Martine Aubry dit "pourquoi pas" au poste de Premier ministre

Martine Aubry dit "pourquoi pas" au poste de Premier ministre
Martine Aubry dit "pourquoi pas" au poste de Premier ministre
Dans cette photo : Martine Aubry
Alors qu'elle a désormais quitté son poste à la tête du PS, Martine Aubry se confie dans un entretien à Paris Match. Elle revient sur les conditions de sa succession et affirme qu'elle se verrait bien Premier ministre, si les circonstances l'exigeaient. A bon entendeur ?
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Après quatre années à la tête du Parti socialiste, Martine Aubry a rendu son tablier : depuis une semaine, elle a quitté ses fonctions de Première secrétaire du PS pour se concentrer exclusivement sur ses fonctions de maire de Lille et de présidente de la communauté urbaine. Loin de la rue de Solferino, est-elle portée par la nostalgie ? Ou bien éprouve-elle le besoin de dresser elle-même le bilan de ce mandat au PS ? Toujours est-il que l’on retrouve la très cash ex-patronne socialiste dans les pages de Paris Match pour un portrait « vérité », où elle se confie avec son franc-parler habituel. Il faut dire qu’on en a entendu des choses sur l’ancienne première dame du PS depuis les primaires socialistes, et les supputations sont allées bon train durant la campagne électorale, mais également lors de la composition du gouvernement et l’épisode de sa succession au PS. Il était temps de remettre les pendules à l’heure et d’avoir la version de la première intéressée.

« Premier ministre, pourquoi pas ? »

On la disait frustrée de ne pas avoir été nommée à Matignon, vexée de ne se voir proposer « que » le ministère de la Culture. Elle rétorque avoir toujours su que « François [Hollande] prendrait Jean-Marc [Ayrault]. Il ne sait travailler qu’avec des gens qui lui sont proches depuis toujours. » Quant au ministère de la Culture, « personne ne me l’a proposé ». Et si M. Hollande enchaînait deux mandats, la donne serait-elle différente ? « Mon objectif dans la vie n’est pas, comme d’autres, d’être Premier ministre. Mais si un jour c’est là où je me sens le plus utile, pourquoi pas ? ». Martine Aubry laisse la porte ouverte...

Alors que les conditions de sa succession et la nomination d’Harlem Désir à la tête du Parti socialiste ont créé de nombreuses vagues au sein du parti, Martine Aubry met là encore les points sur les i. Tout d’abord, elle assure que François Hollande n’a jamais souhaité son départ : il lui aurait au contraire assuré : « Si tu veux rester, c’est la meilleure des choses. Autrement, tu choisis ton successeur. Je te fais totalement confiance. Je ne veux pas me mêler de ça. » Quant à la nomination d'Harlem Désir, elle l’affirme : « Il n’y a eu aucun drame ». « Avec Jean-Marc [Ayrault], nous avons fait la tournée générale pour convaincre qu’il est le symbole du rassemblement tandis que le numéro deux Guillaume Bachelay, 38 ans, est celui du renouveau ».

Et elle n’a pas annoncé plus tôt sa préférence pour Harlem Désir face à Cambadélis, car si elle l’avait fait « dès juillet, il aurait été sali, abîmé, massacré. » A ceux qui lui reprochent d’être partie dès le lendemain de l’intronisation de M. Désir, elle rétorque : « Si j’étais restée pendant un mois, j’aurais entendu tous les jours : “Ah ! Elle veut partir en majesté en se faisant acclamer à Toulouse. Ah ! Elle veut se faire prier. Ah ! Peut-être même qu’elle veut rester.” Les Français ont d’autres chats à fouetter que ces conn... L’important est que le PS soit sur de bons rails et dans de bonnes mains. » On reconnait là le franc-parler légendaire de la maire de Lille.


Le sentiment du devoir accompli

Quant à son bilan, elle assure qu’elle a « le sentiment du devoir accompli » avant de revenir sur les victoires du PS : « On a gagné toutes les élections, on dirige 21 régions sur 22, on a pris le Sénat, trois millions de Français ont voté aux primaires qu’on prédisait un foutoir, on a pour la première fois la majorité absolue à l’Assemblée, l’un d’entre nous est chef de l’Etat ». « Entre le cadavre à la renverse, comme BHL avait qualifié le PS après Reims, et ce qu’il est devenu aujourd’hui, il n’y a pas photo », se félicite-t-elle. Endurcie, la maire de Lille l’est assurément après ces quatre années à la tête du PS. Et à ceux qui la voient déjà aux oubliettes, elle rappelle : « J’ai toujours eu ces périodes d’aller et retour entre le national et le local ». Les socialistes devront donc compter sur elle.

Crédit photo : AFP

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