Débat sur le mariage gay à l'école : Peillon refuse que la division gagne les salles de classes

Débat sur le mariage gay à l'école : Peillon refuse que la division gagne les salles de classes
Débat sur le mariage gay à l'école : Peillon refuse que la division gagne les salles de classes
Les Institutions éducatives catholiques de France voulaient débattre du mariage gay dans les écoles. Impensable pour Vincent Peillon qui refuse que la division de la classe politique sur le sujet gagne les salles de classe.
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En désaccord sur le débat sur le mariage pour tous dans les écoles, l’enseignement catholique, par la voix d'Éric de Labarre, et Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, entretiennent des relations tendues depuis plusieurs semaines. Premier acte : Éric de Labarre, secrétaire général des institutions éducatives catholiques de France, rédige une lettre avant les congés de Noël, incitant les enseignants à ouvrir le débat du mariage pour tous au sein de l’école. Vivement critiqué, il réplique en évoquant... une maladresse. Ce qu'il souhaite, explique-t-il, c'est un débat « entre adultes, entre professionnels de l’éducation » : « Il n'est pas question d'organiser spontanément des débats dans les classes avec les élèves ».

Réponse de Vincent Peillon

En réponse à l’envoi de cette missive, Vincent Peillon a écrit vendredi 4 janvier aux recteurs d’académie pour les mettre en garde contre l’arrivée du débat sur le mariage pour tous au sein de l’institution laïque : « Les enfants ont des interrogations, mais nous n'avons pas la naïveté de croire lorsque nous sommes des adultes responsables, que nous ne sommes pas dans un moment particulier. Pour ce sujet, comme pour d'autres, je pense que cela ira mieux, pour en parler tranquillement et sereinement, dans six mois, dans un an », ajoutant qu'il y a « des instrumentalisations par des gens qui sont peut-être des deux côtés d'ailleurs, des extrémistes, et la responsabilité des uns et des autres est d'éviter que cela gagne les salles de classe. »

L’UMP définitivement contre

L’opposition s’est également fait entendre. Laurent Wauquiez, ex-ministre UMP a notamment avancé dans un entretien au Figaro que « Peillon cherche à culpabiliser les chrétiens et à faire croire que l'opposition au mariage homo et à l'adoption est le fait d'une minorité ». Tandis que Luc Chatel dans le JDD dénonce la mauvaise foi du gouvernement : « Je suis surpris que, d’un côté, on trouve normal d’organiser des débats dans les établissements publics par toutes les associations partenaires de l’Éducation nationale, sur tous les sujets, sans jamais dans ces cas-là invoquer la neutralité pour les empêcher, et que, de l’autre, on refuse que les établissements privés sous contrat organisent des débats sur l’évolution de la famille et le mariage homosexuel. »

« Il n’y aura pas de guerre scolaire »

Après des discussions de plus en plus âpres entre les deux camps, Vincent Peillon a tenu lundi 7 janvier à désamorcer le conflit, en s’exprimant sur RTL : « Je promeus dans ce pays une laïcité ouverte, il n'y aura pas de guerre scolaire. La polémique est avivée par la droite et pas par l'Église catholique. Il n'est pas question pour le gouvernement de réveiller une quelconque guerre scolaire. »

À moins d’une semaine de la manifestation contre le mariage pour tous organisée par les opposants au projet, le ministre de l’Éducation nationale a tenu à rappeler que l’enseignement catholique « qui est sous contrat avec l'État, doit respecter le principe de neutralité et de liberté de conscience de chacun. Il est du devoir de l'État d'être garant du respect de ces principes ».

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