Par   -  Publié le 6 août 2012
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Le polyamour, ou comment dépasser la possessivité amoureuse

Le polyamour, ou comment dépasser la possessivité amoureuse

© TonRo Images
Entretenir une relation amoureuse avec plusieurs personnes de manière simultanée et sans tabou, c'est la liberté que revendiquent les personnes polyamoureuses. S'affranchissant des notions de conjugalité, d'exclusivité ou de fidélité propres aux règles de la monogamie, les polyamoureux cherchent à vivre leurs différentes histoires en toute sincérité avec leurs partenaires. Gaëlle*, polyamoureuse de 26 ans, expose sa vision des relations. Entretien.

 

Tf : Qu’est-ce que le polyamour ?

Gaëlle : Pour résumer, le polyamour désigne le fait d’entretenir des relations amoureuses avec plusieurs personnes de manière simultanée, honnête et transparente. Mais il n’existe pas qu’une seule définition du polyamour. Toutes les personnes qui le pratiquent choisissent la forme qui leur convient, et celle-ci peut évoluer au fil des relations. Les relations polyamoureuses sont à distinguer des relations polypartenariales, qui n’impliquent que l’existence de relations sexuelles, et non sentimentales.

Les relations polyamoureuses peuvent se construire autour d’un couple qui décide de ne pas fermer la porte aux sentiments que chacun et chacune peut potentiellement ressentir pour des tiers. Elles peuvent aussi s’organiser sans noyau principal. Elles se veulent non hiérarchiques ; une différence de nature entre les relations peut néanmoins exister.

Tf : Quels sont les avantages de telles relations ?

G. : Le polyamour permet d’éviter les côtés négatifs de la monogamie, notamment la dépendance affective, les tabous et les drames causés par la jalousie et les soupçons. Il permet d’échapper à la norme monogame qui impose la rupture comme une obligation en cas de rencontre sentimentale et/ou sexuelle avec une autre personne. Le modèle traditionnel est contraignant en ce qu’il force à renoncer à vivre des histoires par peur de perdre une personne aimée. Il met toujours en danger les relations, il entretient un sentiment d’insécurité affective permanent. Par ailleurs, il suppose l’appropriation du corps de son ou sa partenaire et implique une forme de contrôle pour s’assurer de son exclusivité.

Tf : Comment s’organise la relation ? Y’a-t-il un contrat ? Des limites ?

G. : Je considère, pour ma part, que je suis en couple avec ma copine, et, sans parler de « contrat », il est clairement établi entre nous que nous nous laissons la liberté de vivre d’autres relations, sexuelles ou affectives. Dans mon histoire, nous avons quelques règles, qui peuvent évoluer : par exemple, lorsque l’on part en soirée ensemble, on rentre ensemble. Nous nous mettons aussi au courant des relations que nous commençons si elles impliquent des sentiments et des répercussions sur notre histoire. Pour ce qui est des simples expériences sexuelles, je ne tiens pas à ce qu’elle me raconte tout dans le détail. Par contre, si je pose une question, je sais que j’obtiendrai une réponse honnête. Tout le monde ne fonctionne pas de cette manière. Je connais d’autres couples polyamoureux qui préfèrent tout se dire, ou encore prévenir en avance lorsqu’un nouveau partenaire potentiel entre en jeu.

Tf : Avez-vous rencontré des difficultés par rapport à la manière dont vous gérez vos relations ?

G. : Pour des raisons pratiques, de gestion du temps notamment, il peut être compliqué d’entretenir plusieurs relations dans un même espace géographique. Il ne faut pas non plus croire que les relations polys sont toujours exemptes de jalousie. Il s’agit d’apprendre à la gérer, car on ne naît pas polyamoureux. Cette pratique est le fruit de questionnements sur la pertinence du couple monogame envisagé comme seul modèle légitime de relations. Le polyamour implique une réflexion sur un certain nombre de comportements intériorisés et considérés comme inhérents à la liaison amoureuse (possessivité, jalousie etc.). Dans mon cas, c’est au fil de rencontres et d’échanges que j’ai construit ma vision des relations telles que je les pratique aujourd’hui, en sachant que ma manière de les envisager peut évoluer au cours du temps. Une autre difficulté majeure est d’établir des règles en faisant en sorte qu’elles conviennent à tous les partenaires.

Mais les préjugés les plus tenaces viennent de l’extérieur : souvent, les relations polyamoureuses ne sont pas considérées comme de « vraies » relations, elles ne sont pas valables aux yeux de la société. Elles ne sont pourtant ni moins fortes, ni moins importantes ! Pour beaucoup, le polyamour ne serait qu’une « peur de l’engagement » due à une immaturité affective. Il est nécessaire de reconnaître la validité de tous les modes de relations, tant qu’ils font l’objet d’un accord entre les partenaires.

Au niveau de la famille, souvent attachée au modèle du couple traditionnel, il est difficile de faire son « coming out » de polyamoureuse. Les problèmes peuvent aussi venir, lorsqu’on est poly, d’un partenaire qui souhaite imposer l’exclusivité comme condition de la relation. Il y a souvent peu de négociation possible dans ce cas : la parole et les désirs de la personne poly seront a priori illégitimes car ils vont à l’encontre de la norme dominante en matière de relations.

*Gaëlle souhaite garder l'anonymat sur son nom de famille

Viviane Clermont

Crédit photo :TonRo Images

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20 commentaires

ladymam - 06/08/12 16:52
je ne sais pas comment ils font pour régler plusieurs vies amoureuses et même parfois plusieurs familles , moi une me suffit largement .
tania78370 - 06/08/12 19:12
j'en aime un et cela me suffit largement, je me voit mal quand il y à conflits gérer des relations polyamoureuses,je me sentirait vite dépasser! Enfin comme on dit chacun voit midi à sa porte!
omaha - 07/08/12 09:06
Je ne crois pas que je pourrais vivre plusieurs histoires d'amours en même temps, je suis bien trop jalouse
dudette - 07/08/12 10:00
désolée mais pour moi ce ne sont pas des relations amoureuses, juste un bon prétexte pour coucher avec plusieurs partenaires, les couples libertins sont moins hypocrites.
Ceccaldi - 07/08/12 10:48
Je suis plutôt d'accord avec Dudette. D'autant plus quand le témoignage vient d'une jeune fille de 26 ans, cela me semble surtout être un bon prétexte pour ne pas choisir et justifier par des grands concepts le libertinage et le refus des "normes". Une façon de se démarquer peut-être, mais surtout à mon avis une voie de la facilité qui refuse l'engagement, l'effort dans le couple, le fait de choisir une personne et de construire quelque chose à 2. Nous sommes tous des polyamoureux en puissance, et ce qui fait la beauté du couple est justement le fait de ne pas céder à ces envies mais de réussir à partager amour/sentiments/quotidien/engueulades/doutes/sexe/etc. à 2
country33 - 07/08/12 11:06
C'est s'envoyer en l'air sans tabou , il faut aimer mais ce n'est pas pour moi car je n'aime pas partager c'est comme ça. On parle de se faire sauter là , pas d'amour ...C'est vulgaire mais c'est ça.car l'amour est un jardin qu'il faut cultiver chaque jours pour en apprécier la récolte.
Ziyy - 12/08/12 15:40
@Dudette/Ceccaldi/Country : vous avez un talent pour juger, simplifier, déformer et caricaturer ce qui vous échappe qui fait plaisir à voir, ça doit vous aider à mort dans la vie de tous les jours pour comprendre les gens. Si je faisais comme vous je diagnostiquerais que vous êtes aigris dans votre formule quotidien, privations et engueulades et que ça vous rend intolérants, et j'aurais l'impression de vous avoir appris la vie... mais je compte sur vous pour trouver que c'est réducteur, agressif, bas du front et insultant.
dudette - 12/08/12 21:53
c'est vrai Ziyy que tu es toute en tolérance et sans jugement sur personne, il n'y a qu'a lire ton message pour s'en rendre compte...
rosemary - 12/08/12 23:42
Le polyamour, ou comment dépasser la possessivité amoureuse : merci pour ces conseils j'en ai appliquée quelques uns étant plus jeune...
Ziyy - 13/08/12 02:58
@dudette : si tu prenais la peine de lire ce que les gens écrivent vraiment, tu aurais lu que 1/ la personne interviewée parlait bel et bien de sentiments, et 2/ que j'ai écrit mon message par provoc pour vous tendre un miroir sous le nez. Histoire de sentir ce que ça fait de se prendre un jugement à l'emporte pièce dans les dents. Les gens qui jugent m'agacent, j'ai à coeur de leur faire comprendre pourquoi.
Ziyy - 13/08/12 03:18
Et pour être sûr d'être bien compris cette fois : Je ne sais pas si vous êtes aigris ou pas, je ne vous connais pas ; tout comme tu ne sais pas si cette Gaëlle est une hypocrite qui masque son libertinage, tu ne la connais pas. La différence c'est que tu le dis quand même, au mépris de toutes ses explications. Alors je fais comme toi : je dis n'importe quoi à ton sujet. But de l'opération : faire ressentir l'effet produit par ce genre de parole.
country33 - 13/08/12 05:39
Ziyy je ne fais pas partie des personnes qui subissent ni qui sont comme tu le dis dans les privations et engueulades et je suis tout à fait tolérante, mais on a le droit de penser et de s'exprimer.
Ziyy - 13/08/12 06:06
Tu es tolérante mais tu décrètes que ce que vit Gaëlle (que tu ne connais pas) n'est pas ce qu'elle en dit. Elle parle d'amour mais tu dis que ça n'en est pas. Tu es plus qualifiée qu'elle pour définir ce qu'est l'amour ? Vous parlez de l'amour comme si c'était un corpus de règles à suivre plutôt qu'un sentiment intime et incontrôlable. Qu'est-ce que vous savez des sentiments d'autrui ? Il m'est arrivé d'être fou amoureux d'une personne, comme il m'est arrivé d'en aimer deux. Aucune histoire ne se ressemble. Tu me mets dans quelle case ? Et de quel droit quelqu'un me mettrait dans une case ? Vivez, et laissez les autres vivre ; ça me parait une meilleure expression de la tolérance ^^
country33 - 13/08/12 06:22
Chacun voit et juge ce qui lui convient mais bon pour ma part je trouve que c'est comme ça il t'est arrivé d'aimer deux personnes , c'est ton problème , pour moi c'est impossible à concevoir .
Ziyy - 13/08/12 06:55
Et comme tu ne peux pas le concevoir tu classes le dossier à ta guise : ce n'est pas de l'amour donc, c'est se faire sauter... Ben voyons. Il y a des choses que je ne peux pas concevoir, et comme je ne les conçois pas je laisse les gens qui les ont vécues en parler mieux que moi, sans caricaturer leur témoignage. Au mieux j'essaie de comprendre, j'écoute, je questionne... Au pire ça ne m'intéresse pas.
lolafemina - 13/08/12 12:07
@Ziyy Waoouh j'étais également outrée des commentaires de Dudette and co, mais alors Ziyy vous exprimez tout ce que je ressens. Pourquoi vouloir mettre des étiquettes à des comportements, pourquoi juger ? On ne connait pas. J'ai le sentiment de comprendre ce que raconte Gaëlle, même sans l'avoir vécu, cette peur d'accepter et de choisir quelqu'un d'unique dans sa vie, c'est trop de peur de perdre, de possessivité, de jalousie. Puis c'est aussi tellement possible d'aimer deux personnes différentes, voire plus et d'avoir envie de partager des choses avec elles. Le témoignage de Gaëlle est intéressant, ça ouvrira sûrement les esprits d'avoir mis un mot sur cette façon de concevoir l'amour qui est différente de la façon couple unique...
omaha - 22/09/12 09:43
tout simplement je pense que l'on assimile ce polyamour à du libertinage qui est une forme de sexe sans amour évidemment
linelu7 - 13/10/12 21:19
ça m'a l'air bien compliqué en tout cas de construire quelque chose dans ces conditions, comme fonder une famille...
Ziyy - 14/10/12 16:16
Manifestement c'est pas fait pour fonder une famille. Et accessoirement c'est pas le but de tout le monde...
linelu7 - 14/10/12 20:26
manifestement pas, comme tu dis. grand bien leur fasse, tant que tous sont ( et restent) sur la même longueur d'ondes. pour ma part, je vais continuer avec une seule personne.

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