Sexisme à Harvard : le doyen de l'université présente enfin des excuses

Sexisme à Harvard : le doyen de l'université présente enfin des excuses
Sexisme à Harvard : le doyen de l'université présente enfin des excuses
Pour la première fois de son histoire, Harvard a reconnu avoir favorisé ses étudiants masculins au détriment des femmes. Lundi 27 janvier, le doyen de la prestigieuse université, Nitin Nohria, a publiquement présenté ses excuses « au nom de l'école ». Mais ses regrets seront-ils suivis d'actions concrètes pour lutter contre le sexisme ?
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C'est un mea culpa auquel on ne s'attendait pas. Lundi 27 janvier, devant un parterre d'anciens élèves et d'universitaires réunis pour célébrer le cinquantième anniversaire du jour où les femmes ont été admises à Harvard, le doyen de l'université Nitin Nohria a publiquement présenté ses excuses à ces dernières. « Je reconnais que les femmes ont pu être victimes d'un manque de respect, se sentir laissées de côté et mal aimées par l'école. Je m'en excuse, au nom de l'université », a-t-il déclaré dans la salle de bal du Ritz Carlton de San Francisco, où était célébré l'événement.

Une première pour l'université, accusée jusqu'à encore récemment de véhiculer des clichés sexistes. Dans un article de septembre 2013 intitulé « Étude de cas à la Harvard Business School : l'égalité des sexes », le New York Times dressait notamment un portrait peu glorieux de l'université américaine : dans les amphithéâtres de l'Harvard Business School (HBS), les filles - qui ne représentent qu'un tiers des étudiants - seraient sous-notées par rapport à leurs camarades masculins, tandis que les femmes professeures sont encore largement minoritaires parmi le corps enseignant. Pire : le contenu même des cours a été épinglé comme foncièrement machiste. Le New York Times rapporte que les « études de cas » sur lesquelles planchent les étudiants ne portent sur des femmes dirigeantes que dans 9% des cas.

Harvard veut « encourager le succès féminin »

Le doyen Nitin Nohria n'est pourtant pas le seul à Harvard qui s'inquiète du peu de considération jusqu'ici portée aux femmes étudiantes et enseignantes. La révolution « pro-égalité » a, en réalité, commencé en 2007 quand Drew Gilpin Faust - une femme - est parvenue à accéder au poste de présidente de l'université. Cette dernière s'est lancé un pari risqué : changer en profondeur les programmes universitaires, ainsi que les règles et les rituels sociaux d'Harvard pour favoriser la réussite des femmes.

C'est dans cette perspective qu'à la rentrée 2013, l'université a mis en place un programme pour « encourager le succès féminin ». Pour aider les étudiantes à s'imposer lors des épreuves orales et favoriser leur réussite dans un environnement majoritairement masculine, des cours de prise de paroles en public leur sont désormais dispensés. Les étudiantes bénéficient également d'un nouveau barème de notation, établi en fonction du sexe du candidat.

Lors de son discours lundi, Nitin Nohria a également promis d'œuvrer plus activement pour l'égalité des sexes, notamment en doublant le nombre d'études de cas portant sur des femmes de la finance. Le doyen espère atteindre très prochainement 20% d'études de cas consacrées au leadership au féminin. Une mesure symbolique, qui, on l'espère, aura aussi un influence réelle sur l'égalité des sexes dans le milieu estudiantin et financier car, comme le rappelle CNN Money, 80 % des cas étudiés à la HBS sont ensuite repris par les autres écoles de commerce du monde.