Sodomie, anulingus : les derrières du sexe

Sodomie, anulingus : les derrières du sexe
Sodomie, anulingus : les derrières du sexe
Synonymes de transgression mais surtout sources de plaisir, les pratiques sexuelles anales se généralisent. Massages, anulingus, sodomie... Le point avec notre experte Sophie Bramly.
A lire aussi
5 conseils pour se mettre au sexe écolo
News essentielles
5 conseils pour se mettre au sexe écolo


Les médias se sont beaucoup intéressés, ces dernières années, à la sodomie chez les femmes. Il semblerait même que les injonctions faites auraient changé les statistiques : aujourd'hui un nombre plus élevé qu'autrefois de femmes offrent leur postérieur à leur partenaire. On parle peu, en revanche, de ce que les hommes hétérosexuels éprouvent aussi du plaisir lorsque les femmes s'aventurent, de quelque manière que ce soit, vers ce que l'on nomme pudiquement « la porte de derrière ». Or, parce que l'anus est une zone érogène (elle est très innervée) chez l'homme comme chez la femme, qu'il est toujours objet de transgression et, pour certains, idéologiquement dans un plaisir « paritaire », cette pratique mérite ici toute notre attention et surtout une extrême confiance entre les partenaires.

Différentes pratiques sont possibles autour de l'anus, la première et la plus courante consiste à pénétrer avec un doigt, et à masser la prostate, ce qui permet à l'homme de connaître des orgasmes particulièrement intenses (voire même à réduire le risque de cancer). De même que la femme connaît généralement des orgasmes plus concis, extrêmes, lorsqu'ils sont clitoridiens, l'homme peut connaître des orgasmes bien plus intenses par la sollicitation de la prostate. Si le partenaire est consentant et détendu, il faut commencer par lubrifier le doigt (l'anus n'est pas lubrifié comme le vagin) et vérifier que les ongles sont bien ronds, pour ne pas risquer de blesser. La prostate est assez facile à identifier pour celles qui connaissent leur point G. Comme lui, il est à environ 3 à 5 cm de l'anus, du côté du ventre, de la taille d'une noix ou d'un kiwi, avec le même aspect granuleux que le point G, sans être son corolaire (il est plus proche des glandes de Skenes chez les femmes). Le doigt doit pénétrer tout en douceur et ne pas chercher à imiter le geste le va-et-vient de la pénétration mais plutôt à masser tout doucement, en faisant le même geste que celui que l'on fait pour faire venir quelqu'un à soi. Ce geste augmente l'oxygénation et la circulation du sang tandis que le partenaire à la sensation d'une éjaculation constante pendant qu'il est massé, puis, sa jouissance devient plus intense.

On peut aussi apporter beaucoup de plaisir à son partenaire en léchant son anus (ce que l'on nomme un anilinctus ou anulingus). Le geste peut être celui du chat qui lape, ou la langue peut jouer à essayer de pénétrer l'orifice, tandis que les mains écartent le plus possible les fesses, pour laisser libre cours à la langue.

Les hommes hétérosexuels les plus audacieux peuvent aussi aimer être pénétré par leur partenaire, laquelle peut avoir un gode ceinture (c'est littéralement une ceinture avec un orifice qui permet de mettre un godemiché en forme de phallus, permettant ainsi de « membrer » la femme) et agir avec les gestes de l'homme qui pénètre. Des jouets plus petits et spécifiquement prévus pour le massage de la prostate peuvent aussi enrichir les ébats. Attention là aussi à bien lubrifier le sextoy, pour faciliter la pénétration.

Quels que soient les jeux pratiqués, inventés, il est important d'avancer tout en douceur sans forcer son partenaire, qui ne prendrait aucun plaisir, se bloquerait et risquerait ainsi de se faire mal ; à l'égal des femmes. La lubrification a également un rôle essentiel, car le tissu anal et rectal est fragile.

Le tabou demeure. Certains hommes hétérosexuels peuvent craindre une homosexualité refoulée derrière ces jeux, mais il arrive que le plaisir triomphe et certaines études avancent que 35% des hommes hétérosexuels aiment la stimulation de leur anus. C'est un zone érogène identique chez tous. En réalité, les clivages ne sont pas aussi radicaux qu'on le laisse croire et, plus l'androgynie s'installe, plus la sexualité des hommes et des femmes s'enrichit, quels que soit leurs goûts et leurs appartenances.