Violences conjugales : 4 fois plus de victimes chez les femmes pauvres

Violences conjugales : 4 fois plus de victimes chez les femmes pauvres
Violences conjugales : 4 fois plus de victimes chez les femmes pauvres
Près de 2% des femmes ont été victimes de violences conjugales entre 2010 et 2012. Et il semble que la crise n'arrange rien : parmi les plus touchées, on compte les femmes issues des ménages aux revenus les plus faibles.
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C’est une enquête de longue haleine. Entre 2008 et 2012, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a interrogé pas moins de 66 920 personnes, âgées de 18 à 75 ans, leur demandant si elles avaient été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e) lors des deux années précédant l’enquête. Les résultats de cette étude, publiés mardi dans La Croix, révèlent que 1,25% des sondés déclarent avoir en effet été victimes de violences. Parmi les victimes, on compte une plus grande proportion de femmes : près de 2% (1,84%), soit quasiment trois fois plus de celle des hommes (0,64%). Sur deux ans, rapporté à la population totale, cela porte le nombre de victimes déclarées à 540 000.

« Si tous les milieux sociaux sont concernés, tous ne le sont pas à la même fréquence»

Pour Cyril Rizk, responsable des statistiques à l’ONDRP, « si tous les milieux sociaux sont concernés, tous ne le sont pas à la même fréquence. » Ainsi, parmi les femmes les plus touchées, l’étude révèle que l’on compte celles issues de ménages aux revenus les plus faibles. On observe ainsi le taux de violence le plus élevé, 3,5%, chez les femmes appartenant à la catégorie des 10% de Français dont le revenu est le plus faible. A contrario, la proportion de personnes se déclarant victimes de violences conjugales est quatre fois plus faible chez les femmes appartenant aux 10% des ménages les plus aisés (0,83%). Reste que dans un entretien à la Croix, le statisticien met en garde : « Il faut se garder de toute interprétation univoque. Car la pauvreté peut à la fois être à l’origine des violences au sein du couple, mais elle peut aussi être une conséquence de ces violences. »

Certaines tranches d’âges sont également plus ou moins touchées. L’étude note ainsi un plus fort taux de violences physiques ou sexuelles chez les 35 à 44 ans (1,08% d'hommes et 2,81% de femmes se déclarant victimes en deux ans). En revanche, la proportion de sondés se déclarant victimes baisse drastiquement chez les 65 -75 ans (0,4%).

En moyenne en France, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint.

Crédit photo : Stockbyte

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