LA PMA de la discorde

LA PMA de la discorde
LA PMA de la discorde
Dans cette photo : François Hollande
PMA : trois lettres qui sèment la zizanie au sein du gouvernement et de la majorité. En plein débat sur le mariage pour tous, les violons socialistes ont beaucoup de mal à s'accorder sur un sujet sensible qui pourrait bien devenir explosif : l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes.
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Une fois de plus, le ministre de l’Intérieur a hérissé ses collègues de la majorité. « Non, je ne voterai pas la PMA si j’étais député socialiste. Je pense que cette question complexe mérite un débat approfondi », a lancé Manuel Valls quelques jours avant le début de l’examen du texte sur le mariage pour tous à l’Assemblée nationale. Une prise de position qui a exaspéré le patron des députés PS : « Et moi, si j'étais ministre de l'Intérieur, je n'aurais pas fait la même politique que toi », a rétorqué Bruno Le Roux qui milite pour l’inscription de la PMA dans la future loi sur la famille prévue pour fin mars. Cet échange musclé en dit long sur les fractures au sein de la majorité socialiste. La procréation médicalement assistée pour les couples de femmes soulève de nombreuses interrogations -notamment éthiques- chez un grand nombre d’élus et de membres du gouvernement. Ainsi, la ministre des Sports et de la Jeunesse Valérie Fourneyron –médecin de formation- ne cache pas ses réticences et souhaite, tout comme son collègue de la Place Beauvau, un débat sur la question.

Conscient de ces tiraillements dans son propre camp, l’exécutif cherche une porte de sortie qui ne s’apparenterait pas à un renoncement. Il l’a peut-être trouvé en la personne de Jean-Claude Ameisen, le président du comité consultatif national d’éthique. Il y a en effet quelques jours, le Chef de l’État François Hollande a indiqué son intention de saisir ce comité afin qu’il rende un avis sur la PMA. Or ce comité, composé de philosophes, de médecins, de scientifiques et de juristes demande du temps lorsqu’il est saisi de questions aussi délicates. C’est ce qu’a indiqué son président sur l’antenne de Public Sénat le 30 janvier dernier. « Cette question importante mérite une réflexion large et approfondie du comité. Cela peut durer plusieurs mois » a précisé le docteur Ameisen. Le gouvernement qui n’en demandait pas tant s’engouffre immédiatement dans la brèche contredisant la ministre de la Famille Dominique Bertinotti visiblement tenue à l’écart des derniers arbitrages. S’appuyant sur les déclarations de Jean-Claude Ameisen, Matignon affirme qu’il faudra du temps et donc attendre l’avis du comité d’éthique sur la PMA avant d’examiner cette question au Parlement. Autrement dit, la procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels pourrait être repoussée aux calendes grecques.

Ce report constitue une énième couleuvre à avaler pour une partie de la majorité qui soutient cet engagement du candidat Hollande mais un véritable ouf de soulagement pour de nombreux ministres qui s’inquiétaient auprès du Président, d’une fracture du pays au moment où les convulsions de la crise économique n’ont pas fini de martyriser notre tissu social.

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