Moins d’une femme sur cinq aurait aimé être un homme

Moins d’une femme sur cinq aurait aimé être un homme
Moins d’une femme sur cinq aurait aimé être un homme
Pourquoi aimons-nous tellement être femmes ? Selon les résultats de la troisième vague de l'observatoire Terrafemina-CSA-20minutes « Dans le miroir des femmes », les Françaises, dans leur grande majorité, n'auraient pas aimé être un homme. Pourtant, près d'une sur deux affirme que son statut a déjà été un frein dans sa vie professionnelle. Alors, comment expliquer notre attachement à cette précieuse et complexe féminité ? Décryptage...
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Et vous, auriez-vous aimé être un homme ? À l’occasion de la troisième vague de l’observatoire « Dans le miroir des femmes », en partenariat de l’institut CSA, Terrafemina et 20 Minutes ont interrogé les femmes sur leur rapport à leur sexe dans le cadre d’un sondage exclusif. Verdict, moins d’une femme sur cinq aurait aimé être un homme. Un chiffre étonnant ? Pas de l’avis de Nicolas Fert, chargé d’études sénior chez CSA. « Ce résultat montre que les femmes sont suffisamment satisfaites de leur vie pour ne pas se renier complètement en souhaitant être des hommes. Et c’est assez logique car elles ont pleinement conscience des avantages que procure le fait d’être une femme ».  Parmi ces derniers, le fait de pouvoir enfanter est plébiscité par 41% des répondantes. Un privilège qui semble particulièrement apprécié des femmes en couple avec enfants (56%) mais aussi de celles âgées de 25 à 34 ans. Outre la maternité, trois autres bénéfices sont fréquemment cités : le fait de faire partie d’une génération qui voit évoluer le droit des femmes (30%), d’avoir la possibilité, aujourd’hui, de cumuler les rôles de mère, de compagne et de professionnelle (29%) mais aussi d’assumer sa féminité (28%).

44% des femmes freinées dans leur vie professionnelle en raison de leur sexe

Toutefois, l’attachement des femmes à leur sexe cache une autre réalité. « Si elles dressent un tableau plutôt positif de leur situation dans la sphère personnelle ou de l’intime, on note en revanche un pessimisme plus important s’agissant du domaine professionnel où elles envient les facilités dont bénéficient les hommes ». En effet, 31% des femmes (42% des 18-24 ans et 40% des cadres) exprimeraient le désir d’être un homme pour, avant tout, jouir d’une meilleure rémunération. Pour 26%, c’est surtout la possibilité d’accéder plus facilement à des postes à responsabilités qui motive ce souhait. « Par ailleurs, les retours d’expériences professionnelles sont révélateurs de cette perception », note Nicolas Fert. Et de rappeler que « près d’une sondée sur deux (44%) déclare avoir déjà été freinée dans sa vie professionnelle en raison de son sexe, dont 54% chez les femmes au chômage et autant chez celles travaillant à leur compte. Ces chiffres sont la preuve qu’il y a encore de grosses inégalités entre  les hommes et les femmes dans l’accès au marché du travail mais aussi dans la création d’entreprise ».  

Au vu de cette réalité, on ne s’étonnera pas que les femmes soient 73% à juger que le féminisme a encore un sens aujourd’hui. « C’est un chiffre étonnant par son importance d’autant que parmi ces répondantes, 50% jugent qu’il reste des inégalités à combattre. Il ne s’agit donc pas d’un féminisme symbolique, qui rendrait hommage aux accomplissements des féministes d’hier, mais d’une véritable lutte militante pour parvenir, entre autres, à s’imposer dans la société actuelle et dans le monde du travail ». Finalement, seules 23% des femmes estiment qu’il n’y a plus d’inégalités à combattre. À noter qu’outre l’aspect professionnel, un quart des femmes, et plus particulièrement celles âgées de 18 à 24 ans (34%), voient comme un avantage masculin le fait d’être moins exposé aux jugements sur le physique.

La femme de 2013 assume son corps et ses ambitions

Des chiffres qui recoupent les conclusions de la première vague de l’observatoire « Dans le miroir des femmes » selon lesquelles les femmes entretiennent un rapport complexe avec leur corps. Ainsi, si pour 61% d’entre elles, ce corps est une « part de leur identité », 21% n’y voient en revanche qu’une « simple enveloppe corporelle ». De même, seule une minorité lui attribue un rôle décisif puisque 15% d’entre elles le considèrent comme un « handicap » et 13% comme « un atout, un moyen de séduction ».  Et finalement, si la femme de 2013 assume sa féminité et son corps, la deuxième vague de cet observatoire nous a également permis de montrer qu’elle était désormais une ambitieuse revendiquée. Aujourd’hui, près d’une sondée sur deux reconnaît en effet avoir de l’ambition. Fini le cliché de la carriériste arriviste et insupportable aux dents qui rayent le parquet : cette notion est désormais connotée plutôt positivement. Un trait de caractère qui, sans nul doute, aidera les femmes à s’assumer et à s’imposer dans tous les domaines de leur vie.

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Découvrez les résultats complets de la troisième vague de l'étude CSA pour Terrafemina et 20Minutes "Dans le miroir des femmes" 

Et découvrez la synthèse des trois vagues de l'étude CSA qui clôture l'Observatoire.

*«Qu’est-ce qu’être une femme en 2013», sondage réalisé par l’Institut CSA par Internet du 29 octobre au 7 novembre 2013 auprès d’un échantillon de 1.054 femmes âgées de 18 ans et plus,issues d’un échantillon national représentatif de 2.015 Français âgés de 18 ans et plus, résidant en France, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle), après stratification par région et taille d’agglomération.

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