Cancer de l'ovaire : un dépistage systématique risqué

Cancer de l'ovaire : un dépistage systématique risqué
Une étude américaine révèle que le dépistage systématique du cancer de l'ovaire serait non seulement inutile mais dangereux pour les patientes, et devait être uniquement réservé aux femmes présentant des symptômes ou des antécédents familiaux.


Les conclusions délivrées par une récente étude américaine publiée dans le JAMA en juin 2011 et reprise par la revue Prescrire, viennent remettre en cause un certain mode de dépistage du cancer de l'ovaire. Des chercheurs du Huntsman Cancer Institute à Salt Lake City ont révélé que le dépistage systématique de cette pathologie, moyennant une échographie trans-vaginale et un test sanguin du dosage du marqueur tumoral (le CA125), serait non seulement inutile mais dangereux pour les patientes. Les travaux ont porté pendant 13 ans sur plus de 78.000 femmes réparties en deux groupes. Le premier a fait l'objet d'un dépistage annuel, tandis que le second n'a connu qu'un suivi médical standard. Il s'est avéré que la mortalité due au cancer de l'ovaire était sensiblement la même dans les deux groupes de femmes, ce qui remet naturellement en cause le bien-fondé de ce type de dépistage sur l'ensemble de la population féminine. Selon le Dr S.Saundra Buys, auteur principale de l'étude, le test CA125 n'est pas adapté aux femmes qui ne présentent aucun symptôme ou antécédent familial.

Ce dépistage serait non seulement inutile, mais dangereux selon les conclusions de l'étude. En effet, 3.285 femmes du premier groupe (soit 10%) ont été victimes d'une erreur de diagnostic, ce qui a entraîné des interventions chirurgicales inutiles pour 1.080 d'entre elles. Parmi elles, 163 patientes ont présenté au moins une complication grave. La revue Prescrire déconseille donc ce dépistage via le test CA125. Des recherches sont en cours pour améliorer son efficacité en le combinant à d'autres tests. Détecter le cancer de l'ovaire à un stade précoce reste primordial, pour éviter une propagation des cellules cancéreuses, augmenter les chances de survie et faire baisser le risque de multi-récidives après un traitement initial. 

Elodie Vergelati

(Sources : Santelog.com)
Crédit photo : iStockphoto

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