PMA : les tergiversations d'un gouvernement aux abois

PMA : les tergiversations d'un gouvernement aux abois
PMA : les tergiversations d'un gouvernement aux abois
Faut-il ou non défendre la procréation médicalement assistée pour les lesbiennes ? Ce sujet pour le moins épineux embarrasse le gouvernement, en plein débat sur le mariage pour tous. La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, espère de son côté voir ce projet passer, quitte à changer la dénomination de la PMA et à l'ouvrir à tous.
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« Pensez à tous ces enfants qui, cherchant d'où ils viennent, ne trouveraient que des éprouvettes, des banques de sperme, des ventres loués, des manipulations génétiques, peut-être, un jour, des utérus artificiels… [...] Pensez à ces enfants qui pourraient avoir des dizaines, des centaines peut-être, de frères et de sœurs, qu'ils ne connaîtraient pas et qui pourraient s'épouser entre eux sans le savoir » : tel est le plaidoyer contre la procréation médicalement assistée qu’a adressé à François Hollande Henri Guaino dans une lettre de cinquante pages. En plein débat sur le mariage gay, la possibilité d’ouvrir la PMA aux couples de même sexe cristallise nombre de tensions et n’a pas fini de porter des divisions. Face à la critique, le gouvernement tergiverse. Et aura bien du mal à respecter le calendrier qu'il s'était fixé. Si certains ministres clament haut et fort leur position en faveur de la PMA, comme la ministre de la Famille Dominique Bertinotti, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, d’autres y sont moins voire pas du tout favorables, à l’instar de Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, ou de Christiane Taubira, Garde des Sceaux.

De quoi donner des sueurs froides

Dans ce contexte, l’avenir de la PMA n’est pas assuré. Et Najat Vallaud-Belkacem monte au créneau pour défendre l’ouverture de la procréation médicalement assistée, quitte à renommer la procédure et à l'ouvrir pour tous. Ainsi, dans une interview sur BFMTV le 28 janvier dernier, la porte-parole du gouvernement l’assure : « Se pose même la question de la dénomination de l’acte. On parle d’une assistance médicale à la procréation et donc certains vous disent que cela doit répondre à des situations de stérilité médicale quand le fait d’être en couple homosexuel est une situation de stérilité sociale ». Et de confirmer que la PMA, ou son concept apparaissant sous un autre intitulé, fera partie de la loi sur la famille. « Nous ferons en sorte qu’il soit voté avant la fin 2013 », a souligné Mme Vallaud-Belkacem, faisant référence au texte qui « devrait être prêt d’ici fin mars ». Une question très sensible pourtant, qui avait été écartée dès le mois de septembre dernier de la loi sur le mariage pour tous, avant que les députés socialistes ne le fassent revenir via leur amendement sur la PMA. Puis, nouveau rebondissement : les élus socialistes font marche arrière le 10 janvier dernier, en renonçant à leur amendement. Le sujet sera finalement intégré à la loi sur la famille in extremis. De quoi donner des sueurs froides à ses partisans. Et nourrir l’espoir de ses détracteurs.

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