Cancer du col de l'utérus : doute sur l'efficacité du Gardasil

Cancer du col de l'utérus : doute sur l'efficacité du Gardasil
Le Gardasil, un vaccin visant à prévenir certains cancers du col de l'utérus chez les adolescentes, fait encore parler de lui. Son efficacité est remise en cause par les professionnels de santé, tandis que les adolescentes et leur mère craignent ses effets secondaires graves.


Indiqué chez les adolescentes dans la prévention de certains cancers du col de l’utérus, le Gardasil est encore loin de faire l’unanimité. En effet, malgré la grande campagne de vaccination et de communication dont bénéficie ce traitement, médecins et patientes mettent en doute son efficacité et craignent ses éventuels effets secondaires.
Pourtant, le vaccin du laboratoire Sanofi Pasteur MSD promet de prémunir contre certains papillomavirus humains (HPV) se transmettant par voie sexuelle. « Grâce au Gardasil, les souches virales des HPV, responsables de 70 % de ces cancers, seraient éliminées, avec un taux de réussite de près de 100 % », indique le site Internet du Point. Mais pour le docteur Jean-Pierre Spinosa, il est légitime de s’interroger sur l’efficacité globale du vaccin. « Le nombre de lésions cancéreuses observées in fine sur le col de l’utérus a-t-il diminué de 70 % après vaccination ? », interroge-t-il. La réponse est non, selon le gynécologue. Et d’ajouter : « l’efficacité n’est donc pas prouvée ».

Surveillance renforcée de l’Afssaps

En outre, alors que chez Sanofi Pasteur, on estime que le Gardasil est bien toléré (78 millions de doses ont déjà été vendues dans le monde) plusieurs liens entre des troubles dont souffriraient des jeunes filles vaccinées (maux de tête violents, douleurs au ventre insoutenables, crises de paralysie imprévisibles ou encéphalomyélites) et le traitement auraient été établis. L'Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps) a d’ailleurs dénombré 351 victimes en 2011 et établit un taux d'effets indésirables graves de 8,1 cas pour 100 000 vaccinations. Or, en 2010, le taux d'incidence du cancer du col de l'utérus est de 6,4 pour 100 000 femmes.
Pour une femme, le risque serait donc plus grand de souffrir d'effets secondaires graves liés au vaccin que de développer un cancer du col de l'utérus.
Pourtant, ces chiffres ne constituent pas un signal d'alerte pour l’Agence française du médicament (Afssaps) qui maintient toutefois une surveillance renforcée sur ce vaccin. « Concernant l'évaluation du bénéfice et du risque, le comité technique des vaccinations pourra l'estimer à l'issue de la réunion de la Commission nationale de pharmacovigilance du 22 novembre », confiait, il y a quelques semaines, l'une des responsables de la pharmacovigilance de l'Afssaps au quotidien 20 Minutes.

Crédit photo : Goodshoot

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