Par
Sophie Bramly
- Publié le 24 juin 2010
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Les souveraines de l’Histoire de France furent la cible des pires calomnies. Pouvoir et féminité semblent toujours susciter la suspicion. La peur du renversement de l’ordre établi, d’une femme qui se prendrait pour un roi, en vivant aussi passionnément sa sexualité, semble toujours d’actualité. Jugez plutôt !
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Femme puissante ? Un crime impardonnable, presque systématiquement sanctionné par une réputation de putain. Marie Stuart, la Reine Margot, Catherine II de Russie et tant d’autres ont connu ce même sort. L’équation est longtemps restée simple : les hommes de pouvoir sont de sympathiques gourmands, les femmes de pouvoir, d’infâmes luxurieuses… Pratique ! Les choses ont-elles véritablement changé ? A s’en tenir au strict domaine de la politique, rien n’est moins sûr. Dans l’ouvrage de Christophe Deloire et Christophe Dubois, Sexus Politicus, Roselyne Bachelot confie que "mis à part quelques Messaline, nous menons une vie de religieuses quasi cloitrées. Les femmes savent qu’avoir une vie amoureuse un peu libre serait utilisé par leurs adversaires".
Pourquoi s’en prendre de façon si virulente à la sexualité des femmes de pouvoir ? Probablement parce que celles-ci inversent les rôles tels que distribués depuis des millénaires entre les hommes et les femmes. Comme l’explique Pierre Bourdieu dans La domination masculine, « l’ordre social fonctionne comme une immense machine symbolique tendant à ratifier la domination masculine sur laquelle il est fondé » ; « le principe de la perpétuation de ce rapport de domination ne réside pas véritablement dans un des lieux les plus visibles de son exercice, c’est-à-dire au sein de l’unité domestique, mais dans des instances telles que l’École ou l’État, lieux d’élaboration et d’imposition des principes de domination ». En d’autres termes, la femme de pouvoir est perçue comme perverse car elle incarne un renversement du rapport usuel de domination et qu’elle dispense son « mauvais » exemple depuis les plus hautes sphères. Comme le souligne Jean Flori pour expliquer l’attitude des contemporains d’Aliénor, celle-ci se comportait : « non plus en femme et reine conforme au modèle prôné par la morale du temps, mais en homme, on oserait presque dire « en mâle », voire en roi ».
Il n’y a là rien de véritablement surprenant. Le pouvoir et le sexe mettent en œuvre des pulsions similaires (soif de dominer l’autre, besoin de tromper la peur de la mort…). A se tenir éloigné de millénaires d’histoire et de pensée machistes, qui voudraient que la femme soit soumise de nature, on observe qu’en réalité les hommes et femmes de pouvoir fonctionnent de façon assez similaire et partagent la même sexualité passionnée.
Avec la collaboration de Caroline Colberti







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Commentaires les plus récents
fouz - le 31 août 2010 à 07h51 - Recommandé par 0 lecteur
Misterx - le 25 juillet 2010 à 14h52 - Recommandé par 0 lecteur