Euthanasie : un énième rapport sans intérêt ?

Euthanasie : un énième rapport sans intérêt ?
L'Observatoire national de fin de vie doit dévoiler aujourd'hui un rapport permettant de savoir si une loi autorisant l'euthanasie est nécessaire en France. Or, de nombreuses voix se sont déjà élevées pour dénoncer un document qui n'apporte rien de nouveau.


Il n’a pas encore été dévoilé mais provoque déjà la polémique. Alors que l’Observatoire national de la fin de vie doit rendre aujourd’hui son rapport, plusieurs membres de cette institution ont claqué la porte, mettant en cause les méthodes choisies pour élaborer un document qui, finalement ne ferait pas avancer le débat. Pourtant, l’objectif de départ de celui-ci était clair : il devait enfin permettre de savoir, au-delà de tout débat idéologique, si oui ou non une loi autorisant l’euthanasie en France est nécessaire.

Une visée qui n’a visiblement pas été atteinte. « La dernière phrase de ce rapport de 260 pages dit qu’au final, on ne sait rien sur la fin de vie », s’insurge dans les colonnes du Parisien Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Un point de vue partagé par Marie de Hennezel, psychologue et démissionnaire de l’Observatoire nationale de la fin de vie. « J’ai moi-même été l’auteur de deux rapports sur le sujet, en 2003 et 2008, et tout y est déjà dit. C’est du temps et de l’argent de perdus, car ce nouveau document a coûté 450 000 euros, confie-t-elle au quotidien. Cette somme aurait pu servir à la mise en place d’une équipe se déplaçant dans les services hospitaliers en difficulté face aux difficultés de la loi (Leonetti sur la fin de vie, ndlr.), afin de faire un vrai travail de pédagogie. J’avais aussi proposé la création d’un site Internet, où les gens auraient pu faire remonter des situations problématiques. Au lieu de cela, on a choisi d’avoir six chercheurs s’attelant à la rédaction d’un énième rapport. »

Le professeur Régis Aubry, président de l’Observatoire national de la fin de vie, tente pour sa part d’apaiser cette polémique naissante. « Savoir que l’on ne sait rien était le préambule nécessaire pour lancer le débat », souligne-t-il. Et d’assurer : « grâce à notre rapport, nous avons fait un état des lieux de nos connaissances, nous pouvons à présent travailler sur de bonnes bases. »

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