Facebook, l'UMP et Cannes 2013 : le machomètre de la semaine

Facebook, l'UMP et Cannes 2013 : le machomètre de la semaine
Facebook, l'UMP et Cannes 2013 : le machomètre de la semaine
Un Festival de Cannes entaché de machisme, un parti cancre de la parité, du sexisme ordinaire mais un réseau social qui a (enfin) pris la résolution de lutter contre toute forme de violence contre les femmes. C'est le machomètre de la semaine.
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1. Le Festival de Cannes

La palme d’or de notre machomètre revient cette semaine au 66e Festival de Cannes. Elle récompense l’œuvre collective de deux réalisateurs : François Ozon et Roman Polanski, dont les propos misogynes nous on laissées sans voix. Le premier avait ainsi affirmé sans ciller que la prostitution faisait fantasmer les femmes. « Tout le monde sait ça », avait-il ainsi expliqué à la journaliste Rhonda Richford qui l’interrogeait, avant de s’excuser le lendemain expliquant qu’il ne s’agissait finalement pas « des femmes en général », mais « juste des personnages de [son] film ». Le second, Roman Polanski, nous a fait part de ses regrets quant à la pilule. Elle aurait selon lui « beaucoup changé les femmes de notre temps, en les masculinisant ». Quant à l’égalité des sexes, elle chasserait « le romantisme de nos vies et c'est bien dommage », a-t-il ressenti le besoin de préciser. D’ailleurs, « cette tendance à vouloir mettre les hommes et les femmes à égalité est purement idiote », a-t-il conclu, détrônant ainsi définitivement François Ozon du monopole du scandale cannois. Ajoutons enfin à ces déclarations la sous-représentation féminine dans la sélection officielle. Seule Valeria Bruni Tedeschi était en lice pour la Palme d’or avec Un château en Italie, les autres femmes de la compétition concourant dans les sélections parallèles.

2. L'UMP

L’UMP est le cancre de la parité. Sur l’année écoulée, le parti n’aura présenté que 129 femmes aux différentes élections pour plus de 377 hommes. Un écart qui lui a coûté cher. Son budget 2013 publié mardi a ainsi été amputé d’une amende de près de 4 millions d'euros. Et ça ne devrait pas s’améliorer pour les législatives prévues les 10 et 17 juin prochains : moins de 30% de femmes seront présentées pour ce scrutin. « Je plaide coupable avec regret, c'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile dès lors que nous avions 317 députés sortants (en réalité 305 en fin de législature) et qu'une bonne part d'entre eux se représentent », a reconnu le 21 mai dernier Jean-François Copé sur BFMTV et RMC. Évoquant l'ancrage local des candidats sortants, le secrétaire général de l'UMP a ainsi estimé qu'« il était extrêmement difficile de les sacrifier ». Ce n’est pas la première fois que le parti est épinglé : en 2011, l'Observatoire de la parité l’avait classé à la dernière place des formations politiques en mesure de présenter plus de 1 000 candidats, avec 18,6 % de femmes investies et 11,7 % d'élues.

3. Facebook

Bonne nouvelle, le réseau social a (enfin) pris la décision de lutter contre le sexisme et la violence envers les femmes. Après la campagne en ligne de plusieurs organisations féministes et plus de 50 000 tweets avec le hashtag #FBRape (« Viol Facebook », ndlr), Facebook a reconnu mardi son manque d'efficacité à les retirer. « Ces derniers jours, il est devenu clair que nos systèmes d'identification et de suppression des discours de haine ont échoué à fonctionner aussi efficacement que nous le voudrions, notamment à propos d'affaires de haine contre les femmes », confessait Marne Levine, la vice-présidente chargée de la politique publique du réseau. La numéro 2 du réseau social Sheryl Sandberg a même promis mercredi la levée de l’anonymat sur les propos « haineux et offensants ». « Nous ne laisserons plus de telles pages être anonymes », a-t-elle promis avant de lancer aux auteurs de pages sexistes : « Assumez votre sexisme, mettez votre nom ».

4. Le président de la FIFA

C’est une première. La FIFA (Fédération internationale de football) élira vendredi une femme à son comité exécutif. Trois candidates se disputent cette place : Lydia Nsekera, 45 ans, burundaise, Sonia Bien-Aimé, 41 ans, venue des îles Turques-et-Caïques, et Moya Dodd, Australienne de 48 ans. Et sur cette dernière, l’actuel président Joseph Blatter s’est permis une blague d'un goût peu sûr. Il aurait déclaré, selon le Guardian que celle-ci était « good, and good-looking » (traduisons compétente et belle, ou bonne et bonne). Joseph Blatter n’en est pas à sa première sortie sexiste. Il avait notamment proposé aux footballeuses de porter « des shorts plus serrés » pour faire connaître leur sport…

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