Violences faites aux femmes : les féministes dénoncent le manque d'ambition du plan triennal

Violences faites aux femmes : les féministes dénoncent le manque d'ambition du plan triennal
Violences faites aux femmes : les féministes dénoncent le manque d'ambition du plan triennal
Vendredi 22 novembre, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem présentait le plan interministériel contre les violences faites aux femmes, qui prévoit notamment un renforcement des structures d'accueil et de soins aux victimes. Des mesures jugées insuffisantes par les associations féministes, qui dénoncent le discours « décalé » de la ministre et le manque d'ambition du gouvernement.
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Trois jours avant la Journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, célébrée ce lundi 25 novembre, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a présenté vendredi le plan d'action interministériel pour lutter contre les violences faites aux femmes. Doté d'un budget de 66 millions d'euros qui seront déployés sur trois ans, ce 4e plan triennal prévoit notamment la mise en place d'un protocole simplifié pour le recueil des plaintes, un renforcement des structures d'accueil et de soins aux victimes et la création de 1 650 places d'hébergement d'urgence supplémentaires d'ici 2017.

Un « manque de courage politique »

Si Najat Vallaud-Belkacem a rappelé vendredi que la lutte contre les actes de violence contre les femmes était une « priorité de santé publique », les moyens déployés par le ministère restent, selon les associations féministes, loin d'être suffisants. Nombreuses sont celles qui dénoncent le manque d'ambition du plan triennal et son manque de connaissance de la réalité de terrain. Citée par Le JDD, la présidente de l'association Paroles de femmes Olivia Cattan ne cache pas sa déception : « Au lieu de nous faire de jolis discours sur le plan d'action qu'on va mettre en place, la première urgence, c'est de créer des places d'hébergement », juge-t-elle dans une vidéo mise en ligne par Paroles de femmes, et qui montre les difficultés que rencontrent l'association pour trouver une place en hébergement d'urgence à une femme victime de violences conjugales, ainsi qu'à ses enfants. Chaque année toujours le même discours mais sur le terrain, la situation se dégrade », poursuit Olivia Cattan sur le site de l'association. Il est « temps de montrer à quel point aujourd'hui les discours politiques sont décalés par rapport à la réalité du terrain et à la détresse des femmes battues ».

Même son de cloche du côté de Ni Putes ni Soumises. Interrogée par Le Figaro, Asma Guenifi semble résignée. « Les grandes cérémonies ministérielles et les journées nationales passent, mais les violences, elles, restent. Je ne m'attends à aucune annonce révolutionnaire. Ce gouvernement manque de courage politique. Nous demandons une loi cadre, nous demandons des moyens. Ces mesures seront, je pense, décevantes, pour ne pas dires ridicules. »
Pourtant proches du PS et du gouvernement, les militantes d'Osez le féminisme reprochent elles aussi au ministère des Droits des femmes d'avoir omis un volet des violences faites aux femmes pourtant essentiel, et au cœur du débat social actuel : celui sur la prostitution. « Nous nous réjouissons de la mobilisation du gouvernement, mais intégrer la prostitution à la lutte contre les violences faites aux femmes aurait été le meilleur moyen d'affirmer qu'il s'agit bien d'une violence, estime la porte-parole d'OLF Juliette Muret. Je pense que la ministre voulait éviter la confusion entre tous les sujets, mais nous sommes peu convaincues », admet-elle.

Le ministère du Droit des femmes défend son plan d'action

De son côté, le ministère du Droit des femmes assure que le plan interministériel présenté vendredi est en adéquation avec la réalité vécue par les associations de terrain et que Najat Vallaud-Belkacem est « complètement consciente des insuffisances actuelles ». « Arrêtons avec les plans trop ambitieux et qui ne sont pas appliqués, comme l'était le précédent plan triennal sous la droite. Celui-ci fixe un nombre de mesures plus limitées et surtout plus concrètes […] Il faut faire la part des choses entre l'appréciation personnelle et les chiffres. On ne peut pas demander à un ministère d'avoir des résultats immédiats quand un plan vient d'être adopté », estime l'entourage de la ministre.

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