Par
Sophie Bramly
- Publié le 7 janvier 2010
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Plus érotique que le nu, la transparence crée l’ambiguïté et le fantasme. Sophie Bramly, notre experte sexo, décrypte les jeux de cache-cache qui subliment les lignes de nos corps.
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L’érotisme, « procédé de mutation du désir brut en excitation intelligente » (Jacques Waynberg), se complaît dans cette nudité capricieuse. Qu’elle soit vêtement-rempart (le caoutchouc, le latex, le cuir, le vinyle) ou sa propre négation éloquente (la transparence), la matière affirme l’attraction du corps et de ses lignes. Seuls les vêtements informes (le lâche) contredisent le désir et occultent le corps. Entre honte et secret, le corps caché rappelle la housse zippée qui contiendra plus tard la mort. Le corps-tombeau s’efface alors socialement. Dans l’ordre public, il n’est pas du domaine du consommable. On le retire de la séduction. Parer la nudité sans contrarier les lignes, c’est au contraire apposer la feuille de cigarette du désir : « Et elle releva sa robe plus haut que le bas : la jambe, les jarretières fleuries, les bas, le linge, tout était luxueux ; de son doigt elle désignait la chair nue » (Georges Bataille). Qu’il ait la transparence du voile ou l’opacité du vinyle, le tissu est interstice, trouble entre le voir et le toucher. Éloge de la transparence chez Houellebecq : « Une fois mouillé, le maillot de Babette était en effet spectaculaire : on distinguait parfaitement les mamelons et la raie des fesses ; on apercevait même la légère surépaisseur des poils pubiens, bien qu’elle ait opté pour une coupe assez courte. » Dans ce jeu où les frontières s’estompent, l’autre entre dans la scénarisation du fantasme. Voiles et matières sacralisent le corps et soulignent les tracés. Quand les Christo enveloppent le Pont-Neuf ou le Reichstag, ils ne les font pas disparaître. Ils en accusent et en révèlent les traits, redistribuent les angles par l’orientation du voir. Écho lointain des Amoureux de Magritte, où les têtes drapées éclipsent le seul véritable insolent : l’œil.
Avec la collaboration de Ingrid Astier
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isa169 - le 15 février 2010 à 21h33 - Recommandé par 2 lecteurs
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isa169 - le 3 juillet 2010 à 07h55 - Recommandé par 0 lecteur
mya941 - le 1 juin 2010 à 13h04 - Recommandé par 0 lecteur