Huffington Post : Quelle stratégie pour la France ?

Huffington Post : Quelle stratégie pour la France ?
Huffington Post : Quelle stratégie pour la France ?
Le premier site d’information américain débarque dans l’Hexagone le 15 novembre, porté par le groupe AOL et en partenariat avec le Monde. Le « Huffington Post » à la française pourrait bien bousculer la hiérarchie des médias en ligne, à quoi doit-on s’attendre ? Décryptage avec Benoît Raphaël, créateur de médias sociaux à l’origine du Post.fr et du site LePlus/NouvelObs.com.
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Terrafemina : AOL a choisi d’implanter le Huffington Post en France. Le marché de l’information en ligne et des pure-players n’est donc pas tout à fait saturé ?

Benoît Raphaël : L’implantation du Huffington Post émane d’une volonté d’AOL de revenir en Europe, afin de s’imposer comme un acteur majeur de l’information mondiale. Le Huffington Post joue le rôle du bélier pour ouvrir les portes, avant l’exportation de la plateforme « PATCH », sur laquelle AOL mise plus que tout. Patch.com propose une offre d’information locale et s’est déjà déployé massivement sur le territoire américain.
En général les sites étrangers rencontrent des difficultés à s’implanter dans les autres pays, on peut citer en exemple le Guardian (GB) aux Etats-Unis ou Slate en France, c’est toujours compliqué de débarquer dans un environnement culturel différent et d’enraciner une marque. En outre le marché français des pure-players est saturé, mais le Huffington Post peut compter sur sa capacité à créer les bons contenus avec le bon référencement, sur ce point, c’est une machine de guerre.

TF : Ce site est lancé en partenariat avec le Monde et devrait « écraser » le Post.fr, que vous avez créé. Quelle place occupera le « HuffPo » sur la Toile française ?

B. R. : Le Monde interactif et la holding de Matthieu Pigasse ont pris des parts dans la version française du Huffington Post, mais on ne sait pas exactement en quoi consistera ce partenariat. Pour le Monde, il s’agit de s’allier en amont avec un concurrent futur, et d’assurer une belle porte de sortie pour le Post.fr. Une partie des deux millions de visiteurs uniques mensuels pourraient être récupérés si le HuffPo décide de faire cohabiter les deux marques le temps de faire la bascule, tout comme son vivier de blogueurs. C’est une fusion intelligente entre deux médias qui s’appuient sur la même mécanique, à savoir aller chercher très rapidement des sujets d’actualité, en proposant les meilleurs liens, et générer des discussions sur ces sujets.

TF : La version française s’annonce plus « light » que le site américain. Que savez-vous de l’offre huffingtonpost.fr ?

B. R. : Le trafic se fera sur l'« Entertainment », la culture, la mode et le style, et sans doute la politique, mais la présidentielle ne sera pas la préoccupation principale. La rédaction s’appuiera sur huit journalistes, principalement des « curators », chargés d’aller chercher les meilleurs liens, et des « community managers » pour animer la communauté de blogueurs.

TF : Les médias français online sont-ils à la traîne sur ces enjeux de community management et de « curation » ?

B. R. : Pas tout à fait. Nous avons sans doute deux ans de retard, mais pas cinq… Je veux dire que nos grands médias et nos pure-players sont performants et tous les projets initiés depuis un an s’inspirent du modèle « Huffington Post », en particulier parce qu’il est rentable. Le Post.fr a été élaboré dans ce sens, et tous les sites désormais travaillent à la mise en valeur de leur communauté. La prochaine étape devrait viser à dépasser le modèle HuffPo...



Benoît Raphaël

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