Métier : comment devient-on psychologue pour enfants autistes ?

Métier : comment devient-on psychologue pour enfants autistes ?
Métier : comment devient-on psychologue pour enfants autistes ?

Charlotte Papeians est psychologue pour enfants autistes. Elle a accepté de partager avec nous son quotidien atypique, trépidant et engagé.

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Psychologue pour enfants autistes : un métier exigeant

"La qualité essentielle pour exercer le métier de psychologue est d’être empathique, tourné vers les autres et de résister aux tensions que l’on peut ressentir en présence d’enfants autistes dans mon cas. Surtout il me semble qu’il ne faut pas entreprendre des études de psycho pour résoudre ses problèmes personnels. C'est un métier parfois un peu "lourd" à porter. Tout le talent est de savoir mettre à distance ses problèmes et sa vision du monde pour être à l'écoute et au service du patient. Parfois on peut se faire aider par un autre psychologue pour parler de nos difficultés. On peut aussi discuter de nos patients avec d’anciens camarades de classe : cela peut aider à trouver des solutions

Qu’est-ce que l’autisme ?

« L'autisme se détecte dès l’enfance lorsque l’enfant présente une communication gestuelle et visuelle un peu « différente» de ses camarades. Les troubles qu’il manifeste sont visibles dans ses interactions sociales, dans son rapport à l’autre et dans sa façon d’appréhender le monde. Sa communication et son comportement sont souvent restreints et répétitifs. Ce sont des enfants enfermés dans leur bulle, angoissés car dans l’incompréhension de notre monde. »

Le parcours quotidien d’une combattante

« Dans le cadre de l’association Autisme Espoir vers l’Ecole, dont le siège est à Boulogne, je me déplace au domicile des enfants souvent en Ile-de-France et en Province. Cette association a été créée par deux grands-mères qui voulaient aider leur petit-fils, à la suite d’un voyage aux Etats-Unis. Conquises par la méthode Sunrise de lutte contre l’autisme, elles l’ont adaptée à la France et ont développé la méthode des 3I (stimulations individuelle, interactive et intensive). Elle se manifeste par la déscolarisation de l’enfant et le jeu. Sept jours sur sept, des bénévoles se rendent chez l’enfant autiste pour stimuler son développement dans une salle de jeu prévue à cet effet.
Je consacre à chacun de mes patients autistes une heure trente trois fois par semaine. Je joue avec eux, j’évalue leurs progrès et la manière dont ils se développent, et je transmets mes observations et mes questions à la famille ou à la personne qui s’occupe d’eux.
Depuis peu, j’occupe également deux autres postes : l’un dans un foyer pour adultes IMC (Infirmes Moteurs Cérébraux) où je fais essentiellement de l’analyse de pratiques professionnelles auprès de l’équipe ; l’autre en tant que psychologue clinicienne dans un Institut d’Education Motrice auprès d’enfants IMC (essentiellement réalisation de suivis et de bilans).»

Un concours de circonstances à l’origine de sa vocation

« A l’âge de 15 ans on m’a proposé d’effectuer du bénévolat à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, près de chez moi, dans le service des enfants tétraplégiques. C’était un simple concours de circonstances mais ces enfants étaient très attachants, à tel point que j’ai eu un vrai déclic. Aujourd’hui, j’ai encore des nouvelles de certains d’entre eux. Mon métier est passionnant et très enrichissant sur le plan humain. Certains patients et leurs familles nous apportent autant que ce que nous pouvons leur donner. Pourtant, il faut bien réfléchir avant d’entreprendre ce métier : parfois les fins de mois sont difficiles. Aussi il est nécessaire de savoir mesurer son pouvoir sur les gens ! Lorsque les patients sont fragiles, ils sont très réceptifs à ce que vous pouvez leur dire, et cela peut avoir un énorme impact sur eux. »

INFOS PRATIQUES

Formation : Charlotte a fait « Psycho-Prat », un terme associé à l’EPP, l’Ecole de Psychologues Praticiens, qui existe à Paris et Lyon. C’est la seule école reconnue par l’Etat. Il est aussi possible de faire une formation en psychologie à la fac et obtenir un Master II pour pouvoir exercer.
Salaire : Multiplier les activités peut aider, dans certains cas, à assurer un revenu décent et surtout à avoir un temps plein; le métier ne paie pas toujours bien, surtout au début. Le salaire dépend des structures et de l’orientation que le psychologue a pu prendre (travailler en entreprise, en libéral, dans une structure privée, publique, etc.). Un jeune diplômé peut demander 35€ de l’heure. Un psychologue confirmé, 55€.

Sophie Ughetto

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