Cours de sexe : si on s'y mettait ?

Par Sophie Bramly
Publié le 6 mars 2013

cours de sexe

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Ils sont monnaie courante aux États-Unis, inexistants en France, d’après notre experte sexo Sophie Bramly… Sommes-nous trop prudes pour importer les cours, stages et autres soirées spécial sexe dans nos contrées ?


Si l'on sait que les regards français et américains sur la sexualité divergent, on sait aussi à quel point les Américains influencent notre culture et comme, sur certains points, nous acceptons de nous laisser envahir par leurs habitudes.
Nous avons attendu que la série « Sex and the city » parle de vibromasseurs pour rendre visible ce marché jusque-là bien caché. Nous avons attendu « 50 nuances de Grey » pour parler de littérature érotique féminine, alors que la nôtre est pourtant si abondante et riche.

Il se pourrait bien que la prochaine tendance soit l'importation des cours de sexualité et la gestion des fantasmes féminins. Si ces derniers ont fait l'objet d'une série TV en France où il n'y avait rien à apprendre mais beaucoup pour rire (« Hard », sur Canal+ en 2008), aux États-Unis, comme au Canada, il existe de plus en plus de cours où la sexualité est enseignée aux femmes qui le désirent.

Qu'il s'agisse de cours de masturbation, de fellation, de bondage, de sodomie, de sexualité tantrique, etc., et que ce soit des stages, cours privés ou en groupe (Mama Gena, Deborah Sundahl, Babeland, Coco de Mer, New York Open Center ...), des formations en ligne (vixely.com), ou des clubs où les femmes se lâchent (Cake), toutes les nuances de rose sont incluses, des plus pâles et timides aux plus franchement émancipées. Quelle que soit la nuance, l'intention générale est à peu près toujours basée sur trois principes :

- faire que les femmes connaissent leur corps et reconnaissent leur jouissance,
- faire que les femmes prennent confiance en elles,
- et enfin, que leur sexualité épanouie leur permette de désirer plutôt que de vouloir être désirée
pour appliquer ensuite le principe dans toutes les sphères : privée, familiale et professionnelle.

Cette alliance du féminin et du féminisme qui permet à toutes ce fameux « empowerment » auquel les Américaines tiennent tant et que la langue française traduit si mal par les infantilisants « responsabilisation », ou « autonomisation ». Alors qu'en anglais le mot sous-entend presque que le pouvoir s'avale, s'ingurgite, et dynamise aussi facilement qu'une boisson énergétique ou un breuvage magique, en français, on est hélas loin du compte. Il faut imaginer la scène : admettons qu'il y ait, en France, des soirées comme celles de Cake, où les femmes visionnent des films porno, se racontent leurs fantasmes, se réjouissent de voir des hommes danser nus pour elles, où qu'il soit possible d'apprendre à se masturber, quelques femmes réunies autour d'un professeur, pour trouver par exemple son point G. Ce serait avant tout le résultat d'une véritable libération où le corps cesse d'être pensé et disséqué par les mots (nous, Français, avons des approches de la sexualité très cérébrales) pour être vécu d'une façon presque naturaliste, pour prendre chair, si je puis dire...

Attendons alors qu'un livre ou un film américain fasse un succès autour d'un de ces lieux, pour que cet « empowerment », s'il ne peut être dit avec force et vigueur dans notre langue, puisse au moins se vivre avec efficacité !

Voir aussi :  couple    sexo   
 

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5 commentaires

omaha - 06/03/13 12:41
je ne me verrais pas participer à un tel stage, c'est complètement au dessus de moi
valentineFath - 06/03/13 15:31
C'est étonnant comme bien souvent j’entends des étrangers parler des français comme de gens très à l'aise avec la sexualité voir limite libertins alors qu'en faits je nous trouve très prude.
miss-terrieuse - 06/03/13 15:58
Vu que l'éducation sexuelle n’existe plus, je me dis que ça ne pourrait pas faire de mal à certaines... Et a ces messieurs aussi tant qu'a faire.
fleurs06 - 10/03/13 22:35
Franchement, moi j'aurais trop honte d'assister à ce genre de cours, je ne sais pas, cela ne me plairait pas !
Nulogon - 12/03/13 17:10
Je ne sais pas s'il s'agit d'être libéré ou prude sur le sujet. Je dirais plutôt que l'on touche ici à l'intime et qu'il y a parmi nous autant de personnes qui ne pourront pas mélanger intime et collectif (les cours de sexe en question) que de personnes que cela ne perturbera pas, ceci n'étant pas plus lié aux femmes qu'aux hommes. En clair il me semble aussi difficile ou facile, nécessaire ou superflu, d'aller à un cours de sexe que de se rendre à une réunion des Alcooliques Anonymes. Dans les deux cas, on partage avec des inconnus une partie intime et donc fragile de soi.
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