Par
La rédaction
- Publié le 7 mai 2010
16
3
Quand le mensonge devient mythomanie
Le Plaisir de la Mythomanie
© Getty Images
C’est en 1905, qu’Ernest Dupré, médecin-psychiatre, emploie pour la première fois le mot « Mythomanie ». Ce terme désigne une personne qui se ment à soi-même, avec conviction, sans être conscient. « Un mythomane se différencie d’un menteur par son adhésion complète à son délire mythomaniaque », explique Jean-Luc Viaux, professeur de psychopathologie à l’Université de Rouen. C’est un mécanisme : la personne n’a d’autre choix que de fabuler sa vie.
Considérée comme une pathologie, la mythomanie s’apparente à une forme d’hystérie. « C’est un problème d’organisation de la personnalité. Les mythomanes sont divisés en deux». D’un côté la réalité et de l’autre le mensonge qui résulte de la fabrication d’une existence falsifiée.
Cet état « hystérique » n’est pas inné chez l’être humain. C’est à 4-5 ans que l’enfant découvre le mensonge. Mais ne craignez rien, ce n’est pas parce que votre enfant vous ment de temps en temps, qu’il est mythomane. A cet âge, le mensonge est un jeu, il observe votre réaction et s’en amuse car il sait qu’il a été démasqué. « Quelques années après, lorsque l’enfant développe le système de raisonnement, le mensonge devient utilitaire. » C’est-à-dire qu’on ment pour éviter les conséquences, les sanctions de nos actes. Jusque-là, rien de grave.
Alors comment passe-t-on de simple menteur à mythomane ? La frontière est mince entre le mensonge et la mythomanie. Un choc émotionnel important (maladie, décès, rupture amoureuse…) peut conduire certaines personnes à se perdre dans leur imagination pour rendre leur vie grandiose et surtout pour ne pas souffrir.
Le mythomane n’a aucune limite. Il tisse sa vie autour de mensonges qui peuvent s’étaler sur de nombreuses années sans que personne ne s’en aperçoive. Le meilleur exemple est celui de Jean-Claude Romand qui a menti à sa famille pendant plus de 18 ans. Lorsqu’en 1993, sa femme commence à découvrir qu'il n'est pas le médecin de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qu'il a toujours prétendu être, il l'assassine, ainsi que ses enfants et ses parents. « Ce cas est encore au cœur d’un grand débat. Jean-Claude Romand avait conscience de sa fabulation. Alors est-il réellement mythomane ? Je ne pense pas mais je peux comprendre qu’on puisse le définir ainsi », concède le professeur de psychopathologie.
Comment réagir face à un mythomane ?
© Getty Images
Repérer un mythomane n’est pas chose facile. Rares sont ceux qui s’emmêlent les pinceaux. Il faut être très attentif pour déceler les symptômes.
Très sociable, le mythomane a besoin de parler et d’être écouté. Pour qu’il puisse croire à ses inventions, il a besoin que les autres les acceptent. Devons-nous aller jusqu’à faire semblant de croire aux fabulations ?
« Si on repère les mensonges de la personne, il faut évidemment lui faire part de son scepticisme. Mais la raison n'a pas de prise sur ces sujets. Il faut donc en parler à des personnes qui sont extérieures à la situation, à un psychiatre par exemple. » Une fois que vous êtes certain d’avoir affaire à un mythomane, parlez-en avec la personne. Si elle refuse d’admettre sa maladie, « éloignez- vous, tenez-vous à distance car certains mythomanes peuvent devenir agressifs », conseille J.L. Viaux.
Le mythomane peut représenter un danger pour les autres mais aussi pour lui-même. Sa santé psychologique est fragile. La peur d’être découvert provoque chez lui de nombreuses crises d’angoisse.
Vers la guérison…
Les antidépresseurs calment les angoisses du mythomane. Mais ces médicaments n’ont aucun effet sur la mythomanie en elle-même. Le seul traitement efficace est la thérapie : « elle peut aider une personne à évoluer par la simple compréhension du mécanisme de la maladie. » La thérapie peut durer des mois, voire des années. C’est au thérapeute de juger de l’évolution du patient.
Attention, le mythomane doit prendre seul la décision de se faire soigner sinon, le risque de récidive est élevé.
Victime d’une mythomane, Virginie.L témoigne.
© Getty Images
Virginie. L, 39 ans, mère au foyer, a été la victime d’une amie mythomane pendant plus de deux ans. Excédée par les mensonges, elle a décidé de tirer un trait sur leur amitié.
Terrafemina : Comment vous-êtes vous rendu compte que votre amie était mythomane ?
Virginie.L : J’ai pris conscience de sa mythomanie lorsqu’elle a voulu couper les ponts avec moi. Elle disait s’être séparée de son compagnon, et être allée habiter ailleurs. Mais un jour, je suis allée chez eux et elle était là. Depuis ce jour, elle n’a plus voulu me voir. Puis elle a dit à tout le monde qu’elle ne voulait plus être mon amie parce que j’étais amoureuse d’elle.
Mais l’histoire la plus flagrante et dont j’ai le plus souffert, s’est passée quelques heures avant le décès d’un être cher. Ce jour là, elle m’a téléphoné en me disant qu’elle avait été victime d’une escroquerie lorsque sa mère était morte. Elle m’a raconté tous les détails, la ville, le nombre de victimes, la plainte… Il était donc facile pour moi de vérifier. Et après quelques recherches, cette affaire d’escroquerie était, bien entendu, pure invention.
Sa technique est de se rendre indispensable. Elle me parlait pendant des heures et des heures, tous les jours et il fallait que je l’écoute. J’essayais de la réconforter car, soi-disant, elle se disputait beaucoup avec son entourage. Et j’ai cru à tout cela. J’ai même cru à une histoire de bébé décapité à la naissance.
TF : C’était votre amie. Comment gérer cette situation avec une personne aussi proche ?
V.L : Le problème, c’est que je ne pouvais pas imaginer que mon amie, ma confidente, puisse mentir autant. L’amitié est très importante à mes yeux, donc je faisais ce que je pouvais pour la soutenir. Je ne lui en veux pas car je comprends que c’est une maladie.
Aujourd’hui, je ne me sens pas coupable des mensonges qu'elle a essayé de dire sur moi. En vérité, c’est grâce à ceux-ci que j’ai ouvert les yeux en me demandant pourquoi elle réagissait ainsi à mon égard.
Il est difficile de se dire qu’on ne peut rien y faire, mais c'est le cas. Au stade où elle en est, seul un psychiatre pourrait l'aider. Mais seulement si elle le veut. Pour le moment, ce n'est pas son souhait. Je suis triste de la savoir ainsi, elle mérite le bonheur mais sans se "jouer" des gens.
Stéphanie Marin
Aller Plus Loin :
Le mensonge au service du désir
Faut-il mentir à ses enfants ?

-






les mythomanes existent depuis longtemps, mais avec le virtuel, les pseudo, beaucoup de personnes tombent dans cette dérive à un niveau plus ou moins important. Comme le dit le témoignage lorsque l'on découvre a quel point une personne de confiance peut mentir avec un aplomb effroyable, on tombe de haut. Peut être qu'une activité comme le théâtre pourrait permettre à ses personnes de jouer un rôle, des situations vibrantes et enivrantes tout en redevenant soit au moment voulu.
pour avoir eu à faire à un cas de mythomanie grave dans mon entourage très proche, je peux dire que c'est particulièrement difficile à le "détecter" et d'en subir les conséquences puisque la personne en question ne reconnait que très rarement son problème. C'est malheureux..
Super article, passionnant ! Je me souviens bien de l'affaire Jean-Claude Romand, sublimement interprêté au cinéma par Daniel Auteuil ! Plus récemment on a vu aussi à l'écran le génial François Cluzet, dans "à l'origine", où il jouait le rôle de ce type, Philippe Miller, qui s'était fait passer pour un chef de chantier et avait fait construire un tronçon d'autoroute ! Parfois la mythomanie a quelque chose de génial... les conséquences sur les autres beaucoup moins !
qu'est ce qui pousse a mentir, la peur de se faire gronder;plus tard les peur de décevoir,ou l'envie d'étre quelqu'un d'important en s'inventant un autre
Très intéressant article. Je ne pense pas connaitre de personne souffrant de mythomanie. Quant au mensonge,je ne suis pas douée pour cela !! Il n'est pas évident de faire comprendre aux enfants que les mensonges ont des conséquences qui peuvent être graves. Mon fils de 10 ans flirte encore avec et j'aimerais vraiment qu'il prenne conscience que c'est un comportement détestable et inacceptable. Ce n'est pas faute de lui expliquer, patience...
J'ai été confronté à ce problème. Lorsque l'on se rend compte que l'on a été mentie, trahie, des fois humiliées, on a envie que d'une chose, c'est d'aller étriper la personne. En prenant du recul et en analysant les faits, on se rend compte que cette personne est vraiment psychologiquement fragile et même instable. Alors, on laisse tomber mais par contre, on a du mal à refaire confiance.
Pour moi le mensonge peut servir à ne pas faire souffrir quelqu'un ensuite il y a ceux qui mentent pour ce valoriser aux yeux des autres sûrement par manque de confiance je pense. Moi lorsque je veux mentir celà se voit tout de suite j'ai le regard qui change et bien souvent je me mets à rigoler ;-)
et oui quelque fois le mensonge est un peu nécessaire ou plutot l'omission !
j'avais une amie mythomane, c'est dur de dire quelque chose car on a pas envie de blesser. on sait très bien qu'elle ment mais que dire? heureusement ça lui est passé avec le temps, c'était surtout à l'adolescence
dur dur certains ne vivent que de ca, c'est une vraie maladie j'avais une collegue comme ca, elle nous racontais tout n'importe quoi, avait toujours des excuses bidons, c'etait terrible et agacant ! moi je n'etais pas patiente avec ce genre de truc !
lol je cçonnais des gens qui crois a leur mensonge
je suis moi-même mythomane : j'ai fait beaucoup de mal autour de moi, et vos témoignages m'aident beaucoup à ouvrir les yeux
bjr,j'ai à faire à une mythomane depuis 10 ans,le pbm c'est que c'est la mère de mon fils(on est séparés et habitons dans la meme ville) et elle a une fille ado qu'elle force à mentir pour couvrir ses mensonges;je viens d'engager procédure pour avoir la garde de mon fils mais ça va être très difficile car elle arrive même à rouler les administrations etc;j'en peux plus là;cette maladie est horrible
Bjr, le cas de Zito1972 m'interesse fortement car je vis la meme chose, je suis séparée du père de ma fille depuis 7 ans.Cet homme s'invente constament des vies (casque bleu, paraplégie, profession a haute responsabilité) alors qu'il n'en est rien. Le problème est qu'il ne cesse de raconter des méchancetes sur moi à ma fille et ca la blesse. Nous étions encore au tribunal vendredi à l'issu de cela je lui ai demandé d'arreter de me critiquer devant notre fille, il était tout à fait d'accord....dimanche soir ma fille est revenue de chez lui en pleure car rien n'avait changé...Le problème est qu'il est tellement fort, qu'il arrive à berner les juges, et meme l'expert psy.... Je suis désemparée car je ne vois pas d'issue et ma fille continu à subir ce harcement moral... Si d'autres personnes ont vécu cela, je veux bien échanger sur d'éventuelles démarches à faire.
je connais malheureusement qqun atteint de mythomnie intense, cette personne s'invente totalement une vie, ment tout le temps, elle nous a avoué sa mythomanie il ya peu de temps, nous dit qu elle se soigne, mais elle recommence a s'inventer une autre vie de nouveau!!!et la elle ne veut pas nous avouer son nouveau mensonge alors qu elle sait qu'on sait qu elle ment vu qu elle nous l'a avoué....on sait plus comment reagir avec cette personne, on veut laisser tomber car ca prend beaucoup d energie pour essayer de l aider et qu elle nous jette des qu on lui dit qu on sait que c est pas vrai, elle nous supprime de sa vie direct au lieu de nous avouer encore son mensonge, elle jalouse toutes les personnes de ses connaissances, vie conjugale, animaux, emploi....tout c devient lassant et usant, on sait plus comment reagir avec elle, elle nous dit qu elle consulte un psychiatre mais a force des choses on la croit plus...
ma mere des fois me facine elle arrive a croire a ses mensonge devant moi qui sait la verité maintenent avec le temps je ny fait plus attention mais ca me surprend souvent.