Isabelle Joschke : "Avant chaque course, je m'offre une semaine de repos pour me recentrer"

Isabelle Joschke : "Avant chaque course, je m'offre une semaine de repos pour me recentrer"
Isabelle Joschke : "Avant chaque course, je m'offre une semaine de repos pour me recentrer"
Dans cette photo : Nathalie Simon
Dimanche dernier, Isabelle Joschke prenait le départ de la 45e édition de la Solitaire du Figaro. Au terme d'une première étape qui reliait Deauville à Plymouth en Angleterre, la navigatrice de 46 ans a terminé à la 17e position avec une heure et 25 minutes de retard sur le premier. Avant de reprendre le large pour la deuxième étape, celle qui court sous les couleurs de Generali nous a expliqué en quoi consistait sa préparation avant de partir en mer. Interview.
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Terrafemina : Hormis vos entraînements réguliers en mer, en quoi consiste votre préparation physique ?

Isabelle Joschke : Ma préparation recouvre de nombreux aspects, mais surtout, elle s’étale tout au long de l’année et ce, d’année en année. Grâce à cette éthique de travail, je n’ai pas les mêmes capacités physiques aujourd’hui que lors de ma première course il y a dix ans par exemple. Je pourrais me comparer à un pianiste qui fait ses gammes.

Je fais donc très régulièrement de la course à pied longue pour travailler mon endurance et du fractionné pour améliorer mes capacités cardiovasculaire. Je m’astreins par ailleurs à des séances de gainage et de musculation afin de renforcer mes muscles des bras, du dos et des épaules entre autres, et ainsi prévenir les accidents. En effet, ces parties du corps sont énormément sollicitées pendant la navigation. L’endurance permettant de tenir sur la durée et de récupérer plus rapidement ; le gainage assurant une bonne intégrité physique, cette préparation physique est particulièrement adaptée à la course au large en solitaire.

En termes de fréquence, cette préparation représente 8 à 9 heures de sport hebdomadaire, soit une heure minimum par jour, du lundi au dimanche. Mais si améliorer ses capacités physiques est important, savoir récupérer et se ménager des phases de repos l’est tout autant.  De même,  après chaque séance de course ou de musculation, je ne fais jamais l’impasse sur les étirements : ils me permettent d’utiliser mon corps au maximum de ses capacités le moment venu.

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Tf. : Avez-vous une alimentation particulière ?

I. J.: J’ai une alimentation qui correspond à celle de mon métier, d’autant que je suis persuadée que ce que je mange a une incidence directe sur mes performances. J’ai d’ailleurs déjà remarqué que mes performances étaient moins bonnes dans les périodes où je n’avais pas suffisamment veillé à mon alimentation. Concrètement, deux ou trois jours avant de prendre le départ d’une course et pendant celle-ci, j’élimine la viande rouge ainsi que les aliments acidifiants et les laitages. Mais d’une manière générale, je mange très sainement. Les légumes et les céréales complètes ont une grande place dans mon alimentation.

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Tf. : Avez-vous des petites habitudes auxquelles vous ne dérogez jamais avant de prendre le départ d’une course ?

I. J.: Je n’ai pas de rituel particulier si ce n’est qu’avant chaque course, j’essaie de m’offrir une semaine de repos pour me recentrer. Je reste seule, je cuisine, je bouquine et je me donne le droit d’accomplir toutes ces tâches à mon rythme, lentement. Je me vide complètement l’esprit. J’aime sentir que j’ai du temps pendant ces quelques jours, que je ne lui cours pas après. J’ai remarqué que quand je me laissais embarquer dans des tracasseries dans ces moments-là, mes performances s’en ressentaient automatiquement.