Thérapie conjugale : comment ça marche ?

Thérapie conjugale : comment ça marche ?
Thérapie conjugale : comment ça marche ?
Quand on ne s’en sort plus à deux, l’intervention d’un tiers neutre peut s’avérer salutaire pour le couple. La thérapie conjugale est-elle faite pour vous ? Maryse Pascau, conseillère conjugale et membre de l’Association Française des Centres de Consultation Conjugale répond à vos questions.
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Terrafemina : Qu’est-ce qu’une thérapie conjugale ?

Maryse Pascau : On différencie la « thérapie conjugale » du « conseil conjugal », qui peut constituer une première étape avant la décision de suivre une thérapie. Les séances de conseil conjugal peuvent être ponctuelles, et répondent à une situation de crise par l’écoute, l’aide et le soutien du couple par le conseiller. Une thérapie conjugale tente de soigner en cherchant dans le psychisme des deux conjoints ce qui peut être à l’origine des tensions. Elle se déroule sur plusieurs séances suivies.

TF : Quel est le bon moment pour commencer une thérapie conjugale ?

M. P. : A partir du moment où le besoin de parler à quelqu’un d’autre de ses problèmes de couple se fait sentir, lorsque la communication devient impossible, il n’est pas trop tôt pour y penser. Il s’agit du même ressenti que pour une personne seule qui tourne en rond et ne parvient plus à y voir clair : elle éprouve le besoin de s’adresser à un tiers neutre qui regarde la situation autrement. Si on attend le dernier moment, le contentieux s’alourdit et tout devient plus difficile.

TF : La thérapie conjugale vise-t-elle forcément la « réconciliation » du couple ?

M. P. : Non, elle vise plutôt l’apaisement d’un conflit, même s’il doit se solder par une séparation. Certains couples viennent d’ailleurs consulter pour mieux se séparer, et protéger leurs enfants par exemple. On accompagne la rupture, le couple comprend ce qui se joue et découvre les écueils à ne plus commettre pour une histoire future. La thérapie conjugale peut consister en une prise de conscience du couple de son désir inavoué de se séparer. Le bilan demeure positif pour les deux personnes en souffrance.

TF : A qui s’adresse-t-on pour commencer une thérapie conjugale ?

M. P. : On peut commencer par consulter un conseiller conjugal, qui, si le couple en ressent le besoin, préconisera une thérapie conjugale. Le thérapeute conjugal est une personne qui a reçu une formation délivrée par un institut agréé par le ministère, parfois en complément d’une formation initiale de psychologue ou de psychanalyste. Il existe en effet différentes écoles : des approches psychanalytiques ou comportementalistes. C’est au couple de choisir le thérapeute qui lui correspond. Dans le cadre de l’AFCCC – Association Française des Centres de Consultation Conjugale-, l’approche est psychanalytique. Il s’agit de faire émerger de l’inconscient ce qui crée des difficultés dans le couple.

TF : Que se passe-t-il lors de la première séance d’une thérapie conjugale ?

M. P. : La première séance, en conseil conjugal ou en thérapie, sert à faire émaner la demande du couple, à cerner le problème ; cela peut même prendre plusieurs séances, le couple doit prendre conscience de ce qu’il attend de cette démarche. On définit alors un  cadre, le nombre de séances et l’organisation de celles-ci.

TF : Toutes les séances se font-elles en présence des deux conjoints ?

M. P. : En effet on considère le couple comme une entité psychologique, si la thérapie a été initiée à deux elle doit se poursuivre à deux. Mais il est possible de suivre ce genre de thérapie seul, si la consultation se concentre sur la problématique du couple.

TF : Combien coûte une séance ?

M. P. : Le prix varie selon les départements. Si le thérapeute est en statut libéral, il fixe lui-même ses tarifs. Notre association nationale, l’AFCCC, regroupe des centres de consultation, où une grille tarifaire est observée. Cela oscille entre 40 et 60 euros pour une séance de 30 à 45 minutes. La thérapie conjugale n’est pas considérée comme un soin de santé et n’est donc jamais remboursée par la Sécurité sociale, mais il est parfois possible, pour les couples qui ont de faibles revenus d’aménager les tarifs ou la gratuité grâce aux subventions dont bénéficie l’association.

Le site de l’AFCCC

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