Violences faites aux femmes : la reconnaissance d'une infraction spécifique

Violences faites aux femmes : la reconnaissance d'une infraction spécifique
Violences faites aux femmes : la reconnaissance d'une infraction spécifique
La Préfet de Paris et d’Ile-de-France Daniel Canepa et les services pénitentiaires de Paris ont signé ce matin une convention inédite pour lutter contre la récidive chez les auteurs de violence contre les femmes. Les conseillers d’insertion, en contact direct avec les conjoints violents, recevront une formation spécifique. Une reconnaissance de la complexité du phénomène de la violence conjugale. Eclairage.
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Jocelyne Magellaz est déléguée régionale aux droits des femmes et à l’égalité à la préfecture de la région Ile-de-France.

Terrafemina : Quel est l’objectif de la convention signée ce mardi en matière de lutte contre les violences faites aux femmes ?

Jocelyne Mongellaz : Il s'agit d'améliorer la prise en charge des auteurs de violences conjugales au sein du couple, en allant au-delà de ce qui est fait actuellement par les SPIP –services pénitentiaires d’insertion et de probation-, qui s'occupent à la fois des auteurs de violences condamnés à des peines de prison, mais qui interviennent également en milieu ouvert, dans le suivi socio-judiciaire des auteurs de violences. Cette convention va leur offrir une formation pour une prise en charge spécifique des auteurs de violences contre les femmes, qui ne sont pas des infractions comme les autres.

Tf. : Actuellement, les personnels pénitentiaires sont-ils sensibilisés à ces problématiques ? Quelles sont leurs difficultés au quotidien ?

J. M. : Cette convention émane justement de leurs besoins. Les conseillers ou conseillères d’insertion et de probation –car il y a de plus en plus de femmes dans ce métier- n’entendent souvent que la version de ces auteurs de violences, et se retrouvent sous l’emprise d’un discours qui remet toute la responsabilité sur la femme. Bien souvent ils peinent à trouver les mots et les méthodes pour déconstruire ces raisonnements et amener un changement de comportement.

Tf. : Quels sont les chiffres de la récidive en matière de violence conjugale et de violence sexuelle ? Quelles solutions vont être apportées en Ile-de-France, concrètement ?

J. M. : Nous n’avons pas de chiffres sur la récidive, et c’est l’un des objectifs de la convention que d’améliorer la connaissance du phénomène et le suivi des auteurs. Mais nous savons qu’une femme décède tous les 2 jours et demi, victime de son partenaire ou ex-partenaire, que ces homicides sont souvent la conclusion tragique d'un long parcours pour les femmes. Les violences contre les femmes au sein du couple sont en général répétitives, il faut un travail de fond sur les mécanismes de cette violence, et une réflexion sur les relations hommes-femmes dans le couple. La formation spécifique en trois jours dont vont bénéficier les conseillers des SPIP est inédite en France, inédite en France car elle va permettre de travailler avec la justice sur les hommes violents repérés suite aux plaintes , de faire  un travail de fond sur les mécanismes de cette violence, et une réflexion sur les relations hommes-femmes dans le couple.

Tf. : Ce dispositif signé pour l’Ile-de-France pourrait-il être étendu aux autres régions ?

J. M. : Nous voulons que tous les services pénitentiaires deviennent des acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes. L’objectif est donc bien sûr de se mettre en lien avec les commissions départementales d’action contre les violences faites aux femmes.  En 2012, environ 40 conseillers d'insertion et de probation vont ou ont bénéficié de cette formation financée par la délégation interministérielle, c'est encore trop peu, le but est de pérenniser ce dispositif.

Crédit photo : Brand X Pictures

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