Sexisme : le rugby et les femmes

Sexisme : le rugby et les femmes
Sexisme : le rugby et les femmes
Lors d’une de ses conférences, Serge Ginger mentionnait que si l’on présentait un ballon au sol à un jeune enfant, celui-ci n’aurait pas le même comportement suivant qu’il est de sexe masculin ou féminin. Les petits garçons auraient tendance à shooter au pied dans le ballon alors que les petites filles auraient une préférence pour le prendre dans les bras. En gros, cela signifierait que les garçons seraient prédisposés à la pratique du football alors que le rugby serait plutôt un sport féminin.
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Un sport de voyous pratiqué par des gentlemen…


Et en cette deuxième rencontre de l’équipe de France de rugby en Nouvelle Zélande aujourd’hui samedi 15 Juin à Christchurch (en direct sur Canal+ à partir de 9h35), il est difficile de s’empêcher de repenser à l’une des précédentes confrontations entre ces deux nations.
Mais bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est exactement ça ! Lorsque Sébastien Chabal s’en va détruire la mâchoire d’Ali Williams, il exprime là toute sa féminité. C’est clair, y’a pas doute ! Et les journalistes de la perfide Albion n’ont assurément pas noté cette subtilité lorsqu’ils ont suggéré que celui qu’on surnomme l’homme des cavernes mange les enfants. Peut-être étaient-ils obnubilés par la définition qu’on donne du rugby : un sport de voyous joué par des gentlemen…en oubliant qu’il l’est aussi par des ladies.


Le sexisme, c’est pas mon genre


N’en déplaise à certains, comme par exemple Bernard Lacombe, la pratique de ces deux disciplines tend à se développer chez la gent féminine en France, suivant ainsi l’exemple d’autres pays, notamment anglo-saxons, où une activité sportive régulière est loin d’être uniquement l’apanage des hommes.
Et si l’on ne peut occulter l’influence des hormones sur les comportements, les stéréotypes ont la vie dure comme le prouve une bonne partie de la conférence mentionnée ci-dessus. Car au vu des études sur le genre ou des découvertes en neurobiologie, l’on est en droit de se poser la question de l’emprise de la société et de l’inconscient parental sur les comportements des individus même très jeunes.

Comment mieux appréhender ce que Carl Gustav Jung nommait l’inconscient collectif sur le développement et l’évolution de chacun ? Surement en faisant changer les consciences grâce à l’organisation plus fréquente d’événements, tels que le sexisme, c’est pas mon genre, qui débattent des représentations que nous avons du masculin et du féminin.

On ne nait pas femme, on le devient…tout comme on ne nait pas homme, on le devient


Car si en grande majorité les individus naissent avec un matériel génétique et des caractéristiques déterminantes rattachés à leur sexe distinctif (génotype XX/XY, ovaires/testicules, vagin/pénis etc.), il faut éviter de faire un amalgame catégorique entre mâle et femelle d’un côté, et homme et femme de l’autre.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Serge Ginger parle de cerveaux masculins ou féminins en mettant à chaque fois des guillemets, pour éviter cette confusion et suggérer, comme le fit à son époque Simone de Beauvoir, que si notre sexe est déterminé à la naissance, notre genre l’est en fonction de notre « existentialisme ».

Et en faisant un court parallèle entre le rugby et l’existence féminine – on pousse de toutes ses forces pour faire sortir une sorte d’œuf (symbole de la vie) que l’on porte le plus loin possible ou le passe à des mains expertes pour le bonifier, on se sacrifie en permanence corps et âme pour le bien de tous - alors qu’il est plus difficile d’en faire de même pour le football – où dès qu’un joueur prend un coup il gémit tels un malade dépeint dans un sketch de Florence Foresti, je me demande si le rugby, c’est vraiment mon genre…