Roms : Claude Bartolone s'attaque à la mendicité avec enfant

Roms : Claude Bartolone s'attaque à la mendicité avec enfant
Roms : Claude Bartolone s'attaque à la mendicité avec enfant
Dans cette photo : Nicolas Sarkozy
Invité dimanche sur les ondes de Radio J, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a estimé qu'il fallait interdire la mendicité des adultes avec des enfants mineurs. Mais depuis 2003, une loi condamne déjà cette pratique très courante au sein de la communauté rom. Toutefois, son application s'avère difficile.
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Quelques jours après les propos du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sur l’intégration des roms, le président socialiste de l’Assemblée nationale a à son tour abordé cette épineuse question, dimanche, sur les ondes de Radio J. Claude Bartolone a ainsi estimé qu’il fallait « aider les familles qui permettent à leurs enfants d’être scolarisés régulièrement à s’intégrer dans la société française ». En revanche, il a prôné l’interdiction de la mendicité des adultes avec des enfants mineurs ; une pratique courante au sein de la communauté rom. « Lorsque vous avez des journées entières, des mères en particulier, qui mendient avec des enfants en bas âge, il y a des choses qui ne peuvent pas être acceptées », a-t-il estimé. L’ancien président du conseil général de Seine-Saint-Denis – département qui compte le plus grand nombre de campements -, a par ailleurs fait savoir que les autorités  devaient être en mesure d’aider les familles confrontées à de telles situations. « Les collectivités locales savent le faire, il y a l’aide sociale à l’enfance, un certain nombre de structures qui permettent de prendre en compte ce genre de choses », a-t-il encore indiqué.

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En proposant l’interdiction de la mendicité, Claude Bartolone ne fait que recycler une idée de Nicolas Sarkozy, à l’époque où ce dernier était encore ministre de l’Intérieur. En effet, comme le rappelle Le Figaro, il avait voulu sanctionner la mendicité avec mineur dans sa loi de sécurité intérieure. Ainsi, le code pénal considère désormais que le fait de « maintenir un enfant de moins de six ans sur la voie publique ou dans un espace affecté au transport collectif de voyageurs, dans le but de solliciter la générosité des passants » constitue un délit de privation de soins. Selon le texte, les contrevenants encourent une peine de sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Problème, dans les faits, suite à une décision de la cour de cassation datant de 2005 faisant jurisprudence, le délit ne peut être constaté que si le maintien de l’enfant sur la voie publique compromet sa santé.

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