Avortement en Espagne : No Pasaran !

Avortement en Espagne : No Pasaran !
Avortement en Espagne : No Pasaran !
La loi promulguée par le gouvernement de Mariano Rajoy ramène l'Espagne au degré zéro des droits féminins : interdiction d'avorter sauf en cas de viol ou de danger grave pour la mère.  Inacceptable pour un pays européen et frontalier de la France. Les femmes, les féministes, les hommes et les politiques sont appelés à manifester ce vendredi à 13h devant l'ambassade d'Espagne.
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Toutes les associations féministes seront évidemment sur le pied de guerre ce vendredi 27 décembre pour protester contre la loi sur l’avortement promulguée le 20 décembre par le gouvernement espagnol. Le rendez-vous est fixé à 13h Place Pierre Brisson (8e arrondissement), à deux pas de l’ambassade d’Espagne à Paris. 
Dans ce combat qui dépasse le féminisme parce qu’il représente un enjeu de société, toutes les femmes se sentent concernées en imaginant la régression dont seront victimes les Espagnoles, si le Parlement entérine la loi Ruiz-Gallardon dans quelques jours. 

Comment le projet de loi Ruiz-Gallardon supprime-t-il le droit à l’avortement ?

- Fin du droit d’avorter durant les 14 premières semaines de grossesse
- Le médecin qui pratique un avortement est passible de prison
- Une femme pourra avorter dans les deux cas suivants : dans les 12 premières semaines après un viol, ou si la grossesse représente un danger pour sa santé psychique et/ou physique 
- Dans ces cas de figue seulement, pour obtenir un certificat lui donnant le droit d’avorter, la femme devra s’adresser à deux médecins étrangers de la clinique où l’IVG doit être pratiquée. 
- Les cas de malformation du fœtus ne constitueront pas un argument recevable pour justifier un avortement, excepté si le fœtus présente une espérance de vie très limitée. 

Le risque est maximal de voir passer cette loi, puisque les élections populaires de décembre 2011 ont marqué la victoire du Parti populaire de Mariano Rajoy, parti conservateur qui n’avait pas caché son hostilité à l’IVG lors de sa campagne. 

Les signes d’un recul du droit à l’avortement en Europe ?

« L’attaque est extrêmement grave, estime Maya Surduts, de la Cadac (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et la contraception), et nous craignons que cette loi soit un signe annonciateur d’autres reculs en Europe », ajoute-t-elle. La montée des partis populistes et nationalistes dans de nombreux pays d’Europe a en effet de quoi inquiéter : « En Italie, cela fait des années que la question du remboursement de l’avortement est posée par les partis les plus conservateurs et proches de l’Église, en Irlande la loi est particulièrement sévère, et dans d’autres pays c’est la clause de conscience qui fait obstacle à ce droit.. » 
Si la situation du droit à l’avortement en Europe n’est pas encore dramatique, la rapidité avec laquelle l’Espagne est revenue sur la loi de 2010 montre à quel point cet acquis pour les femmes et la société toute entière est fragile. 

La France doit rester sur ses gardes

La France peut se croire à l’abri, et la réaction de Najat Vallaud-Belkacem le prouve : la ministre s’est dite « choquée » et « très préoccupée » par ce retour en arrière espagnol. Mais de son côté, Jean-Marie Le Pen a salué un projet de loi « intelligent » et « respectueux de la vie ». Lors de la campagne présidentielle de 2012, la présidente de FN Marine Le Pen avait émis l’idée de limiter les remboursements des IVG.



Ne déléguons pas sans cesse aux collectifs féministes notre droit à la colère : toutes les femmes peuvent et doivent s’assembler pour défendre leur liberté, leur mode de vie et leurs choix. Pour faire partie de la manifestation, rendez-vous sur Facebook ou sur le site du Planning familial. Et sur Twitter pour suivre les actions en France et en Espagne, et les débats provoqués notamment par un sondage très maladroit de BFMTV titré : « Avortement : Faut-il plus de limitations ? » Rapidement retiré, ce mauvais pas a donné naissance à un hashtag très populaire #sondecommeBFMTV...

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