Rentrée littéraire 2012 : « La Jouissance » de Florian Zeller

Rentrée littéraire 2012 : « La Jouissance » de Florian Zeller
Rentrée littéraire 2012 : « La Jouissance » de Florian Zeller
Dans cette photo : Pauline
Après un détour par le théâtre, Florian Zeller revient au roman avec « La Jouissance » (Éd Gallimard), chronique d'un amour contemporain.
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« Prenez la France, prenez l’Allemagne, vous avez Nicolas et Pauline », expose Florian Zeller au début de ce cinquième roman sous-titré « Un roman européen ». Nicolas a 30 ans, essaie tant bien que mal d’écrire le scénario qui lancera sa carrière de réalisateur et vit depuis deux ans avec Pauline, 28 ans, qui travaille, elle, dans une grande entreprise de cosmétiques. Il s’aiment, du moins ils le pensent, mais Nicolas est un jouisseur, Pauline une sentimentale, ils sont peu à peu obligés de se rendre compte qu’il ne parlent pas la même « langue ». Peut-on aimer une seule femme ?, s’interroge Nicolas, tour à tour séduit par une Polonaise hédoniste ou une jolie Serbe malgré la naissance de sa fille Louise.

Récit du délitement progressif d’un couple et de son effondrement sur fond d’Europe en pleine crise économique, « La Jouissance » raconte finalement avec agilité la « tyrannie de la jouissance » qui écrase la génération de Pauline et Nicolas. Épargnés par l’histoire, étrangers à la notion de sacrifice, sont-ils devenus trop égoïstes pour aimer ou pour fonder une famille ? Florian Zeller nous parle en tout cas de jeunes gens en plein doute, qui « tous ont le visage de leur époque et […] sont seuls ».

Au fil des pages, l’auteur examine les rouages du couple, comment naît l’amour, comment il se manifeste et surtout comment il meurt en convoquant Kundera, Breton, Cioran ou Platon dans des digressions aussi érudites que captivantes. On y parle de Beethoven, de Michel Leiris, de Godard ou de Sartre qui, selon l’auteur, en proposant à Simone de Beauvoir le pacte des amours nécessaires et des amours contingents, « tenta d’inventer une langue commune entre les hommes et les femmes. »

« Au cours de ce voyage, quelque chose entre eux s’étiole inexorablement et ils découvrent qu’ils ne sont plus que des étrangers l’un pour l’autre ». Voilà comment, au début du roman, Nicolas raconte « Voyage en Italie » de Rossellini. Une œuvre que Rivette trouvait importante car « représentative de son époque ». Comme l’est sans aucun doute « La Jouissance ».

« La Jouissance » de Florian Zeller, Éditions Gallimard, 16,90€

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