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 21 décembre 2010
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Frères, sœurs, pour le meilleur et pour le pire ?
Emanuelle, 28 ans attachée de presse, à propos de ses soeurs Audrey et Fanny
« Je m'entends bien avec mes deux sœurs. Nous sommes proches mais moins qu'à l'époque où nous vivions ensemble chez nos parents. Nous avons pris toutes les trois des chemins de vie très différents et notre complicité s'en ressent. Enfants, nous étions très liées, j'étais la "petite dernière". C’est à l'adolescence que le lien est devenu plus difficile à gérer. Pendant plus d’un an mes sœurs ne se sont pas adressé la parole alors qu’elles vivaient sous le même toit ! Ce n’est pas facile d’être trois filles dans une famille. Quand il y a des conflits, la discussion prend vite un ton agressif et la communication devient alors impossible. Ce qui m'agace le plus chez elles c'est leur côté « borné». Elles ont un avis sur une chose, ne changeront pas leur point de vue et parfois ne veulent même pas en discuter. »
Mathieu, 33 ans, restaurateur, à propos de son frère Sébastien, 36 ans
« Avec mon frère nous avons toujours moins communiqué, contrairement à ma sœur à qui je me suis souvent confié. Nous étions capables de partager des choses étant plus jeunes, comme les amis, le sport... mais jamais nous n’avons réussi à parler de nous, de nos sentiments, de nos histoires... Mon frère s'est toujours présenté comme une personne dure, que rien ne pouvait atteindre. Je me rappelle d'un épisode quand nous étions jeunes, je devais avoir 15 ans et un gamin de notre âge qui faisait partie du voisinage et avec qui nous avons grandi, s'est donné la mort. A l'époque cela m'avait profondément touché et je me rappelle encore aujourd'hui l'insensibilité et l'indifférence de mon frère face à cet événement. Cela m'a permis très tôt de comprendre le fossé qui existait entre nous sur le plan émotionnel. Aujourd’hui nous avons évolué : mon frère s'est adouci et moi je me suis sans doute endurci. Et maintenant je pense que nous nous ressemblons un peu plus, ce qui nous aide à mieux nous comprendre. »
Nicolas 34 ans, commerçant, à propos de sa sœur Laura 31 ans
« Je suis très proche de ma sœur, on s’appelle ou on se mail au minimum 1 à 2 fois par jour. Nos disputes portent sur les relations amoureuses et les histoires de famille. Au décès de mon père, par la force des choses, on s’est beaucoup rapproché ainsi que de notre mère. Mais j’ai ressenti aussi une certaine jalousie car j’ai du reprendre les affaires de mon père, je n’ai donc pas eu le choix de mon métier alors que ma sœur a pu choisir le sien. Je suis proche d’elle aujourd’hui mais je ne lui confie pas tout. La pudeur peut m’empêcher de lui dire certaines choses, c’est pour cela qu’avoir un meilleur ami confident est très important. »
Michèle, 64 ans, à propos de sa sœur Dominique, 62 ans
A la base, nous ne nous entendions pas très bien. Dès notre petite enfance nous ne jouions pas ensemble. A l'adolescence nous étions très éloignées. Adulte j'ai essayé de me rapprocher d’elle, invitations à dîner, Noël, fêtes de famille. J'ai organisé pour elle, chez moi, plusieurs anniversaires surprises et réunions où ses amis étaient invités. Mais de son côté elle ne faisait pas d’efforts. C’est vers 40 ans que nous nous sommes rapprochées. Pourquoi ? Elle a eu envie de se rapprocher de ses nièces je pense et probablement que sa famille lui manquait. Peu à peu nous avons noué des liens mais ça a été au prix de nombreuses disputes et aujourd’hui je peux dire que nous sommes enfin proches. Il faut se dire les choses, les non-dits et les faux semblants sont une des pires choses dans une famille. Après réflexion, j’ai réalisé que nos problèmes relationnels venaient d’une erreur d'éducation de nos parents, ma sœur est née prématurée et ma mère s'est beaucoup occupée d'elle bébé (là j'ai certainement été un peu jalouse !). Mon père, en revanche m'adulait, j'étais belle, intelligente, il avait de très grandes ambitions pour moi. Il aimait ma soeur mais se moquait beaucoup d'elle, gentiment mais tout de même. Alors que nous avions seulement 17 mois d'écart, on m'appelait "la grande" et elle "la petite".
Antony, 37 ans, directeur commercial à propos de son frère Jérôme de 39 ans
« Quand nous étions enfants, nous étions comme deux copains, nous faisions tout ensemble. Moi le plus jeune, je le copiais beaucoup, il était comme mon modèle, ça l’énervait d’ailleurs. Aujourd’hui on se dispute peu, quand il y en a, elles sont souvent liées à nos femmes ou aux relations que l’on a avec nos belles-sœurs. Notre relation s’est transformée avec le temps, le mariage, les enfants. Nous nous voyons moins et passons moins de temps ensemble à faire la fête. Mon frère est probablement la personne qui me connaît le mieux, le plus à même de me soutenir dans les moments importants de ma vie. Pour cela, nous devons entretenir notre relation, faire parfois des efforts, accepter nos différences. Mais à la différence d’un ami, il y a un peu de moi dans mon frère et réciproquement. »
Marie, 28 ans journaliste à propos de son frère Stanislas de 21 ans
Mon petit frère a 7 ans de moins que moi, et avant qu’il naisse j’étais déjà folle de lui. Je jouais à la petite maman avec lui, me levais le dimanche à 7 heures du matin pour lui donner son biberon et l’occuper pour laisser mes parents dormir. Lorsque mon grand frère et ma grande sœur ont quitté la maison, nous sommes restés à deux et sommes devenus très proches, il venait parfois dormir avec moi, je l’ai beaucoup aidé pour ses devoirs, lui ai appris à danser le rock pour ses premières boums. C’est à moi qu’il racontait ses premières histoires amoureuses, et ça me plaisait. Quand je rentre chez moi le week-end, c’est toujours lui qui vient me chercher à la gare. On n’est pas du genre à se dire je t’aime ou se faire des câlins, tout se passe plutôt dans l’humour. Il me reproche parfois de ne plus être assez présente, il a 20 ans et est étudiant, nous ne vivons pas dans la même ville mais nous nous appelons tous les deux ou trois jours, juste pour voir si ça va. Ma plus grande peur serait de perdre de vue mes frères et sœurs, et je pense que ça peut aller très vite quand on a chacun nos vies dans des villes différentes.
3 questions à l’expert
Véronique Maarek fait de l’accompagnement dans les relations sociales et familiales et en développement personnel. Elle exerce à Paris.
Terrafemina : Ce qui saute aux yeux dans nos témoignages, c’est la difficulté de la relation entre frères et sœurs, les différences, l’incompatibilité des caractères, est-on obligé de se heurter pour construire ce lien fraternel ?
Véronique Maarek : En premier lieu, il me semble important de dire que la relation fraternelle est une relation non choisie, imposée. Et ce même si l’aîné réclame un petit frère ou une petite sœur. Les conflits y sont tout aussi naturels que dans n’importe quel groupe social. La plupart du temps, cette relation se constitue d’un mélange de haine et d’amour. Le partage de souvenirs communs, d’un lieu de vie commun, de valeurs communes inculquées par les parents créent en effet un lien indéfectible, en même temps qu’il est très difficile à maintenir au fil du temps lorsque le niveau et le mode de vie de chacun est si différent qu’il peut raviver le sentiment d’hostilité de l’enfance.
TF : Peut-on échapper à la jalousie et la rivalité envers ses frères et sœurs ?
V.M : La rivalité et la jalousie entre frères et sœurs est en effet inévitable. Cette rivalité est bénéfique car elle permet à l’enfant de se construire, de tester ses limites, de renoncer à la toute-puissance et d’apprendre à s’opposer. « L’autre » est le premier semblable à qui se confronter et l’enjeu, la place auprès des parents et plus particulièrement de la mère dans un premier temps, est de taille ! La place que l’on occupe au sein de la fratrie (aîné, puiné, benjamin) a également son importance sur les relations qui se mettent en place et on le ressent bien dans les témoignages.
TF : Est-ce le rôle des parents de s’efforcer de tout mettre en place pour que leurs enfants s’entendent bien et soient finalement proches ?
V.M : Chaque enfant, au même titre que chaque être humain, est unique et à ce titre il incombe aux parents de cultiver les différences de chacun, de lui permettre d’exprimer au mieux ses potentialités, sans chercher une sorte d’uniformité familiale, afin qu’il puisse développer une confiance et une estime de lui qui lui permettront de ne pas se sentir obligé de « combattre » pour trouver sa place. Aux parents aussi de ne pas entretenir cette rivalité de manière inconsciente en retranscrivant dans leurs comportements leurs propres rivalités frères/sœurs de l’enfance…
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Mon plus grand regret est que ma famille soit aussi éparpillée entre ma soeur aux USA , mon frère aux Canada , je vois que ça continue car le neveu est à Tahiti...
Entre mes freres et moi ce n'est pas le grand amour! On s'entend tres mal sans pour autant cesser de parler.
Tout parent devrait lire et relire les réponses pleines de bon sens de Véronique Maarek !
Dans ma propre famille il y a toujours eu des clans , ça n'a pas changé depuis .
une famille unis au depart surtout pendant notre jeunesse puis apres les caracteres changent, les conjoints arrivent et ca creer le desordre ! un frere que je n'ai pas vu depuis 3 ans maintenant !
Ma famille est "éclatée", du coup il n'y a pas vraiment de lien entre nous, à part ma soeur avec laquelle j'ai une meilleure entente depuis que nous vivons chacune de notre côté
Moi ça va dans ma famille, tout le monde s'entend mais je n'ai que 19 ans...
J'ai connu des hauts et des bas mais avec le temps les relations s'améliorent parfois mais ce n'est pas si simple .
Je suis à plus que contente car ma soeur qui ne donnait plus de nouvelles à personne nous a enfin contacté et ça fait du bien aussi juste un petit mot de temps à autre. Moi je leur envoie pleins de choses tout au long de l'année, de scartes , des petits mots et des coucous, parfois je reste des mois sans réponses.
il y a des jours ou mes filles s'adorent et d'autres ou elles n’arrêtent pas de se chamailler, c'est ça la vie entre frères et/ou soeurs comme le décrit cet article
Les centaines de kilomètres nous séparent pourtant quand on se retrouve les uns chez les autres et vice versa , nous ne nous posons même pas la question de savoir si on peut ou pas faire ceci ou cela ? frère soeur soeur ... Comme au temps de l'enfance ...