





Qui a dit que le nu était réservé aux musées ?
EmRata démontre régulièrement le contraire sur ses réseaux sociaux. Entre deux chroniques littéraires et quelques interviews fleuve où elle étaye ses convictions politiques - multiples et très incarnées - la mannequin la plus célèbre au monde multiplie les autoportraits en bikini, en lingerie, mais aussi... Complètement nue. Quitte à provoquer la censure des plateformes.
A l'affiche d'une série événement où elle côtoie Adèle Exarchopolous, l'influenceuse aux dizaines de millions de followers s'affiche dans son dernier diaporama... En tenue d'Eve. Sans le moindre vêtement, elle bronze tranquilement sur une chaise longue. Forcément, les réactions de relous olympiques se multiplient. Et les machos redoublent de beauferie.
Alors que le geste est artistique, et féministe !
Poser nue sur une chaise longue en plein été, un remède à la canicule ?
Ou alors, un pied de nez féministe. Dans les abondants commentaires de ces clichés rapidement devenus tendance en ligne, beaucoup naturellement jugent la mannequin, ironisent ("Elle s'habille parfois ?"), critiquent une redoutée "hyper sexualisation" normalisée des femmes, par les femmes... D'aucuns cependant prônent sa stature "d'icône", inspirante et sensuelle. Et Emrata alors ?
Elle, est fière et surtout, engagée...
Car EmRata défend depuis des années sa militance féministe. Dans son manifeste bien nommé My Body, elle explique pourquoi sa silhouette, son corps, son intimité, et surtout la manière dont elle met en scène ce corps, sont en vérité indissociables de son engagement en faveur des droits des femmes, de toutes les femmes - EmRata s'engage dans ses podcasts pour les femmes trans.
Poser nue, c'est faire de ses selfies un acte artistique...
Et loin de l'hyper sexualiser justement, revendiquer sans filtre sa liberté, son émancipation des pressions patriarcales et des injonctions diverses. Oui, le corps de la mannequin, protestent bien des internautes, est complètement "irréel" et en phase avec les diktats de beauté les plus inatteignables, de ceux promus par les pubs et les féminins. Mais il fait sens dans sa démarche toujorus intime et politique. Incarnée.
Il y a des années déjà, sur Terrafemina, on défendait cette position controversée : "Fort du slogan féministe "L'intime est politique", EmRata, qui a dénoncé des violences sexuelles dont elle aurait été victime à l'époque du fameux clip Burried Lines, affirme dans son livre paru en janvier 2022 que son envie d'autonomie et d'épanouissement est indissociable de cette apparence hyper-médiatisée. Telles des chanteuses comme Cardi B ou Megan Thee Stallion, Emily Ratajkowski fait du "sexy" un pouvoir au sein d'une société patriarcale".