La Coupe du monde du sexisme : pourquoi le football déteste-t-il les femmes ?

La Coupe du monde du sexisme : pourquoi le football déteste-t-il les femmes ?
La Coupe du monde du sexisme : pourquoi le football déteste-t-il les femmes ?
Dans cette photo : Thierry Roland
Depuis que cette superbe Coupe du monde brésilienne est lancée, la question des femmes et de leur droit à aimer, regarder, commenter et, surtout, comprendre le foot, est au cœur des débats. Entre articles sexistes, remarques beaufs et tribunes féministes scandalisées, petit bilan d’une intégration difficile.
A lire aussi

« Tu sais que tu regardes le foot avec ta copine quand… » C’est le site internet du magazine, pourtant plus trendy-trentenaire que beauf à l’ancienne, So foot qui a mis le feu aux poudres. Balancé sous couvert de second degré Lol potache, l’article soulève pourtant rapidement l’ire de bien des filles qui, après plus d’une semaine de Coupe du monde haletante suivie avec plaisir en famille ou entre copines (27% d’entre elles), n’en peuvent plus qu’on leur interdise l’accès au terrain. Car s'il y a quelques années encore, l’image de la femme bannie dans une pièce adjacente au tripot dans lequel son époux s’adonnait aux joies viriles du ballon rond cathodique était encore tolérée (voire entendue) dans les médias, ça n’est plus le cas aujourd’hui.

82% des femmes suivent la Coupe du monde au Brésil

En témoigne notre enquête qui révèle que 82% des femmes suivent cette Coupe du monde au Brésil. Pour beaucoup d’hommes désireux de garder une suprématie ancestrale sur ce sport tellement compliqué qu’il semble impossible qu’une personne qui enfante puisse également comprendre la règle du hors-jeu, si les femmes regardent, c’est certainement pour admirer du sportif en short (c’est vrai, qu’est-ce qu’ils sont beaux ces footeux avec leurs plumeaux sur la tête !), draguer les copains de son mec avachis sur le canap’ familial, surfer sur la tendance du moment (so fash les filles !) ou, tout simplement, casser les couilles de leurs conjoints.

Pourtant, les femmes aiment le foot ! Entre celles qui regardent depuis toujours, celles qui sont restées fidèles après avoir vibré en 98 et les petites nouvelles qui osent scotcher devant le CFC ou bloquer leur mardi ou mercredi soirs pour une belle affiche de la Ligue des Champions, le sport 100% macho n’est plus la chasse gardée des mâles. Ne nous y trompons pas. Si, pendant des décennies, les hommes, Thierry Roland en tête suivi de bien des commentateurs ou entraîneurs gardiens du temple, ont raillé la méconnaissance supposée des femmes en la matière, il est aujourd’hui entendu que la plupart d’entre eux n’avait en fait aucune envie que cela change. En gros, le foot, c’est comme les clubs de strip. Un truc qu’on fait entre mecs, tu peux pas comprendre, et elles vont quand même pas venir nous faire chier jusque-là, les bonnes femmes. Non mais oh !

"Une chose qu'on peut expliquer avec une salière et une poivrière n'a rien de sorcier !"

Le fameux hors-jeu ? Dans « C’est le foot qui n’aime pas les femmes (et non l’inverse) », l’excellente chronique publiée par Bryony Gordon dans le Daily Telegraph, la justicière britannique tranche : « une chose qu'on peut expliquer avec une salière et une poivrière n'a rien de sorcier ! ». Avant d'avancr, fataliste, que si « les femmes ne détestent pas le football, le football, lui, déteste bien les femmes. »

Sir Alex Ferguson, Gary Lineker, le doux Laurent Blanc et même la FIFA, qui préfère confier la remise de la Coupe à Gisele fesses en béton ciré Bündchen plutôt qu’à Marta Vieira da Silva, brésilienne et meilleure joueuse du monde, tous se tiennent les parties, formant un mur pour empêcher ces relous à seins d’entrer dans le temple de la binouze.

Dans l'actu