Aliments radioactifs : les Japonais n'ont plus confiance en leur assiette

Aliments radioactifs : les Japonais n'ont plus confiance en leur assiette
Aliments radioactifs : les Japonais n'ont plus confiance en leur assiette
Alors qu'à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima en mars 2011, les limites légales de teneur en césium radioactif dans les aliments ont été relevées de façon provisoire, les Japonais sont de plus en plus méfiants vis-à-vis de leur alimentation.
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Les consommateurs japonais ont perdu confiance en leur alimentation depuis l’accident nucléaire de Fukushima. En mars 2011, le Tsunami qui ravage le Japon met en péril la centrale nucléaire Fukushima Daiichi : la fusion du combustible dans trois réacteurs de la centrale a dispersé des particules de césium et autres éléments radioactifs dans les airs et eaux aux alentours. Ces derniers se sont fixés sur les cultures ou ont été ingurgités par les animaux et poissons. Dès lors, comme le prévoient des procédures internationales d'urgence, les autorités ont relevé les limites légales de teneur en césium radioactif dans les aliments, les faisant passer de 100 à 500 becquerels de césium par kilogramme. Via cette disposition exceptionnelle qui sera levée le 1er avril 2012, des produits qui auraient été jetés auparavant ont été provisoirement autorisés à la vente.

Fraudes à l’étiquetage
Depuis, divers couacs et fraudes ont rendu les consommateurs très méfiants vis-à-vis des produits présents dans leur assiette. En effet, divers produits de la préfecture de Fukushima comme de la viande bovine, du lait, des champignons et certains légumes verts, ont été interdits à la vente car ils présentaient des niveaux de radioactivité supérieurs à la limite fixée par les autorités. Or, le riz cultivé dans cette région avait d'abord été déclaré consommable, avant que des tests complémentaires ne révèlent une contamination excessive de nombreux lots finalement interdits.
Par ailleurs, des cas de fraude ont augmenté la défiance des citoyens, suite à des affaires de changement intentionnel de l'origine affichée sur les paquets issus de Fukushima. Face à ces divers problèmes, les consommateurs, loin d’être convaincus et rassurés par les mesures de sécurité, se sont détournés de tout aliment provenant des alentours de la région polluée.

Relèvement temporaire des limites légales
En outre, le relèvement temporaire des limites légales a eu pour conséquence de nourrir le soupçon que le gouvernement s'intéressait davantage aux producteurs qu'aux citoyens. Selon Hiroaki Koide, professeur à l'Université de Kyoto, « la limite fixée était trop haute. Le gouvernement l'a décidée par commodité, plutôt que pour protéger les gens ». Quant à Takashi Sato, représentant des coopératives agricoles de la préfecture du nord-est, il est bien conscient que « les gens ne font pas confiance au système de contrôle du gouvernement ». « Nous aimerions qu'il convainque le public que les nouvelles limites garantissent la sécurité », plaide-t-il. Selon lui, malgré le retour prochainement à un plafond plus sévère du taux de radioactivité dans les aliments, la production de Fukushima restera boudée par les consommateurs soupçonneux.

Chute des exportations
La question se pose également sur l’exportation des produits japonais à l’étranger. Ainsi, les exportations d’aliments ont diminué de 7,4% en 2011 par rapport au niveau de 2010 et celles de produits de la mer ont chuté de 10,9%. Huit pays, dont la Chine et la Corée du Sud, bloquent toujours l'importation de légumes provenant de régions du nord et de l'est de l'archipel.

Source : AFP, Lepoint.fr
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