Jean-Pierre Sueur : « le Sénat se prononcera pour une fiscalité plus juste »

Jean-Pierre Sueur : « le Sénat se prononcera pour une fiscalité plus juste »
Jean-Pierre Sueur : « le Sénat se prononcera pour une fiscalité plus juste »
Dans cette photo : Nicolas Sarkozy
Sénateur PS du Loiret depuis 2001, Jean-Pierre Sueur a été réélu dimanche lors du premier tour des élections sénatoriales. Il fait partie des 175 qui ont fait basculer le Sénat à gauche, situation inédite dans la Vème République. Réaction à chaud.
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Terrafemina : Vous êtes sénateur du Loiret depuis 10 ans, et venez d’être réélu dès le premier tour. A quoi attribuez-vous cette victoire ?

Jean-Pierre Sueur : C’est le fruit de beaucoup de travail dans le Loiret et au Sénat. Le journal Lyon capitale m’a classé premier sur 343 sénateurs en matière de travail parlementaire, selon divers critères comme la présence et l’activité. Cette fonction nécessite d’être à la fois très proche de son département et des élus locaux, et présent quatre jours par semaine au Palais du Luxembourg.

TF : Comment analysez-vous le passage à gauche du Sénat ?

J.-P. Sueur : Il y a d’abord l’effet mathématique et mécanique des élections locales depuis six ans. Les municipales de 2008, les régionales de 2010, puis les cantonales en 2011 se sont soldées par la victoire de la Gauche. Or, ce sont les conseillers municipaux, les conseillers généraux et les conseillers régionaux qui élisent, avec les députés, les grands électeurs qui à leur tour élisent les sénateurs. Le basculement à gauche résulte également du mécontentement profond de ces élus face à la réforme des collectivités territoriales, et je l’ai moi-même constaté dans le Loiret. Le sentiment partagé par la plupart est que l’Etat organise, avec cette loi, votée en 2010, une recentralisation, en imposant un maillage arbitraire entre les communes. Ils sont également préoccupés par l’avenir des finances locales. La taxe professionnelle a été supprimée, le manque à gagner a été compensé pour 2011… mais pas pour 2012, et à ce jour aucun gestionnaire de commune ou d’agglomération ne sait quelle sera sa ressource principale au 1er janvier 2012. J’ajouterais que le climat politique actuel et les divisions de la droite dans les départements n’ont pas aidé la majorité.

TF : Le Sénat peut-il entraver de façon significative l’action du gouvernement dans les prochains mois ?

J.-P. Sueur : Pour Nicolas Sarkozy, il serait beaucoup plus difficile de gouverner avec une Assemblée nationale à gauche. En France ce sont en effet les députés qui ont le dernier mot. Mais avec sa nouvelle majorité, le Sénat fera preuve d’une grande vigilance quant à l’autonomie des collectivités territoriales, à la justice sociale et au respect des libertés publiques. Le premier sujet abordé cet automne devrait être, à mon sens, la crise et la maîtrise des finances publiques. La majorité de gauche du Sénat ne sera pas favorable à une règle d’or qui ne résoudrait rien, mais elle se prononcera pour une fiscalité plus juste. Depuis quelques années, le Sénat se montre plus progressiste et très attentif aux libertés et au respect de la dignité humaine. Nous l’avons montré lors des débats sur les lois bioéthiques. Malheureusement, la plupart de nos propositions n’ont pas été suivies par les députés.



Jean-Pierre Sueur

Crédit photo : AFP

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