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Par   -  Publié le 19 octobre 2011
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« Une IVG sur une adolescente est un échec collectif »

Alors que la question du coût de la santé pour les ménages français est actuellement au cœur de l’actualité, deux mutuelles, la MGEN et la LMDE, ont lancé ce mardi un appel aux pouvoirs publics. L’objectif : « alerter sur le recul de l’accès à la contraception et à l’avortement ». En effet, pour Thierry Beaudet, président de la Mutuelle Générale de l’Education Nationale, la situation est alarmante. Interview.
Thierry Beaudet : « Une IVG sur une adolescente est un échec collectif »

 

Terrafemina : Pourquoi avoir lancé cet appel ?

Thierry Beaudet : Après cinquante ans de combats pour le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes, un écart existe toujours entre le droit et la réalité quotidienne. Lorsqu’il y a une distance de 100 kilomètres entre le domicile et le centre d’interruption volontaire de grossesse (IVG) le plus proche, l’accès effectif à l’avortement est très difficile, voire franchement impossible notamment pour les jeunes femmes.
Autre exemple : depuis 2001, l’éducation sexuelle est prévue à l’école à raison de trois séances par an. Dans les faits, ce n’est quasiment pas appliqué. Or, il est évident que l’éducation et la prévention sont essentielles : 12 000 à 15 000 avortements sur des mineures sont pratiqués chaque année en France. Une IVG sur adolescente consécutivement à une grossesse non-désirée est un échec collectif qui nous interroge et qui interroge la société dans son ensemble.
On pourrait citer bien d’autres exemples comme la prise en charge très partielle et très insuffisante de la contraception par l’Assurance Maladie, qui oriente les choix des femmes en fonction de critères économiques et non médicaux. Il y a donc un ensemble de signaux alarmants sur lesquels, en tant que mutualistes militants, nous ne pouvions rester silencieux.

TF. : Que propose la Mutuelle Générale de l’Education Nationale (MGEN) et la Mutuelle des Etudiants (LMDE)  pour inverser la situation ?

T. B. : Nous demandons aux pouvoirs publics d’agir. L’Etat est le seul à pouvoir décider de meilleurs remboursements de contraceptifs, réorganiser la carte hospitalière ou former mieux les professionnels aux enjeux de santé spécifiquement féminins.
Nous souhaitons que soit mis, dès l’école primaire, l’accent sur l’éducation à la santé, la sexualité, la prévention et l’accès aux soins. Toutes les femmes, à tout âge, doivent pouvoir bénéficier d’un suivi gynécologique complet. Les contraceptifs doivent être intégralement remboursés et il est indispensable de stimuler davantage la recherche afin d’améliorer l’efficacité des contraceptifs et en faire baisser le coût.
Enfin, et c’est essentiel, les pouvoirs publics doivent soutenir véritablement les acteurs associatifs notamment, qui œuvrent auprès des femmes au quotidien.

TF. : Outre cet appel, prévoyez-vous d’autres actions afin que votre message soit entendu ?

T. B. : Nous ouvrons l’appel à tous ceux qui veulent le soutenir. D’éminentes personnalités, telles que la philosophe Elisabeth Badinter, l'actrice Isabelle Carré, l'essayiste Caroline Fourest ou encore l'avocate Gisèle Halimi l’ont déjà signé. Des gynécologues (Israël Nisand) et obstétriciens nous accompagnent également sur ce projet depuis l’origine. Nous invitons désormais le grand public à s’y joindre. Nous appelons d’ailleurs les internautes à se rendre sur les sites Internet de la MGEN (mgen.fr) et de la LMDE (lmde.com) pour signer la pétition en ligne.
Surtout, nous voulons agir concrètement. Nous allons travailler avec les collèges de gynécologues sur la question des adolescentes. Nous voulons étudier la faisabilité d’une première consultation gynécologique autonome, gratuite et anonyme pour les 14-18 ans.

TF. : Quelles sont les retombées attendues ?

T. B. : Nous espérons que la mobilisation, notamment des adhérents de nos deux mutuelles, sera forte. En 24 heures, nous avons déjà recueilli plus de 7 000 signatures en ligne, preuve que notre action rejoint les préoccupations d’un grand nombre de nos concitoyens, hommes et femmes confondus.

TF. : Le problème de l’accès au soin, de plus en plus onéreux, plus particulièrement des séniors, est actuellement au centre de l’actualité. Qu’en est-il des étudiants ?

T. B. : Les dépenses de santé augmentent, l’Etat se désengage et taxe les mutuelles. C’est injuste et très dangereux. Les renoncements aux soins faute d’argent progressent, en particulier les soins dentaires et optiques. Les étudiants, qui ont souvent peu de moyens, sont effectivement parmi les plus touchés.
Mais il ne faut pas oublier les femmes. L’enquête que nous avons commandée à Opinion Way révèle qu’un quart des Français, en moyenne, a déjà renoncé à des soins. Pour les femmes, la situation est bien plus grave, elle concerne un tiers d’entre elles.

Crédit photo : iStockphoto

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Voir aussi :  sante    adolescent    contraception   
 

15 commentaires

country33 - 19/10/11 18:43
Merci de ce bel article qui me font comprendre des choses qui était un peu confuses, vu ce que j'avais lu sur les réalités de l'apprentissage de la sexualité, la prévention qui sont des thèmes important.
roxia57290 - 19/10/11 23:30
il faut toujours prendre les probleme par les cornes lol il est vari qu avant d apprendre la sexualitee a l ecole il est tout de meme mieux d apprendre la protection et ceci pas que pour les grossesses
angelabeille - 20/10/11 07:22
Sujet très délicat, mais la prise en charge est tres urgente, je suis etonnée du chiffre des avortements des jeunes filles.
angel95 - 20/10/11 09:37
il faut s'en occupé de cette gravité on est pas en Afrique ce chiffre et catastrophique on est un pays qui donne des pilules du lendemain gratuit en cas de toute dans toute les pharmacies alors faut pas pousser quand même !!
jeant - 20/10/11 09:40
C'est quand même un peu de tôt de donner une éducation sexuelle dès l'école primaire!
- 20/10/11 09:49
qu'ont-elles en tête ces adolescentes ? avec tous les moyens de communication que l'on a, elles savent pertinemment que accouplement = risque de grossesse et ce dès les premières règles il me semble, maintenant dès 12-13ans ils parlent de coucher avec un garçon, quelle triste société de voir des enfants faire des enfants
ysabella - 20/10/11 14:41
Contrairement à ce que pense l'anonyme, la prévention n'est pas suffisament faite, la communication est quasiment inexistante et de nombreux jeunes (et pas que des filles) ne connaissent rien au sujet. D'autre part l'âge du premier rapport n'a quasiment pas bougé depuis des années.Parler de coucher à 12-13 ans ne veut pas dire passage à l'acte. L'éducation doit être faite par les parents en premier lieu, relayée par l'école puis le collège ainsi que par les associations telles que Planning Familial (dont les subventions sont rognées sous ce gouvernement qui se désengage complètement). Il n'est jamais trop tôt pour proposer une éducation sexuelle en primaire; les enfants se posent des questions dès la maternelle. Il me semble que la sexualité est quelque chose de naturel et au sujet de laquelle les questionnements devraient trouver des réponses précises, claires et simples avec le vocabulaire approprié. Cela éviterait bien des dérives.
angelabeille - 20/10/11 15:39
Ma fille cadette a eu son premier cour d'education sexuelle au CP. A table le soir, j'ai été choqué d'apprendre de ma puce qui n'avait pas encore 6 ans, comment faire des bébés ! Déjà je n'etais pas au courant, et j'aurais préféré l'être pour qu'elle ne comprenne pas tout de travers. ENsuite, je pense egalement que les parents doivent en parler avec leurs enfants dans la derniere année de Primaire avec l'aide de l'ecole. Poursuivre cela au college et lycée. Mes deux filles ont eu des livres adaptés a leur age. Ensuite, autre colere, en cadeau de Noel, pour les CM2, ma fille ainée avait eu un livre sur la sexualité. Là j'ai trouvé que c'etait franchement pas le moment d'en offrir !
ysabella - 20/10/11 16:25
Pourquoi ne peut-on pas selon vous aborder ce sujet avant la dernière année de l'école primaire?? C'est une incompréhension pour moi.L'éducation sexuelle fait partie intégrante de l'éducation. Si vos enfants en maternelle vous posent une question vous l'éluderez donc ou répondrez gênés de manière détournée . Pourquoi?qu'y-a-t-il de gênant à répondre à une question abordant un sujet naturel qui concerne tout être humain?
Cybèle - 24/10/11 16:54
C'est un sujet qui concerne toute les parties et qui doit être véritablement discuté (tou-tes ensemble). Les enfants savent déjà beaucoup de choses et pour elles et eux, il n' y a rien de sale, de divisé, de formaté. Les adultes sont déjà formaté-es. Le souci c'est comment appréhender le corps dans son entier sans tabou (alors qu'il n'y a que tabous sur le sujet). Les enfants sont très intelligent-es : nous devons aussi les écouter et pas seulement leur donner des leçons. D'autre part, la maternité est quelque chose d'abstrait, c'est un concept. Je ne connais pas d'études qui aient été faites sur les états d'âme, les ressentis, ... des femmes primipares encore moins d'adolescentes : l'erreur c'est de croire que les leçons se donnent dans un sens unique "adulte-enfants(adolescent-es)" et pas "enfants (adolescent-es)-adultes" : nous aurions pourtant beaucoup à apprendre! Je sais que les adolescentes enceintes et mineures non soutenues par leur famille, se retrouvent dans une situation où le lien "mère-enfant" est en danger : les mères adolescentes sont toujours considérées comme "mineures" et comme telles, elles sont logées à leurs frais à l'hôtel (ça leur coûte une fortune!) et leur enfant est gardé-e par les institutions qui "veillent à ce que le lien ne soit pas brisé (?!)"... Elles "surveillent la maman ("incapable" disent les institutions) de s'en occuper "parce qu'elle est mineure" ": or, de facto, elle devrait être considérée comme adulte puisqu'elle est mère.
Cybèle - 24/10/11 17:05
On oublie aisément le "géniteur", absent lors des rendez-vous chez la gynécologue, les psy,... L'adolescente se retrouve souvent seule, or on fait toujours un bébé à deux. Qui est ce géniteur : un adolescent comme la jeune fille, un violeur, un violeur incestueux, ... ? Qui se demande pourquoi la jeune fille ne vient pas avec ce "compagnon" dont on ne sait rien la plupart du temps ? En Norvège, s'il ne se déclare pas, l'Etat prend le relais et part à sa recherche : il s'agit qu'il prenne ses responsabilités et qu'il ne prenne pas la sexualité comme un divertissement uniquement réservée "aux hommes"... Qui n'a pas entendu dire certains parents que "c'est plus facile d'élever un garçon qu'une fille "? Parce que lui ne tombera pas "enceinte" : de fait, certains sont fiers de savoir leurs fils avoir une sexualité libre et n'ont pas honte de le dire, mais quid de leur responsabilité ? aux adolescents mais aussi de leurs parents qui les éduquent en toute inconscience ?
Cybèle - 24/10/11 17:14
Enfin, la prévention est le meilleur moyen mais comme ça échoue, il va bien falloir réviser ses notes : il n' y a pas de sexualité à deux vitesses : l'une pour les filles, l'autre pour les garçons. Si l'éducation reste archaïque, il y aura toujours autant d'avortements et le problème ne sera pas résolu.
jujuleretour - 23/01/12 12:10
il faut privilégier l education des ados , leur faire comprendre que l acte sexuel n est pas anodin , que non seulement il peut y avoir une vie qui en découle , mais aussi la mort , avec les maladies sexuelement transmissibles , je pense que l école et les infirmieres scolaire ont un grand role a jouer dans ce systeme de prevention !!!
country33 - Il y a 2 sem
Tu as raison Juju car les enfants sont plus précoce qu'on a pu l'être et il est important qu'ils découvre leur corps et de savoir ce qui se passe avec des actes sexuels sans protection.
omaha - Il y a 2 sem
éducation sexuelle dès l'ecole primaire, pourquoi pas des l'ecole maternelle pendants qu'on y est

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