Obésité infantile et publicité : les 12 recommandations de l’OMS

Obésité infantile et publicité : les 12 recommandations de l’OMS
Obésité infantile et publicité : les 12 recommandations de l’OMS
L'Organisation Mondiale de la Santé vient de publier douze recommandations destinées à enrayer la progression de l’obésité infantile. En ligne de mire, les messages publicitaires en faveur des aliments gras et sucrés trop incitatifs et prometteurs.
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Plus de 42 millions d'enfants de moins de 5 ans seraient obèses ou en surpoids en 2010. Des chiffres inquiétants qui ont poussé l’OMS à publier des recommandations sur ces aliments gras, salés et sucrés. Les principaux responsables de cette épidémie seraient en fait les services marketing des marques destinées aux enfants, qui les inonderaient de messages publicitaires très alléchants, et favoriseraient donc indirectement l’obésité chez les plus jeunes. L’OMS recommande ainsi d’interdire ou limiter les messages publicitaires dans les lieux accueillant des enfants (crèche, école, cours de récréation…). Le cadre précis de l’application de cette mesure devra être défini ainsi qu’un système de contrôle avec des sanctions si les services marketing ne respectent pas leurs engagements.

Les 12 recommandations de l'OMS :
Recommandation 1
L’objectif de la politique devrait être de réduire les effets sur les enfants de la commercialisation d’aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel.

Recommandation 2
Étant donné que l’efficacité de la commercialisation est fonction à la fois de l’exposition aux messages et de leur force, l’objectif global des politiques devrait être de réduire à la fois l’exposition des enfants et la force des messages commerciaux en faveur des aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel.

Recommandation 3
Pour atteindre les buts et objectifs des politiques, les Etats Membres devraient étudier différentes approches, telles qu’une approche STEPwise ou une approche globale, destinées à réduire la commercialisation auprès des enfants d’aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel.

Recommandation 4
Les gouvernements devraient adopter des définitions claires pour les principaux éléments de la politique, de manière à permettre de standardiser le processus de mise en oeuvre. L’établissement de définitions claires facilite une mise en oeuvre uniforme quel que soit l’organe qui est chargé d’appliquer la politique. Lorsqu’ils fixent ces définitions de base, les Etats Membres doivent déterminer les problèmes qui leur sont spécifiques et en tenir compte de façon à ce que la politique ait un impact maximal.

Recommandation 5

Les lieux accueillant des rassemblements d’enfants devraient être à l’abri de toutes formes de commercialisation d’aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel. Ces lieux comprennent notamment, mais pas exclusivement, les crèches, les écoles, les cours de récréation et les centres d’accueil préscolaire, les terrains de jeux, les dispensaires recevant des familles et des enfants et les services de pédiatrie, y compris durant les activités sportives et culturelles qui s’y déroulent.

Recommandation 6
Les gouvernements devraient assumer un rôle central dans l’élaboration de la politique et piloter la mise en oeuvre, la surveillance et l’évaluation en s’appuyant sur un vaste réseau de partenaires. Lorsqu’ils fixent le cadre de la politique nationale, les gouvernements peuvent choisir d’attribuer des rôles bien définis à d’autres acteurs tout en protégeant l’intérêt public et en évitant les conflits d’intérêts.

Recommandation 7
Compte tenu des ressources disponibles, des avantages escomptés et de la charge imposée à l’ensemble des acteurs concernés, les Etats Membres devraient étudier l’approche la plus efficace pour réduire la commercialisation auprès des enfants d’aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel. L’approche retenue devrait s’inscrire dans un cadre général mis au point pour atteindre les objectifs de la politique.

Recommandation 8
Les Etats Membres devraient coopérer à la mise en place des moyens nécessaires pour réduire l’impact de la commercialisation transfrontières (flux entrant et sortant) d’aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel destinés aux enfants, afin que la politique nationale adoptée ait le plus fort impact possible.

Recommandation 9
Le cadre politique mis en place devrait prévoir des mécanismes d’exécution et des systèmes pour en contrôler la bonne application. À cet égard, le cadre politique devrait notamment définir clairement les sanctions applicables et pourrait inclure aussi un système pour le dépôt de plaintes.

Recommandation 10
Tous les cadres politiques devraient comporter un système de surveillance pour s’assurer, au moyen d’indicateurs clairement définis, que les objectifs fixés dans la politique nationale sont respectés.

Recommandation
11
Les cadres politiques devraient également comporter un système pour évaluer l’impact et l’efficacité de la politique par rapport au but général recherché, à l’aide d’indicateurs clairement définis.

Recommandation 12
Les Etats Membres sont encouragés à recenser les informations existantes sur l’étendue, la nature et les effets de la commercialisation d’aliments destinés aux enfants dans leur pays. Ils sont aussi encouragés à soutenir de nouvelles recherches dans ce domaine, en particulier la recherche axée sur la mise en oeuvre et l’évaluation de politiques visant à réduire l’impact sur les enfants de la commercialisation d’aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel.


Télécharger le dossier de l'OMS sur l'obésité infantile (pdf)

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