La maltraitance des personnes âgées se joue souvent dans le cercle familial

La maltraitance des personnes âgées se joue souvent dans le cercle familial
La maltraitance des personnes âgées se joue souvent dans le cercle familial
Contrairement aux idées reçues, la maltraitance des personnes âgées a plus souvent lieu dans le cercle familial que dans les maisons de retraite et institutions spécialisées. Ce vendredi, placé sous le signe de la lutte contre la maltraitance envers cette population, est l'occasion d'alerter l'opinion publique sur les abus dont elle est victime.
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Très médiatisée lorsqu’elle se déroule dans des maisons de retraites, la maltraitance des personnes âgées serait en réalité plus courante au domicile même des victimes, si l’on en croît les professionnels du secteur. La journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées est donc l’occasion de tirer la sonnette d’alarme.
« On entend beaucoup parler de cette maltraitance quand ça se passe dans des institutions spécialisées et ça choque tout le monde car elles sont commises par des professionnels formés. De même, on se représente facilement des violences physiques », constate ainsi Caroline Lemoine, porte-parole d'Habeo, qui gère le 3977, le numéro d’appel national contre la maltraitance des personnes âgées et des adultes handicapés. Et d’ajouter : « or une grande partie de la maltraitance est plus insidieuse et prend par exemple la forme de chantages au sein des familles ». Pour preuve, selon les statistiques d'Habeo, 77% des maltraitances signalées au 3977 en 2011, s’étaient produites à domicile.

Commises au domicile, souvent psychologiques, faites de dévalorisation, d'insultes, de menaces, de culpabilisation ou de privations de ressources, elles ont pour conséquence de réduire progressivement les droits des victimes. Et si Caroline Lemoine précise que « les maltraitances familiales surviennent souvent après le décès du conjoint d'une personne âgée, qui voit alors une partie de sa famille vivre de plus en plus à ses dépends », Jean-François Serres, secrétaire général de l'association « Les petits frères des pauvres » ajoute que l'isolement social est un facteur de risque aggravant. « L'isolement accroît la fragilité et la vulnérabilité des victimes potentielles », prévient-il.

Crédit photo : Hemera

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