Dopage : "Les femmes sont des sportifs de haut niveau comme les autres"

Dopage : "Les femmes sont des sportifs de haut niveau comme les autres"
Dopage : "Les femmes sont des sportifs de haut niveau comme les autres"
Dans cette photo : Jeannie Longo
Cette semaine sportive a tremblé sous l'onde de choc Armstrong : le cycliste américain convaincu de dopage s'est vu dépossédé de ses sept titres de champion du Tour de France, remettant sur le devant de la scène les enjeux du dopage. Son nom vient ainsi s'ajouter à une longue liste de grands sportifs contrôlés positifs. Et les sportives ? Le docteur Véronique Lebar, responsable du service médical de l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), décrypte le dopage chez les femmes.
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Terrafemina : Quels sont les exemples de sportives qui ont été contrôlées positivement aux tests de dopage ?

Véronique Lebar : Il n’y a pas eu de grandes affaires comme celle d’Armstrong, inédite en son genre de par son envergure. Mais évidemment, des femmes sportives se sont faites contrôler positives, même si on en parle peu et peu souvent. Il y a des noms qui ont marqué l’histoire du dopage féminin, comme Marion Jones, Katerina Thanou ou encore Rebecca Gusmao.

Tf : Les femmes sont-elles autant testées que les hommes ? Que montrent les chiffres : sont-elles autant concernées par le dopage que leurs homologues masculins ?

V.L. : Dans le monde sportif, on compte deux tiers d’hommes et un tiers de femmes. Nous effectuons autant de contrôle de dopage chez les sportives que chez les sportifs. S’il y a automatiquement plus d’hommes dopés, en termes de proportions il y a cependant très peu de différences : on compte seulement 1% de femmes dopées de moins que d’hommes. Cela ne me surprend pas : à partir du moment où ils entrent dans le système sportif, particulièrement de haut niveau, les hommes et les femmes sont égaux dans leurs objectifs. Ils n’ont qu'un seul but : gagner. Et le dopage, au-delà des performances qu'il permet, c’est aussi le petit coup de pouce magique qui donne le sentiment d’être plus fort, de pouvoir gagner et permet de s’affirmer, d’avoir confiance. Tous les sportifs, hommes ou femmes, peuvent être tentés. Une fois entrés dans la boucle du sport de haut niveau, ils ont tous accès au même réseau d'entraîneurs, de médecins... Des équipes qui mettent autour du sportif tous les moyens de gagner. Et là, il n’est plus question de sexe, la sportive de haut niveau est un sportif comme les autres.

Tf : Pourquoi entend-on alors moins parler du dopage des femmes ?

V.L. : Le milieu sportif est très clairement macho. Par ailleurs, les sports les plus médiatiques ne sont pas ceux où les femmes sont le plus représentées. Le patinage ou la GRS par exemple sont loin d’être aussi populaires que le football ou le judo. Et même si l’on compte des équipes féminines de qualité dans ces disciplines, les hommes restent plus médiatiques que les filles. Il en va logiquement de même pour le dopage.

Tf : Une sportive qui se dope, c'est donc moins grave qu'un sportif qui se dope ?

V.L. : Non, je dirais plutôt qu'une sportive qui se dope, ça n’intéresse personne. La médiatisation va d’instinct vers les hommes, c’est un fait. En revanche, si les stars féminines du sport, comme Mauresmo ou Manaudou en leur temps, avaient été contrôlées positives, cela aurait évidemment fait tout un foin. Mais la sportive tout venant, on s’en moque.

Crédit photo : iStockphoto

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