L’enfer des allergies respiratoires

L’enfer des allergies respiratoires
L’enfer des allergies respiratoires
Au revoir l’hiver, bonjour le printemps. Mais pour 30% d’entre nous, malheureuses personnes souffrant d’allergies respiratoires, le calvaire commence. Monique Charron, déléguée générale du Comité Français d’Observation des Allergies répond aux questions de Terrafemina.com.
A lire aussi
Une journée pour comprendre les allergies respiratoires
bien-être
Une journée pour comprendre les allergies respiratoires

Terrafemina : Pourquoi, à l’arrivée du printemps, les allergies respiratoires se déclenchent-elles si violemment ?

Monique Charron :
Cette période de l’année, coincide avec l’arrivée des pollens.  Les polluants sont aussi parfois au rendez-vous les jours de forte chaleur. Les allergies sont donc plus nombreuses. Pour les personnes atteintes de pollinose – allergie au pollen – les souffrances commencent dès le mois de février, se poursuivent tout le printemps et sont accentuées avant l’été.

Les allergies respiratoires s’intensifient lors des pics de pollution. Les polluants contribuent à modifier la structure du pollen qui devient ainsi plus virulent.


TF : Combien de personnes sont concernées par les allergies respiratoires ?
 
M.C :
18 millions de Français souffrent d’allergies et 12 millions de rhinite allergique, plus communément nommée « rhume des foins » . Le pollens et les acariens sont responsables de 84 % de ces rhinites.
En 1968, le nombre de personnes atteintes de rhinite allergique étaient de 3.8%, aujourd’hui, il est de 25%. Dans sa forme sévère, « le rhume des foins » peut se transformer en asthme et conduire à jusqu’à l’hospitalisation.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé les maladies respiratoires au 4ème rang des maladies chroniques. Les allergies respiratoires doivent donc être prises au sérieux.

TF : Comment expliquez-vous qu’aujourd’hui, il y ait plus de personnes allergiques qu’il y a 40 ans ?

M.C : Deux facteurs expliquent ce phénomène. D’une part, la transmission familiale des allergies qui existe de tout temps.  Lorsqu’on a un parent allergique, on a  2 fois plus de risque d’être  soi-même allergique. Les risques s’élèvent à 75 % dès lors que les deux parents sont allergiques.
  
D’autre part, notre environnement a considérablement changé. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus exposés à des molécules  allergisantes à cause du  réchauffement climatique, responsable d’une augmentation de la production de pollens et de leur migration.  Ainsi les oliviers très répandus en Afrique mais aussi en Provence-Alpes-Côte d’Azur, se retrouvent aujourd’hui en région toulousaine. C’est la même chose pour les cyprè implantés un peu partout en France.

Du fait de ces modifications, on enregistre de nouvelles sensibilisations dans des régions jusqu’alors épargnées. Ceci vaut pour les modifications de la qualité de l’air extérieur. A domicile, nous adoptons également de nouveaux comportements qui contribuent à accroître les allergies. Signalons notamment l’introduction de nouveaux animaux de compagnie.

TF : Quels sont les principales réactions des personnes allergiques ?

M.C : Le  rhume des foins (rhinite allergique) se manifeste par l’écoulement du nez ou au contraire son obstruction  (nez bouché), par des démangeaisons du palais, des éternuements à répétition et les yeux qui pleurent. Le sommeil est perturbé, les maux de tête sont très fréquents, certains malades mentionnent des troubles de concentration ainsi qu’une fatigue importante, des sensations d’oppression et d’essoufflement.  Ce sont des signes d’aggravation.

Il existe différentes solutions liées au degré de sévérité. Dans un premier temps, les antihistaminiques vendus en pharmacie pour contrôler les allergies « légères » peuvent suffire. Cependant, ils ne  traitent pas la cause mais les conséquences de la maladie.
Pour les personnes qui sont gênées systématiquement et sur une longue durée, il faut impérativement consulter un allergologue qui pourra vous orienter  vers un traitement sur mesure.

TF : Quelques astuces ?

M.C : Evitez de sortir dans les parcs et les jardins en plein pic pollinique. Pour protéger vos yeux des particules de pollen, portez des lunettes. Lavez soigneusement vos cheveux après une journée en plein air. Aérez votre appartement quelques minutes part jour. En voiture, roulez vitres fermées. Nettoyez régulièrement les filtres d’aération de vos climatisations.

Toutes ces astuces ne suffisent pas à vaincre les risques d’allergies mais elles permettent de ne pas les accentuer.

Stéphanie Marin

Lien utile :
Le Comité Français d'Observation des Allergies

Aller plus loin : La pollution sonore nous menace-t-elle ?