« Femme de la rue » : le sexisme ordinaire filmé en caméra cachée (Vidéo)

« Femme de la rue » : le sexisme ordinaire filmé en caméra cachée (Vidéo)
« Femme de la rue » : le sexisme ordinaire filmé en caméra cachée (Vidéo)
« Chienne », « salope », « pétasse » : dans certains quartiers de Bruxelles, les femmes changent d’itinéraire ou s'abstiennent de porter une jupe pour éviter de se faire insulter. Preuve à l’appui avec le film « Femme de la rue », dans lequel une réalisatrice flamande filme et dénonce en caméra cachée la violence du sexisme ordinaire.
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Sofie Peeters s’est d’abord demandé si ses robes étaient trop courtes, ses talons trop hauts, ses cheveux trop… châtains ? Etudiante en cinéma, elle s’est installée à Bruxelles il y a deux ans, et n’en est pas revenue de se faire autant insulter quand elle traversait son quartier. Elle a décidé d’en faire le sujet de son documentaire de fin d’études.

Dans « Femme de la rue », les amies et voisines racontent comment elles rusent pour éviter telle ou telle rue, comment elles ont renoncé aux jupes dans ce quartier populaire, comment elles baissent les yeux lorsqu’elles marchent seules.

« Alors les petites fesses »…
Mais surtout, la caméra cachée suit les pas de la réalisatrice ; traitée tantôt de « chienne », de « salope », de « pétasse », tantôt sifflée, klaxonnée, draguée ouvertement.

Pour se justifier, les intéressés parlent de compliments, demandent aux filles de répondre, plutôt que d’être méprisantes, de ne pas se promener seules ou de dire qu’elles sont mariées, et de montrer une bague à leur doigt…

En plein cœur de la capitale européenne, l’expérience est troublante. Bruxelles est-elle une ville plus machiste qu’une autre ? Pour la réalisatrice c’est bien plus une question de condition sociale des individus, la plupart résidant dans des quartiers populaires, « je ne le dis pas volontiers, mais il s'agit de personnes allochtones (d'origine maghrébine, ndlr) dans 95% des cas », fait-elle remarquer, soucieuse néanmoins de ne pas faire naître un faux débat : « s'il y a une forte proportion d'étrangers parmi les garçons qui me font des remarques, c'est parce qu'il y a aussi une forte proportion d'étrangers parmi les populations fragilisées. »

Le film a été présenté jeudi dernier à Bruxelles et diffusé sur une chaîne flamande. De vives réactions s’en sont suivies, notamment celle de l’échevin à la commune Philippe Close, qui appelle à la sanction des insultes sexistes par des amendes administratives. La commune aurait d’ores et déjà signé une convention avec le parquet pour que cela soit effectif dès le 1er septembre.

Vidéo : « Femme de la rue », reportage de la RTBF

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