Par
Marine Deffrennes
- Publié le 8 février 2010
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Et si on n’emménageait pas ensemble ?
LATs -Living Apart Together
© Photononstop
Quand ils se sont rencontrés, Emma avait 50 ans et Eric 36. Elle avait été mariée pendant 15 ans et élevait seule ses deux enfants. « Je ne voulais pas les imposer à Eric, il vit à quatre stations de métro de chez moi depuis neuf ans, » nous confie-t-elle. Les Anglo-Saxons ont donné un nom à ces couples à deux toits : les « LATs », pour « Living Apart Together ». Une étude britannique datée de 2007 estime à 2 millions en Angleterre le nombre de ces amoureux adeptes du chacun chez soi, et prévoit une forte augmentation de cette nouvelle conjugalité dans les années à venir.
En France, l’étude de l'Ined parue en janvier intitulée Portraits de Famille y consacre un chapitre entier, constatant que 8 % des Français âgés entre 18 et 79 ans vivent une relation stable non cohabitante, soit près de 3.8 millions de personnes. Un chiffre que Catherine Villeneuve- Gokalp, sociologue et démographe co-auteur du rapport, veut nuancer : « c’est vrai qu’on s’attend à ce que ce chiffre augmente, mais depuis les années 1980, le pourcentage est presque le même, ce qui a changé c’est le profil de ces couples. Ceux qui font un vrai choix de conserver deux domiciles sont en majorité des seniors de plus de 55 ans ou des familles monoparentales. »
Qui sont ces ménages qui ne rêvent pas de se réveiller ensemble tous les matins, qui préfèrent payer deux loyers au lieu d’un, et planifient encore leurs rancarts sur leur agenda ?
Mi casa es mi casa
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Pour Emma et Eric, le verdict n’a pas traîné : « Je me suis habituée à mon indépendance, ça aurait été impossible d’emménager ensemble. Aujourd’hui je ne travaille plus, j’ai un rythme qu’Eric ne peut pas partager ». « C’est vrai que mon travail est prenant, nous confie Eric, et je suis heureux de ne pas imposer à Emma mon stress et le poids de ma journée quand je rentre le soir. » Voilà une alléchante recette du bonheur : on garde toutes les corvées chacun chez soi et on ne partage que les bons moments. Finies les disputes autour du panier à chaussettes, le dentifrice pas rebouché, le complexe du plat surgelé, zéro repassage de chemise pour Madame, et pas de conflits pour la lunette des toilettes…
« La relation est basée sur l’essentiel. Il n’y a pas de vie domestique, matérielle ou familiale qui vient « polluer » le vrai rapport. » Depuis son divorce, Sophie, 50 ans, ne reviendra plus sur sa conviction que la vie à deux, c’est mieux chacun de son côté. Après 12 ans de vie conjugale et la naissance de ses deux enfants, elle se sépare de son mari : « Je n’avais ni l’intention de leur imposer une nouvelle complication, ni l’envie de sortir d’un carcan pour me précipiter dans un autre ». C’est en effet l’histoire de chacun – ce que les démographes nomment le « passé conjugal »-, les ruptures, les désillusions, mais aussi la volonté de préserver les enfants qui amènent de nombreux divorcés à préférer garder deux logements : près de 62% des 55 ans et plus déclarent vivre séparément par choix. Ils sont en général tous les deux actifs ou retraités, autonomes financièrement, et préfèrent donc s’offrir le luxe de payer deux loyers et vivre dans un logement plus petit, que de dire adieu à une indépendance chèrement acquise. Alors, trip d’adolescent ou relation réfléchie entre adultes mûris par le « passé conjugal » ?
Des projets au présent
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En choisissant de conserver chacun leurs pénates, Eric et Emma se sont inventés une intimité à la carte et investissent sur le facteur plaisir : « On se voit le week-end et parfois une fois dans la semaine. Quand l’un des deux a un petit coup de blues, on peut se rejoindre facilement, » raconte Emma. Eric poursuit : « Quand nous nous sommes rencontrés, nous sommes vite tombés d’accord, ses enfants étaient adultes, et moi je n’en avais jamais voulu. Nos projets ne ressemblent pas du tout aux stéréotypes enfants, maison et assurance vie ! Nous voyageons, elle me fait découvrir la peinture et moi je lui transmets ma passion de l’histoire. Cette complicité sans dépendance de l’un vis-à-vis de l’autre nous renforce. »
Pour Sophie, ce mode de vie constitue le gage d’une découverte de soi et de ses ressources : « Comme beaucoup de femmes, les jours où je flanche, notre héritage culturel me pousse à croire qu'à deux c'est mieux, on est plus fort. C'est peut-être vrai mais très fragilisant et infantilisant aussi. Je suis contente de redécouvrir à quel point nous avons toutes l'énergie nécessaire pour mener toutes nos vies de front, et je suis heureuse de cette vie de femme incroyablement épanouie. »
S’aimer sans se mouiller ?
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Pour le Dr Robert Neuburger, psychiatre, psychanalyste et vice-président de la société française de thérapie familiale, « les couples « recomposés », c'est-à-dire ceux qui ont une première expérience d’échec conjugal ou les veufs, appréhendent la nouvelle relation sans illusions et avec d’autres projets. » Ces hommes et ces femmes qui n’ont pas en tête de fonder une famille, de bâtir un foyer commun, abordent la relation de façon plus zen, parce qu’ils distinguent totalement le projet familial et le projet de couple. Mais l’auteur des Territoires de l’intime (éditions Odile Jacob)pointe aussitôt le risque de ce genre de relation : la stratégie consistant à éviter les inconvénients et les écueils de la vie à deux s’apparente selon lui à une reculade qui à la longue fait pâtir le couple. « Pour construire une intimité entre deux personnes, il faut partager des éléments matériels : la maison, les finances ». Malgré le pacte de départ, l’envie que l’autre s’engage un petit peu, quand même, pourrait revenir au galop et entraîner conflits et jalousies. « C’est comme en Bourse, certains auront tendance à investir trop et d’autres pas assez ». Pas facile de trouver un équilibre quand on a décidé d’aimer sans partager les problèmes de l’autre…
Pour Rosine Cusset, juriste spécialiste de la famille, contributrice de l’Histoire du mariage (éditions Laffont), ce mode de vie témoigne de l’évolution de la définition du « couple » : « Avant les années 60, le couple se définissait par l’engagement du mariage, qui obligeait la femme à habiter avec son mari, puis cette clause s’est transformée en exigence de « communauté de vie », prenant davantage en compte la dimension affective et intellectuelle du couple que la finalité sociale. Dès lors la cohabitation ne fut plus une obligation». Du mariage arrangé entre les familles au PACS, en passant par le concubinage ou l’union libre, « le couple du 21 e siècle prend des formes plurielles, comme la société, avec une composante unique : l’amour. »
Solution miracle pour les déçus de la vie à deux, les maniaques, les ronfleurs ou les adeptes du frigo vide, deux nids d’amour valent peut-être mieux que deux lits dans la même chambre…
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de plus en plus les gens veulent conserver leur jardin secret. la culture de l'effort pour partager une relation saine et durable n'existe plus.il faut s'adapter à ces nouvelles tendances.
l'appréhension de reprendre une vie de couple après une rupture houleuse peut se comprendre et cette solution de non cohabitation peu être un essai avant de retenter une vie commune.
à l'origine de ma séparation, il était hors de question de me réinstaller avec quelqu'un. 2 ans plus tard, j'ai rencontré mon compagnon actuel avec qui je ne vis pas : chacun chez soi c'est l'idéal! On ne se voit que pour le plaisir; on n'impose rien à l'autre; on ne chamboule pas la vie de nos enfants respectifs; on se voit si l'on en a envie sans vexation ni doute si l'autre n'en a pas envie ou a d'autres obligations Nous sommes tous les 2 trop accrochés à notre liberté et notre besoin d'indépendance. Pour que cela fonctionne il est fondamental d'avoir la même philosophie de vie, la même indépendance affective, la même conscience que 1+1 font bien 2 et que nous ne sommes pas obligés de tout partager.Cela repose sur la confiance et le respect de l'autre. Nous n'envisageons pas un seul instant de nous installer ensemble. Nous savons que rien ne dure dans la vie et profitons donc uniquement du présent et du plaisir à être ensemble sans contraintes.J'ai eu la chance de rencontrer la "perle rare", mais le hasard n'existe pas...
Je vis ce type de relation depuis des années, et je remarque que depuis quelques temps apparait une nouvelle case dans situation: célibataire, marié, AUTRE. Enfin, on nous prends en compte
c'est la nouvelle mode de ne pas vivre avec son conjoint. cela préserve sans doute une part de romantisme mais pour moi je trouve que la relation n'est pas entièrement aboutie
Qu'est-ce qu'une relation aboutie? Tout dépend de ce que l'on met dans "couple","relation", "famille"..Cela dépend de sa philosophie de vie. L'important est d'être en accord avec soi-même, de vivre chaque moment intensément, de profiter de l'autre lorsqu'il est présent comme dans toute autre relation que le couple
Je pense qu'un couple qui ne vie pas ensemble n'a pas réellement une vraie vie de couple. Une relation amoureuse ne se vie pas que dans les bons moments mais aussi dans les moments difficiles. La vie de tous les jours est aussi un bonheur quotidien, pas seulement se voir pour sortir et voyager.
Ce n'est pas parce que l'on ne vit pas ensemble que l'on ne partage pas les difficultés. On peut au contraire les partager ou ne pas les imposer à l'autre, en parler ou non, obtenir un soutien ou non.N'est-ce pas plus agréable que d'avoir quelqu'un sur le dos se montrant inquisiteur ou désirant absolument aider? Le bonheur , c'est justement ne pas partager les contraintes imposées par la vie quotidienne qui installe l'ennui et la lassitude dont il est difficile de se débarrasser. Mais si le bonheur signifie pour certains étendre le linge ensemble, éplucher les pommes de terre ou faire les courses ensemble, pourquoi pas ?
tu as raiosn pacey moi c'est toujours chacun chez soi et je ne suis jamais restée avec une personne plus de trois ans!
vivre chacun de son coté n'a qu'un temps Un jour on a quand méme envie de construire quelque chose ensemble,et puis on ne découvre vraiment l'autre qu'en vivant avec lui,les mauvais cotés apparaissent et c'est tant mieux,il faut bien les connaitre aprés on fait avec ou pas.
Moi j'aurais beaucoup de mal à vivre séparée de l'être aimé, ne pas pouvoir le prendre dans mes bras quand j'en ai envie et partager tous les moments de la vie. Vivre chacun de son côté au début d'accord, mais par la suite je ne pourrais vraiment pas.
Je me souviens qu'il y a bien longtemps déjà la chanteuse et compositrice Mireille et son mari philosophe Emmmanuel Berl avaient déjà des appartements séparés sur le même palier. A mon avis, outre la pression sociale et le conformisme ambiant, un des principaux obstacles à ce choix de vie reste quand même financier: 2 logements coûtent nettement plus cher qu'un seul !
Je n'aimerais pa sdu tout cette situation là. Chacun son truc mais autant rester célibataire dans ce cas là.
J'ai vécu ainsi 3 ans et demi, j'avoue qu'avoir mon homme + présent m'apporte beaucoup mais aussi un peu plus de dispute... mais bon c'est la vie et puis on s'aime... cela dur ou pas.. peu importe j'apprecie de vivre avec lui... dans ses bras.
je ne peut vivre sans l etre que j aime, ma vie c est etre a ses coté, c est sur ya plus de dispute mais bon c est pas si grave c est la vie de couple moi elle me conviens comme ca je ne changerais pas c est sur .
J'ai des amies qui vivent comme ça et c'est pas tout les jours la joie.Alors pour ma part je dis non.
tout a fait, il y a un manque affectif je pense certes chacun est libre de son coté pour faire ce qu il veut mais je ne pourrais pas totalement faire confiance. Ma voisine me disait qu'un jeune commercial vivait de cette façon, le soir sa copine lui téléphone et lui dit simplement qu'elle est chez des amies et qu'il n'a qu'a manger seul, si c'était moi, j'inviterais mon copain à me rejoindre et qu on passe la soirée tous ensemble
certaines personnes vivent de cette façon Pour protéger leur couple et ne prendront que les bons cotes de la chose ,ils se voient seulement quand ils ont en envie ,pas besoin de supporter l'autre tout les jours ,moins de disputes,mais autant d'amour .Beaucoup de gens connu vivent de cette manière
si ça peut éviter au couple de tomber dans la routine et que les intéressés partagent cette façon de voir ça peut être sympa
C'est la meilleure solution, d'aprés moi, dans le contexte social actual, de s'aimer sans vivre ensemble.
Et pourquoi pas ,,, c'est une façon de se préserver , de préserver l'autre ,,, de vivre une vraie vie ,,, pourquoi le couple n'aurai t'il pas le droit d'évoluer dans ce sens ,,, la vie trépidante ,, les carrières ,,, les horaires ,,, plus rien ne correspond a rien , les moments de retrouvailles s'en trouveraient grandis ,,, Oui n'emménageons pas ensemble ,,,