Par
Sophie Bramly
- Publié le 14 décembre 2011
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« Oh my God ! » : quand les hommes soignaient l'hystérie féminine
Dans la longue histoire des observations erronées de la science sur la sexualité féminine, figure en bonne place celle de l’hystérie (du grec hystera qui signifie utérus), identifiée dès Platon. Au XIXe siècle, ce désordre de l’amour préoccupe tout autant que la nymphomanie, car, comme le rapporte Louyer-Villermay, l’un des grands médecins de cette fin de siècle, il s’agit de « désir violent et déréglé des plaisirs de l’amour ; bientôt oubli de tout sentiment de pudeur, obscénité dégoûtante, irritation vaginale, délire partiel ou monomanie prononcée, avec asservissement des facultés mentales à l’empire effréné du système utérin »*.
Les femmes ne doivent faire l’amour ni trop souvent, ni pas assez, car d’un dérèglement viendrait toutes une série de fâcheux désagréments : anxiété, insomnies, nervosité, irritabilité…
C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, les médecins développent une méthode pour soigner cette maladie si féminine, en procédant à de savants massages du clitoris, jusqu’à obtention d’un « paroxysme libérateur » (en d’autres termes, un orgasme), tout au moins jusqu’à la prochaine consultation. Parce que les séances durent en moyenne une heure et fatiguent les poignets des médecins traitants, dès 1869, le premier vibromasseur (à vapeur) est développé aux États-Unis, pour leur permettre de diminuer la longueur des séances, on passe ainsi de une à 6 femmes par heure. Techniquement compliqué, l’usage nécessite la présence du médecin et la morale ne s’oppose pas à ce traitement puisque la jouissance clitoridienne n’est pas encore reconnue.
Puis, en Angleterre, Dr. Mortimer Granville, invente avec un ami technophile le « Manipulator », premier appareil électrique, qui apaise ses patientes et sauve son poignet d’une tendinite récurrente. C’est sur cette base que la réalisatrice et psychologue américaine, Tanya Wexler, a construit le scénario d’une comédie croustillante, « Oh my God ! », en salles cette semaine. Pour elle, « il y a quelque chose de cette époque et de la rigidité de ses codes moraux qui rend naturellement les choses comiques. Tout le monde prétendait que c’était médical et non pas sexuel, en fait, tout le monde le croyait vraiment ».
En réalité cette « hystérie » préoccupe les hommes depuis Hippocrate. Elle est disséquée par les médecins au cours des siècles, que ce soit les alchimistes de la Renaissance, ou Avicenne (médecin Perse, 980-1307), qui estimait que les femmes ne devaient pas essayer de se soigner seules, mais devaient laisser faire maris et médecins. Les premières séances de « massages » datent, elles, du 17e siècle, lorsque l’on conseillait également aux femmes de faire du cheval ou de la balançoire…
David Cronenberg sort prochainement un film sur le même sujet, « A dangerous Method », l’histoire de Carl Jung, qui entreprend de psychanalyser Sabina Spielrein, 18 ans, pour son « hystérie », sous l’inspiration des travaux de Freud.
La préoccupation serait-elle intacte ? Car si l'hystérie a disparu des psychopathologies, elle a été un élément si central du travail de Freud, qu’on en trouve encore partout des stigmates. Si le corps médical parle maintenant de troubles somatoformes, l’une des insultes les plus populaires à l’encontre des femmes reste bien celle d'« hystérique ».
* in Alain Corbin « L'harmonie des plaisirs », éditions Flammarion.
Voir la bande annonce du film « Oh my God ! »
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C'est assez édifiant! Merci d'avoir contribué à enrichir ma culture car je ne connaissais pas l'origine du vibramasseur, ni celle du mot "hystérique". Je veux bien essayer de croire à la naïveté et la méconnaissance des hommes mais franchement je pencherais bien pour une belle hypocrisie! Ne pas laisser les femmes se "soigner" seules, ben voyons...
on prends vraiment les femmes pour des imbéciles, je ne sait pas ce que va donner ce film
N'importe quoi vraiment nul ce que j'ai lu !
Je suis bien d'accord avec toi Angel, c'est incroyable de se dire qu'il n'y a pas si longtemps on était encore si ignorants de la psychologie et de la sexualité féminine.
C'est dire à quel point les hommes sont stupides et cruels et du temps de la reine Victoria les moeurs étaient plus que psychorigides.
Ce film ne me plaît pas trop à première vue. Ca semble être un navet...
Je trouve cet article surprenant ! le thème de ce film est vraiment nul et insultant envers les femmes, j'espère que ce film sera un vrai flop
Ah moi je pense que ce film sera un vrai flop. Le sujet lui-même est sans intérêt.
Sandrine, je ne saisis pas ce que tu trouves d'insultant dans ce film. Justement, le film se propose de montrer ce qu'on pensait de la sexualité féminine au XIXème siècle. Je trouve ça plutôt intelligent, ça nous interroge sur l'évolution de la perception du plaisir féminin, de comment le perçoivent les hommes. Quand je vois certains ici dire que le sujet des erreurs de la psychologie et de la médecine concernant les femmes et leur sexualité est sans intérêt, je me dis qu'apparemment, certains sont encore perdus au XIXème siècle et que ce genre de films sont salutaires. En revanche, je t'accorde que les idées des siècles passés, rapportées par Sophie Bramly, sont insultantes pour les femmes, mais elles sont en grandes parties révolues.
Comment juger un film nul sans l'avoir vu ??? "Insultant envers les femmes" , peut-être mais il rapporte tout de même une réalité historique. L'ignorance des hommes dans l'Angleterre victorienne n'est peut-être pas si éloignée hélas de la méconnaissance de nos contemporains. Je ne l'ai pas vu mais j'imagine que ce film pourrait servir de miroir et éventuellement faire réfléchir(? ;-)) la gente masculine.
J'espère que le film tient les promesses de la bande-annonce plutôt savoureuse.
oui j'y crois pas trop à voir pour savoir!!!!
Alescandra, je parlais des idées de ces soi-disant grands médecins de l'époque, ils pensaient avoir compris les femmes, et heureusement comme tu le dis, que tout ça a bien évolué
je trouve ça intéressant de voir comment étaient traités la femme et ses "besoins", ça doit être plutot comique en plus
et maintenant , les femmes rendent les hommes fou ,,, beau retournement de situation ,, j adoreeee
ce film est décalé, l'histoire me plaît bien, j'aimerai le voir, à tous les coups, je le trouverais irrésistible!
Je ne connais pas du tout , mais j'en ai comme tous entendu parlé et la sexualité féminine au XIXème siècle ça me brancherait.
Oh my god!!! je me suis bien amusée de regarder cette bande annonce, domage qu'il ne passe pas le film chez moi.. heu quoi que.. mdr..
Moi aussi, j'aimerais bien voir comment ce sujet est traité!