Par   -  Publié le 30 mai 2012
 5   

Les hommes, seuls maîtres de nos orgasmes ?

Dans les nombreuses complexités du rapport hommes-femmes, une repose sur des seules injonctions sociales, véhiculées par les médias depuis des lustres, et empoisonne inutilement la vie des uns et des autres : c'est l'idée fallacieuse que les hommes seraient responsables des orgasmes des femmes, d'où l'obsession constante de performance. Le point de vue de notre experte Sophie Bramly.


Un homme, me parlant de sa concubine, me disait récemment « tu te rends compte ? Je l'ai fait jouir huit fois dans la nuit ! ». Dans cette seule phrase trois points ne devraient pas être :

- Cet homme, au lieu de se soucier de son plaisir, s’est mis à compter les orgasmes déclarés de sa partenaire, comme il compte le nombre de chansons dans son iPod sans savoir lesquelles lui tiennent vraiment à coeur, l’argent dans son compte en banque sans pouvoir se contenter de ce qui lui est vital, le nombre d’amis qu’il affiche sur son réseau Facebook sans pouvoir distinguer lesquels lui sont chers, ceux sur qui il peut s’appuyer. Nous vivons une époque où le chiffre prévaut sur tout, études et sondages qui affluent en permanence en attestent : tout doit être rationalisé par des chiffres, idéalement de gros chiffres. Je me limiterai, ici, à répondre qu’en matière de sexe, ce n’est pas le nombre qui compte, mais la qualité. Un rapport épanouissant, une entente exceptionnelle des corps, valent mieux que toutes les accumulations d’additions dans de virtuels livres Guinness des records.

- D'un point de vue anthropologique ou biologique, l’homme a des rapports sexuels pour assurer sa descendance. Il y a des millions d’années, avant que la relation de couple n’existe, il copulait ici et là, pour avoir le plus d’enfants possible, les chances de survie étant faibles. Nous n’en sommes plus là depuis longtemps et la pilule permet depuis 50 ans de ne chercher rien d’autre que le plaisir sexuel. L’acte sexuel aujourd’hui est donc avant tout la quête du plaisir. Il y a donc un peu d’égoïsme, que nous devons saluer ici, car dans ce cas il est salvateur et bénéfique. Dans l’acte, l’homme n’a en réalité qu’à se préoccuper d’exciter la femme par ce que l’on appelle couramment des préliminaires (on peut aussi parler de rapports sexuels sans pénétration) afin qu’elle lubrifie suffisamment au moment de la pénétration pour le confort des deux partenaires. À ce moment-là, il y a la rencontre entre deux corps, mais surtout une quête personnelle : celle de prendre le plus de plaisir possible et de jouir. À cet instant précis, on ne donne pas, on prend dans l’échange avec l’autre.

- On a enfin cessé de penser que le rôle de la femme est passif. Non seulement son vagin n’est pas un conduit qui ne sert qu’au passage des spermatozoïdes, non seulement son clitoris n’est pas la marque d’une sexualité infantile (ce que pensait Freud), mais elle a bien des pulsions, des désirs, des organes qui bandent, des plaisirs à aller chercher elle aussi, un dessein à suivre, un abandon à avoir et des orgasmes (ou pas). Après l’acte, ce qui compte pour elle, c’est l’état de grâce dans lequel elle se trouve, et non l’addition comptable du nombre d’orgasmes. Si c’était le cas, elle se contenterait de la masturbation, tout comme l’homme d’ailleurs. On sait en effet que dans les deux cas les orgasmes onanistes sont a priori plus forts et pourtant beaucoup moins satisfaisants.

Nous ne sommes pas responsables des orgasmes de nos partenaires, nous ne pouvons que nous accompagner l’un l’autre dans une sorte de courtoisie réciproque, passionnée et passionnante pour atteindre ensemble une ivresse exquise.
Dans une société où le souci de performance est partout, où les chiffres ont pris le pouvoir sur les mots, il est bon de rappeler que le plaisir est affaire de goûts personnels qui n’engagent personne d’autre que soi, mais qui se partagent délicieusement.
Puisse ce message rassurer tous les hommes qui verraient leur virilité affaiblie par l’émancipation sexuelle des femmes. Il n’en n’est rien.

Crédit photo : Stockbyte

VOIR AUSSI

Sexe : osez prendre des risques

Pratiques sexuelles révolution sous la couette

Sexualité : que savent vraiment les ados ?

Comprendre l’orgasme féminin

Sexualité : pensez aux lubrifiants !

Orgasme : renforcez votre périnée !

Voir aussi :  sexo    plaisir   
 

5 commentaires

country33 - 31/05/12 11:45
Le principal dans tout ceci c'est de bien s'entendre et en couple c'est très important de faire l'amour et d'en parler sans aucuns tabous.
sounkit - 02/06/12 10:26
Je pense qu'on pourrait faire une démarche similaire avec la phrase "ce mec est un mauvais coup". Elle sous-entend que la femme ne peut rien faire pour guider son partenaire, qu'elle est condamné à jouer à la loterie et que les hommes (et les femmes) ne peuvent pas apprendre et qu'il est possible d'être un bon amant dans l'absolu pour toutes les femmes de la Terre...
country33 - 14/08/12 09:22
C'est certain que parfois des hommes se prennent pour des apollons et sont effectivement des "mauvais coups" car maintenant s'ils sonyt trop fiers ils "n'écoutent" pas les directives de leur partenaire...Alors mesdames faite ça en jeu et vous verrez que Monsieur aura l'impression de tenir les brides.
stephanili01 - 02/09/12 22:09
c'est une entente mutuelle!! ce faire plaisir l'un l'autre! apprendre a ecouter ses desirs
country33 - 10/12/12 07:47
C'est sur que si seul l'homme fait ce qu'il veut n'oublions pas que certains ne cherchnte que leur propre plaisir et pas celui de sa compagne.

PUBLICITE

La communauté

Notre étude exclusive

Sondage

Avez-vous souvent l'impression d'être débordée au boulot ?

Entreprises partenaires

Fermer