L’Inde à l’aube d’une parité politique ?

L’Inde à l’aube d’une parité politique ?
L’Inde à l’aube d’une parité politique ?
Véritable catalyseur, la journée du 8 mars est souvent l’occasion de proposer des améliorations et d’enclencher des changements en faveur des droits et statuts des femmes. L’Inde n’y échappe pas et surprend en indiquant la réouverture 14 ans plus tard d’un projet laissé à l’abandon : la parité politique.
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On aurait pu s’y laisser prendre mais l’idée ne provient pas d’une femme ! Le gouvernement du Premier Ministre indien Manmohan Singh a en effet présenté un projet de loi établissant un quota obligatoire de femmes (soit un tiers, alors qu’elles ne représentent que 10% actuellement) au Parlement ainsi que dans les assemblées législatives des états. Un dossier déjà amorcé en 1996 mais qui s’était totalement cristallisé depuis.


Si tu ne vas pas au parlement, le parlement viendra à toi !


Une annonce de parité politique qui intervient quatre mois après la formation exceptionnelle et alternative d’un parlement féminin à New Delhi. Formé hors de tout contexte officiel et légal, le concept inauguré par l’Alliance Nationale des Femmes en Inde (NAWO) a remporté un succès massif, rassemblant du 1er au 4 novembre 2009 plus de 500 indiennes fictivement élues aux quatre coins de l’Inde, et de toutes conditions sociales. Le parlement s’est établi dans le plus grand respect constitutionnel, avec des députées de la majorité et de l’opposition, un premier ministre et son gouvernement, des sessions de votes, des débats… Est né de cette séance un ensemble de lois sur les conditions de travail, la sécurité sociale et la santé, des mesures sociales qu’elles ont imaginées financées par une réduction de 60% du budget de la Défense. « Un large mouvement de solidarité s’est formé parmi les femmes qui n’ont jamais eu la parole, qui travaillent dur dans les champs ou les usines, sans espace pour exposer leurs demandes et aspirations. Ce Parlement permet à ces femmes de participer à la vie démocratique et de s’exprimer sur les politiques qu’elles souhaitent. Elles se sentent concernées par les problèmes que traverse notre pays » a indiqué Ruth Manorama, « députée » du Kanyakumari, dans le journal citoyen Résonnances. Une assemblée parlementaire fantôme mais audacieuse qui semble avoir trouvé écho chez les hautes arcanes gouvernementales à en juger la nouvelle proposition de loi sur la parité.


Emilie Gardes


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