Violences faites aux femmes : la formation des médecins, une urgence

Violences faites aux femmes : la formation des médecins, une urgence
Violences faites aux femmes : la formation des médecins, une urgence
Une femme sur trois dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles. Quels soins pour les victimes en France ? Comment prendre en charge les auteurs de ces violences ? Quelle formation pour les professionnels de la santé souvent aux premières loges face à ces femmes victimes ? Najat Vallaud-Belkacem a avancé des pistes suite à la tenue du Colloque sur les violences faites aux femmes les 2 et 3 septembre comme un triptyque : « prévention, protection et punition ».
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« Le recours privilégié des femmes victimes de violence n’est pas le policier, c’est le médecin » : à l’issue du colloque sur les violences faites aux femmes organisé les 2 et 3 septembre, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem pointe du doigt l’importance de l’organisation des soins pour les victimes. Durant deux jours, psychologues médecins généralistes, gynécologues mais également associations, représentants du monde juridique ou encore avocats ont ainsi échangé, débattant de l’urgence de mieux former le corps médical mais également d’assurer la prise en charge des auteurs de violences. Parmi les intervenants, le professeur Roger Henrion, membre de l’Académie nationale de médecine et auteur de nombreux travaux sur les femmes victimes de violences, a rappelé comme une évidence trop souvent oubliée l’impact de la violence sur la santé physique et psychique des femmes. « Le rôle des médecins peut paraître simple : écouter, assurer les soins, constituer le dossier, rédiger un certificat médical, orienter la patiente et éventuellement faire un signalement », énumère-t-il. Et pourtant, « cela nécessite du temps, de la disponibilité et surtout une bonne connaissance de la question, ce que beaucoup de médecins ne possèdent pas », assure-t-il. La solution : mieux former le corps médical pour mieux déceler et soigner les victimes.

2/3 des médecins ne se considèrent pas formés pour prendre en charge les victimes

La ministre des Droits des femmes acquiesce et l’assure : la prochaine étape suite à ce colloque est la mise en place d’un travail avec la MIPROF (mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences) qui s’appuiera sur la nouvelle enquête VIRAGE (Enquête nationale sur les violences subies et les rapports de genre) menée par l’INED. « La formation des médecins est un engagement que nous prenons très au sérieux », souligne Najat Vallaud-Belkacem. C’est dans cette optique que la MIPROF réunira les professions médicales le 20 novembre prochain. Une urgence quand on sait que les deux tiers des médecins interrogés considèrent qu’ils ne sont ni formés ni même compétents pour traiter les femmes victimes de violences. « Nous devons organiser le système de soins pour qu’il dépiste toutes les violences et oriente les victimes », avance la ministre. S’inspirant des politiques appliquées chez nos voisins britanniques, Najat Vallaud-Belkacem assure par ailleurs vouloir engager des « actions nationales de sensibilisation » sur la question des violences faites aux femmes.   

Punir les agresseurs

Autre volet du colloque, celui de la prise en charge des auteurs de violences faites aux femmes. Et sur ce sujet, la ministre est claire : la « punition » doit être sévère. Parmi les pistes de travail évoquées par la ministre, les programmes de prévention de la récidive qui sont actuellement débattus. Dans l’idée de développer des partenariats entre les professions et les associations, Mme Vallaud-Belkacem souhaite par ailleurs la « création d’un centre national de référence sur la prise en charge en médecine générale des violences faites aux femmes » et l’identification dans « chaque région d’un centre de ressources, chargé de piloter des réseaux de soins ». « Dans de nombreux pays il existe des comités municipaux de coordination des soins contre les violences faites aux femmes », explique la ministre. « Pourquoi ne pas envisager une coordination de ce type, ouverte sur la ville, autour des centre médico-psychologiques ? ». L’idée restant la même : faire que « le chemin qui relie la porte du commissariat ou de la gendarmerie à l’hôpital ne soit pas un parcours du combattant » pour les victimes.

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