Braver les interdits pour optimiser l'excitation sexuelle

Par Sophie Bramly
Publié le 25 mars 2010

Le fruit est encore plus savoureux lorsqu'il est défendu. Qui n'a jamais été tenté de braver les interdits pour optimiser l'excitation sexuelle ? Notre experte sexo lève le voile de la pudeur et nous éclaire sur le sujet.
Transgression : levez le voile de la pudeur


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Le plaisir de l’interdit qui nourrit le fantasme et l’érotique des corps remonte en fait à l’origine du mot. Selon la définition du Larousse, « l’érotisme est perversité au sens étymologique du terme [du latin perversus, « renversé »] : il tourne le vice en vertu, devinant que ce qui était défendu est en fait délicieux. Le détour par le péché est essentiel à l’épanouissement de l’érotisme : là où il n’y a pas de gêne, il n’y a vraiment pas de plaisir. »

Sade, son plus ardent défenseur, recommande d’y avoir recours sans ménagement : « Il est essentiel de prononcer des mots forts ou sales, dans l’ivresse du plaisir, et ceux du blasphème servent bien l’imagination. » Dans le projet de Sade, qui souligne la dimension proprement transgressive de la sexualité, il est question de dominer l’interdit pour surmonter les notions, illusoires, de vice et de vertu. Georges Bataille, autre chantre sulfureux, en fait même la condition de la jouissance érotique.

Cette profanation n’abolit pas l’interdit mais le dépasse en le maintenant, y compris avec l’inquiétude qui l’accompagne. « L’expérience intérieure de l’érotisme demande de celui qui la fait, une sensibilité non moins grande à l’angoisse fondant l’interdit, qu’au désir menant à l’enfreindre, » écrit-il.

Avec la collaboration de Clémentine Arnaud

Pour tout savoir sur la sexualité, retrouvez notre rubrique sexo !

Sophie Bramly

Après des études d'arts graphiques à Penninghen, Sophie Bramly devient photographe et travaille pour Paris-Match, Rock & folk, etc... A 21 ans, elle part s’installer à New York, où elle découvre et s’immerge dans l’univers du mouvement hip-hop dans le Bronx, balbutiant à l'époque (1981) (...) En août 2006, sa fille lui demande de lui offrir une poupée qui représenterait sa maman. Comment allait-elle se représenter ? Avec ou sans poitrine ? Avec ou sans poils ? Avec ou sans sexe ? Quelle image donner de cet « obscur objet du désir » à sa fille ? Les questions affluaient…  C’est à ce moment là que Sophie Bramly, décide de créer Second Sexe.
Ses photos de la scène rap sont passées inaperçues pendant trois ans et aux Etat-Unis et en France, jusqu’à ce que l’Europe embrasse ce mouvement. Sophie Bramly rentre donc provisoirement en France, pour travailler avec Elle, Wiener, The Face, etc... Et puis elle y reste.



Œdipe nous a ouvert la voie. Tuer son père et, de surcroît, coucher avec sa mère, n’étant pas donné à tout le monde, que nous reste t-il aujourd’hui à transgresser ? Quelles valeurs sacrées viole t-on encore ? L’impératif de transgression de ces dernières années semble avoir dépossédé le terme de son sens premier. Pourtant, les affaires Polanski et Mitterrand, que l’opinion publique a violemment réprouvé, signalent l’actualité de ce questionnement. L’homo sexus des années 2000 reste en effet prisonnier de ces contradictions : à l’heure où l’on peut, a priori, tout oser, les conduites sexuelles restent encore très codifiées. Quelle place tient la transgression dans l’économie du plaisir, sachant que le désir apparaît, bien souvent, blasphématoire ? Petit tour dans l’extase du sacrilège. Difficile d’ignorer que le corps et la sexualité, productions historiques, sont soumis aux normes de leur époque et à un système de valeurs, à un moment donné. On ne vient pas forcément à la transgression par goût de la provocation ou du scandale. Tel l’enfant qui désobéit à ses parents, elle tient un rôle primordial dans le développement psychologique de l’individu. Et constitue souvent, sans que l’on s’en rende compte, un moteur dans le parcours sexuel et la progression naturelle qui mène du premier rapport sexuel à d’autres expériences.  Briser l’habitus sexuel, innover dans un registre clandestin, se confronter à ses propres tabous agit ponctuellement comme une catharsis salutaire, stimulant la libido, y mêlant l’excitation de l’inconnu à la volupté de l’anticipation. La transgression s’accompagne d’une forme de jubilation et d’accomplissement de soi dans une violation libératrice. Le geste peut conserver pour certains un caractère infantile, alors que c’est s’exposer, se mettre en danger puisque l’acte transgressif appelle une sanction. La transgression est une notion, flottante, constamment révisée, qui épouse la courbe de la morale et de ses renversements successifs (éduquer les adolescents par la sodomie comme dans la Grèce antique, par exemple, ne serait guère bien vu aujourd’hui !). Mais des interdits demeurent, à savoir l’endogamie (inceste) et la pédophilie, qui mettent en jeu l’enfance, zone sacrée entre toutes. Sans limite, la transgression s’abolit, le chaos triomphe. Cependant, alors que des relents de moralisme se font de plus en plus ressentir dans cette période de crise qui fait le lit de la peur, on perd de vue un facteur propre à la notion de transgression : le risque. Sans interdit la sexualité perd son pouvoir, sans risque elle perd son sel.

Clémentine Arnaud

Voir aussi :  couple    sexo    plaisir    desir   
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10 commentaires

joelasaucisse - 02/04/10 08:40
Pas facile d'aller au delà de sa pudeur et de braver les interdits pour réaliser ses fantasmes. Je pense que l'expérience a le mérite d'être tentée au moins une fois pour voir comment c'est et pourquoi pas se prendre au jeu.
ceciloute2009 - 06/04/10 20:53
Non pas facile il faut le bon partenaire et une bonne entente un dialogue et pourquoi pas oser ce qu'on n'osait pas avant
melodiedunet - 21/04/10 18:34
Comme le dit Clémentine dans sa chronique, l'interdit est fluctuant au fil des ans. Ce qui était tabout hier est autorisé aujourd'hui et vis vers cela. Je crois que c'est au 2 partenaires de se fixer les limites de l'exploration des sens.
cécel79 - 12/05/10 15:28
Braver quelques interdits moi je dis pourquoi pas! Mais tout en respectant l'autre ;-)
lorenzo070604 - 12/10/10 10:01
il faut en discuter dans le couple
omaha - 12/10/10 10:05
on évolue au fil du temps. Ce qui pouvait être impensable à 20 ans peut etre envisageable à 30 ans et on peut franchir le pas à 40 ans
mya941 - 31/12/10 11:26
C'est vrai qu'il faut évoluer avec son temps, mais il ne faut pas non plus tomber dans la bêtise.
angel95 - 20/12/11 12:00
Je pense que c'est pas une mauvaise chose si les deux sont d'accord oui !
omaha - 14/05/12 07:05
la part d'inconnu, ou le fait de faire l'amour dans un lieu incongru peut stimuler enormement
angel95 - 03/09/12 20:50
Les lieu oui je suis pour cela pimenté mais sinon faut pas trop en faire aussi je suis très classique tout de même

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