Sages-femmes : malgré la création d’un statut médical, "le combat continue"

Sages-femmes : malgré la création d’un statut médical, "le combat continue"
Sages-femmes : malgré la création d’un statut médical, "le combat continue"
Après près de cinq mois de conflit marqués par des manifestations et des grèves,  la ministre des Affaires sociales et de la Santé a annoncé mardi 4 février une série de mesures en faveur des sages-femmes. La création d'un statut indépendant au sein des hôpitaux publics n'a cependant pas apaisé les blouses roses, qui entendent continuer le combat.
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Lors d'une conférence de presse ce mardi matin, Marisol Touraine a annoncé la création d'un statut médical des sages-femmes des hôpitaux, au sein des hôpitaux publics. « Les compétences des sages-femmes seront désormais identifiées et reconnues comme médicales sans aucune ambiguïté, a souligné la ministre, il s'agit d'une rupture totale avec le passé puisque leur profession n'est plus paramédicale ». Le décret qui instituera ce nouveau statut sortira « dans les prochains mois », a-t-elle précisé.

Ecœurement et incompréhension

Une partie des sages-femmes réclamaient la création d’un statut de praticien hospitalier, comme les pharmaciens, les biologistes ou les dentistes, et n’ont donc pas obtenu gain de cause. Pour Céline Vicrey, sage-femme en région parisienne, « cela ne change rien à la situation ». Elle déplore que le statut actuel des sages-femmes les empêche de faire correctement leur métier et accuse les médecins de sexisme à l’égard des blouses roses, majoritairement féminines : « Pourquoi n’aurait-on pas le même statut que les dentistes et les pharmaciens alors que notre rôle d’accompagnement auprès des femmes qui accouchent est essentiel ? ». Evoquant l’incompréhension et l'écoeurement des sages-femmes à l’issue des annonces de Marisol Touraine, Céline Vicrey affirme que « le combat continue et la grève va continuer, mais on ignore encore sous quelle forme. » Et d’ajouter : « Ce qui est sûr, c’est que s’il y a un durcissement du mouvement, c’est de la faute de la ministre, pas des sages-femmes ».


C'est le même son de cloches auprès de Caroline Raquin, présidente du syndicat de sages-femmes ONSSF et membre du collectif des sages-femmes :
« Il y a une assemblée générale demain [mercredi] sur Paris et d’autres en régions pour voir comment durcir les actions, comment se manifester », a-t-elle affirmé mardi.

De son côté, la CGT a exprimé sa « satisfaction » à l’issue de ces annonces, : « Maintenant, nous allons entrer dans le dur et négocier: que met-on dans ce statut ? » s’est interrogée Annie-Claude Ottan (CGT), en estimant avoir obtenu de « réelles avancées ».


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« Une véritable rupture dans la place et le rôle donnés aux sages-femmes »

Outre le statut médical accordé aux sages-femmes, Marisol Touraine a détaillé mardi un plan comportant cinq mesures qu’elle a qualifiées « d’avancées sans précédent » pour la profession « et au-delà pour la santé de nos concitoyennes ». Parmi ces mesures figurent entre autres une campagne de communication à l’égard du public et des professionnels de santé, l’attribution de nouvelles responsabilités aux sages-femmes, comme la gestion d’unités physiologiques et l’alignement du niveau de rémunération des étudiants en maïeutique. Ce plan marque « une véritable rupture dans la place et le rôle donnés aux sages-femmes », selon Marisol Touraine, qui s’est également engagée à ce que les sages-femmes « soient mieux rémunérées », a-t-elle rappelé.